Office du Tourisme

C’est en prenant du recul,  qu’une réflexion peut devenir pertinente.

Pour être précis, tentons une définition. 

L’office du tourisme étudie et réalise les mesures pour accroître l’activité touristique de la destination. Il assure l’accueil et l’information touristique. Il suscite l’animation indispensable dans son rayon d’action. Il contribue en liaison avec les collectivités publiques et privées, à la défense et à la mise en valeur des potentialités et richesses touristiques naturelles. Il participe aux salons, foires, représentations à l’extérieur et festivals culturels . Il a également à sa charge la création d’événements culturels, sportifs et toutes autres activités pouvant développer la commune.

Autrement dit, sur une île confetti dont l’activité est touristique, la fonction et la réussite de cette institution sont importantes.

La gestion des dirigeants de l’Office du Tourisme de St Martin, a été observée et critiquée par la Chambre régionale des comptes de Guadeloupe en 1999 . Sept années plus tard, les observations concernant les dysfonctionnements constatés ont-elles été suivies des corrections indispensables ?

Pas du tout  et la dernière année a été marquée par le fiasco des deux principaux responsables.

La directrice Bernadette Davis a été licenciée avec des indemnités exorbitantes du droit commun compte tenu de l’insuffisance réelle & sérieuse de son management et de fautes professionnelles graves. Je l’ai vu annulé son tour de présentation de l’île devant la presse spécialisée de la 27° Conférence du CTO à Aruba !  Le Président Roméo Fleming s’accrochait au pouvoir, traînant derrière lui des contentieux au pénal. Des récentes condamnations le contraignent à partir après quinze années dans la place.

 

BILAN TOTALEMENT NÉGATIF

Le rayon d’action extérieur pour la promotion de la destination est fondamental et prioritaire puisque le secteur touristique est la source principale des flux financiers bénéfiques à la balance commerciale insulaire.
De ce point de vue la faiblesse de la communication promotionnelle a été constante. Nul n’était par exemple capable de définir le contenu de la ligne éditoriale du magazine officiel distribué dans les salons internationaux ! Absence de réflexion, absence de marketing, absence de professionnalisme du sommet jusque dans les bases extérieures à New York et Paris. Tout cela a conduit aux pertes de fréquentation. Le nouveau site Internet http://www.st-martin.org/ est un progrès qui ne peut combler l’absence de campagnes sérieuses de promotions .

La coopération avec les hôteliers et les restaurateurs n’a pu être maintenue par Roméo Fleming. C’est son échec principal. Un « entre-soi » St Martinois a été cultivé aux dépens d’une synergie inter-communautaire avec les concitoyens blancs-France, professionnels avertis des besoins du secteur touristique. Les St Martinois de Philipsburg sont culturellement proches des Etats Unis, ceux de Marigot aussi, et ils n’ont pas réussi à promouvoir une clientèle provenant de l’Hexagone et de l’Europe. Macro économiquement, au Nord de l’île, l’urgence financière – pour l’équilibre de la balance commerciale- n’est-elle pas d’accroître la masse monétaire des Euros importés par les visiteurs européens sur notre confetti insulaire ?

Cette valeur ajoutée saisonnière pourrait contribuer aux investissements structurels et à la protection de l’environnement sur la partie nord du manteau partagé de St Martin dont les handicaps sont connus. Les flux taxés des marchandises et des visiteurs sont sur les infrastructures portuaires internationales du Sud de l’île ( ports en eaux profondes, piste internationale).

Telles sont – brièvement – les réflexions d’un observateur attentif à la cause commune.

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2 thoughts on “Office du Tourisme

  1. Roro

    EFFETS COLLATERAUX PERVERS LIES A L’INSUFFISANCE DE « LA DEFISC » ?

