Archéologie Pré colombienne

Salut à Brassens , c’est le 22 septembre. Equinoxe d’automne. Plus que cent jours avant la fin de l’année. Et bon anniversaire à Ségolène Royal (1953) . Après les allemands, les français vont-ils mettre une femme à leur tête ?

Ce qui est sûr : à partir d’aujourd’hui, les chroniques de l’Oiseau des îles s’étoffent avec une nouvelle plume.

Fouilles à Baie Rouge  – 3000 av JC

Par Roger Masip

C’est à l’occasion de travaux de terrassement pour la construction d’une habitation que des vestiges archéologiques ont été mis à jour. Situé sur la plage de Baie Rouge, le site fait l’objet d’un diagnostic par des membres de l’INRAP (Institut National des Recherches Archéologiques Préventives).

Il y a une première phase de diagnostic qui a consisté à effectuer des tranchées, « qui permettent de déterminer s’il y a des vestiges . Actuellement nous sommes en phase de fouilles, sur la zone qui est délimitée par l’aménageur et qui correspond aux travaux. On vient sortir les vestiges archéologiques pour éviter que ce soit l’aménageur qui les détruise ».

Thomas_romon

Thomas Romon, responsable de l’opération tient à préciser que c’est l’aménageur qui paye les travaux, « c’est la personne qui détruit qui paye les fouilles archéologiques, et nous ne fouillons que la zone qui va être détruite ».

A l’aide de cordelettes et de piquets, le site et les niveaux sont repérés et fouillés, « quand on fouille le site, forcément on le détruit puisqu’on enlève les niveaux les uns après les autres pour arriver aux niveaux les plus anciens. Donc de toute façon notre action est destructive sur le site archéologique. On sort les vestiges et le site est ensuite libéré de toute contrainte archéologique », précise Thomas Romon.

Selon l’archéologue, ce site comprend des niveaux très anciens et des niveaux les plus anciens des Petites Antilles localisés sous le niveau de la mer. Situés en dessous de la zone qui va être détruite par le constructeur, ces sites ne seront donc pas fouillés. « Du fait que ce soit l’aménageur qui paye ces travaux-là, on ne peut pas lui demander de payer pour des choses qu’il ne va pas détruire (…) Ils sont perdus, mais pas détruits », remarque Thomas Romon, « pour l’instant on n’aura pas accès à cette information. Plus tard, peut-être… ».

Ce site est la continuité d’un site qui se trouve un peu plus à l’Est, découvert en 2003 également à l’occasion d’une construction, où l’on trouve des vestiges de consommation des premiers habitants des Petites Antilles, des populations appelées les « précéramiques ». Le niveau le plus atteint ici en diagnostic est daté de 3.000 avant JC, « les niveaux atteints ici sont aux alentours de -2.500 à -3.000 avant l’ère actuelle (…) L’on retrouve essentiellement de la coquille ; des arches, des burgots, des lambis… ». Thomas Romon considère que ces populations consommaient très probablement du poisson et des crabes, mais il n’en reste pas de traces, ou alors exceptionnellement.

Le but des fouilles est d’enlever les vestiges, mais d’abord le matériel récupéré est côté pour avoir sa répartition spatiale, il est ensuite prélevé pour être étudié et déterminer l’espèce du coquillage, sa taille, et essayer de savoir si ces populations avaient un processus particulier de récolte. Les chercheurs vont, à partir de tous ces éléments recueillis, essayer de savoir si ces peuplades ne prenaient que les gros coquillages, ou si à un moment donné ils ont dû ramasser des coquillages plus petits parce que le spectre a été trop exploité. Le matériel collecté est conservé par le ministère de la Culture. Pour l’instant les vestiges récupérés sont gardés au dépôt archéologique en Guadeloupe. Un second dépôt est en train d’être construit à Saint-Martin, à l’ancienne caserne des pompiers de Marigot, où le matériel archéologique retrouvé à Saint-Martin sera conservé.

Fouilles

L’opération qui dure cinq semaines trouvera son épilogue vers le 23 septembre prochain.

Fouille_3

Baierouge Situées à Baie Rouge, sur une bande de sable entre un lagon et la mer, les recherches archéologiques ont lieu à l’endroit où va se construire une villa « les pieds dans l’eau ».   Le constructeur de la villa est propriétaire du terrain jusqu’à la mer. Il ne devra laisser qu’un passage de servitude de trois mètres pour que les promeneurs ou les baigneurs puissent passer le long de la plage. Et les Cinquantes pas géométriques dans tout ça ?

Fouilles_4   Equipés d’une petite truelle, d’une brosse et d’une massette, les chercheurs essaient de remonter le temps. Tout en se battant contre le temps, car les recherches sont limitées dans le temps. Ces fouilles vont durer cinq semaines. La période de recherche a été négociée avec le propriétaire du terrain. Après ce délai, les travaux de construction de la villa vont reprendre.

Fouille_2                                                                                                                                             

Les archéologues prennent des mesures afin que le matériel récupéré soit côté pour avoir sa répartition spatiale.

Fouille_1                                                                                                                     

Après avoir été sorti du sable, les différentes parties de coquillages sont récupérées dans des sacs. Ils seront ensuite envoyés en Guadeloupe pour y être étudiés.

Fouille_5 Les zones à fouiller sont délimités par des cordons et répertoriées pour déterminer avec précision dans quelles conditions et à quelles hauteurs ont été trouvé les vestiges.

Le matériel retrouvé sur ce site est composé de coquillages, principalement des arches, des burgots et des lambis. Ces restes de repas vont permettre de déterminer, suivant les couches dans lesquelles ils ont été trouvés, si les populations qui consommaient ces coquillages les récoltaient selon une grosseur déterminée ou suivant l’abondance ou non de ces espèces.

Thomas Romon, le responsable de l’opération de fouilles considère le travail qu’il fait comme destructeur, car il enlève les différents niveaux, les uns après les autres, pour arriver aux niveaux les plus anciens. Tout ce qui se trouve en dessous des niveaux de fouille est perdu. Pas détruit. Mais inaccessible tant qu’il y aura la construction à cet endroit. Erigée à une dizaine de mètres du bord de mer et à une vingtaine du bord du lagon, il est fort possible que lors d’un cyclone cette maison, comme celles construites à proximité, aient quelques problèmes. En tout cas les propriétaires seront aux premières loges.

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2 thoughts on “Archéologie Pré colombienne

  1. Spiruline

    Salut Jab
    Ben bienvenue à la nouvelle plume , pas arrachée au croupion du Jabiru quand même 🙂 ? je sais bien que Dieu créa parait il Eve avec une côte d’Adam m’enfin bon !
    Ah! une femme à la tête de la France! J’ai fait un rêve… mais aurons nous cette intelligence là devant l’urne ? En tous cas Joyeux anniversaire Ségolène et plus que cent jours pour s’inscrire sur les listes électorales !!!! don’t forget…
    byeeeeeeee

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  2. Gaby

    Précision : Il n’y a pas de zone des cinquante pas géométrique dans les Terres Basses, le lotissement date de l’année 1963

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