    LA « FRIENDLY ISLAND » ACCUSERAIT-ELLE UNE BAISSE IRREVERSIBLE DE SON UNIQUE FORME DE « DEVELOPPEMENT DURABLE » ( qui en réalité selon certains devait s’accroître indéfiniment, certes dans sa version locale de l’économie de marché) !
    AGISSONS POUR JUGULER CETTE IMPREVISIBLE CATASTROPHE, ET RECLAMONS DANS LE CADRE DE LA MISE EN ŒUVRE DU NOUVEAU STATUT, – PLUTOT QU’UNE NOUVELLE DEFISCALISATION – UNE INDEMNITE COMPENSATOIRE DEFINITIVEMENT VERSEE PAR L’ETAT ET ACCOMPAGNEE SUBSIDIAIREMENT PAR TOUTES LES SUBVENTIONS DE L’U.E. AFIN DE SAUVER NOTRE MAGNIFIQUE FLEURON LOCAL QU’EST LE TOURISME SEXUEL DE MASSE DE SAINT-MARTIN (et que d’aucuns – tel le sein de Tartuffe – ne sauraient voir)?
    AFIN DE SOUTENIR LE FINANCEMENT DE NOTRE OFFICE DU TOURISME, EXIGEONS EGALEMENT LE PRELEVEMENT D’UNE TAXE PROPORTIONNELLE AU NOMBRE ET AU TYPE D’ACTES QUOTIDIENNEMENT EFFECTUES AUPRES D’UN PERSONNEL QUALIFIE – PREALABLEMENT TESTE ET RECRUTE PAR L’OFFICE -, MAIS DONT LE RENOUVELLEMENT DEVRA PROIRITAIREMENT SE FAIRE TOUS LES MOIS…
    _____________________________

    Avant de se laisser piéger par le miroir aux alouettes de la promotion d’un tourisme devenu dévastateur d’un environnement déjà fragile et par ailleurs souvent mal vécu par les originaires, ces quelques extraits d’un l’article de l’anthropologue Franck Michel paru dans Le Monde Diplomatique du mois d’Août 2006 pourraient nous éclairer sur un autre aspect encore plus destructeur de ce phénomène mondial …

    VOYAGES, PLAISIRS ET TRANSGRESSIONS : VERS UN TOURISME SEXUEL DE MASSE ?

    Les industries du voyage et du sexe partagent beaucoup d’intérêts dans la transformation du monde en gigantesque parc de loisir. Enraciné dans l’univers ancien de la prostitution, le tourisme sexuel s’étend au rythme de l’accroissement de la mobilité et de la globalisation touristique…

    …Un touriste organisé peut-il se muer en touriste sexuel ? Oui, s’il s’accommode trop facilement d’une tendance actuelle à rester dans le coup, entre culte du corps et jeunisme, sur fond d’appétence sexuelle et de malaise civilisationnel. On retrouve, par exemple, l’archétype de ce type de vacancier minable dans le personnage central du roman Plateforme de Michel Houellebecq, où le plongeon dans le sexe et le voyage permet au touriste quelconque d’avoir l’impression d’être quelqu’un d’autre que l’employé soumis et l’homme sans qualités qu’il est dans sa morne vie quotidienne. En Occident, le tourisme sexuel reste représenté de deux manières beaucoup trop simplistes et incomplètes, d’un côté le misérabilisme, de l’autre l’angélisme.
    Cinq raisons principales sont à l’origine de l’essor du tourisme sexuel de masse : la paupérisation croissante ; la libéralisation des marchés sexuels encourageant plus ou moins directement la traite aux fins de prostitution ; la persistance de sociétés patriarcales et sexistes ; la dégradation de l’image de la femme sur fond de violence sexuelle généralisée et banalisée ; et l’explosion du tourisme international et des flux de migrants en tout genre. Cet essor a été stimulé par deux caractéristiques de nos sociétés : premièrement, la « démocratisation » des flux de voyageurs (des masses de touristes circulant dans tous les sens) ; deuxièmement, l’hypersexualité des jeunes entretenue par des médias obsédés par la violence sexuelle. Il se nourrit aussi de la rencontre entre la misère et la beauté du monde. Misère et beauté attestent de la coupure qui régit l’ordre inégal de la planète. Misère affective au Nord, misère économique au Sud et à l’Est ; « beauté » des biens matériels de consommation au Nord, beauté des paysages et des personnes, mais aussi de la spiritualité, du mode de vie et des « traditions » au Sud et à l’Est.
    A la suite de la déclaration de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) sur la prévention du tourisme sexuel organisé, adoptée au Caire en octobre 1995, qui a sensibilisé les acteurs du tourisme et l’ensemble des clients-voyageurs à ce fléau global (qui ne concerne pas seulement les enfants), la lutte contre le « tourisme sexuel de masse » a commencé à s’organiser.

    (d’après un article de Franck Michel in Le Monde Diplomatique – Août 2006)

    Roro

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  2. JM

    « EXPANSION DU TOURISME : GAGNANTS ET PERDANTS »

    Un collectif d’auteurs, professionnels, experts et chercheurs en matière de tourisme international a réalisé dans le cadre de la Revue Alternatives Sud, un ouvrage intitulé « Expansion du tourisme : gagnants et perdants » qui vient d’être publié en septembre 2006 par Edition Syllepse.

    Avant de participer directement à ce commentaire, nous vous proposons les contributions résumées de deux intervenants de ce collectif, dont la première présentée par Bernard Duterme (directeur du Centre tricontinental – CETRI, Louvain-la-Neuve) aborde de façon générale la question du tourisme sous le titre :

    UN MILLIARD DE TOURISTES ! COUTS ET BENEFICES SOCIAUX, CULTURELS ET ENVIRONNEMENTAUX

     » Si l’explosion du tourisme repose sur sa démocratisation au sein des pays riches, son internationalisation n’en confirme pas moins son caractère inégalitaire, et le discours humaniste de l’OMT, son option libérale. Révélateurs des disparités Nord-Sud, les flux touristiques creusent les écarts : les tour-opérateurs transnationaux se partagent une part croissante des profits et le « premier monde » s’impose toujours comme le principal émetteur et récepteur des « migrants de plaisance ». Pour autant, le tourisme est devenu la première source de devises pour un tiers des « pays en développement ». A quels coûts sociaux, environnementaux et culturels ? Privatisation du patrimoine, saccage des écosystèmes, folklorisation des sociétés, consommation des mœurs… la monoculture du tourisme massifié et la diversification tous azimuts de son offre induisent-elles autre chose qu’un « nouvel usage occidental du monde » ? Les initiatives en matière de tourisme éthique veulent le croire. Reste que la réalité du rapport inégal entre « visiteurs » et « visités » et celle, plus globale, du déséquilibre entre promoteurs de l’industrie touristique et populations locales appellent de nouvelles régulations ».

    Le second, M. Ranjan Solomon, homme de terrain également Directeur Exécutif de la Coalition Oecuménique sur le Tourisme dans le tiers-monde, propose quant à lui « d’inscrire à l’ordre du jour du tourisme des paradigmes différents reposant sur les valeurs de la justice, le développement, le respect des cultures et un certain sens de l’écologie. » Il s’inquiète notamment de l’impact de cette économie dans ce qu’il est désormais convenu d’appelé les « PEID », ce qu’il développe dans le chapitre :

    TOURISME DANS LES PETITS ETATS INSULAIRES EN DEVELOPPEMENT : QUELLE DURABILITE ?

    « Si la part du tourisme dans les économies des petits Etats insulaires en développement (PEID) des Caraïbes, de l’Océan indien et du Pacifique reste aujourd’hui très variable, elle croît partout rapidement. L’environnement économique mondial pousse la majorité d’entre eux à le considérer comme le moteur de leur développement, capable de doper la croissance économique, de créer de l’emploi et d’attirer des devises étrangères. Mais le « tout au tourisme » est loin d’être une panacée. Paradoxalement, ses retombées économiques dépendent grandement du développement d’autres secteurs d’activités, qui doit permettre d’éviter les fuites de devises et de limiter la dépendance à un marché extrêmement sensible aux changements d’humeurs de l’économie mondiale. Ses effets peuvent aussi être négatifs pour la population locale si rien n’est fait contre les pressions inflationnistes, l’exploitation de la main-d’œuvre, la marchandisation des cultures… En négligeant les dégâts environnementaux de l’expansion du tourisme, les PEID scient la branche sur laquelle ils sont assis. Il est urgent de s’attaquer à la mise en place de politiques de développement durable et équitable du tourisme. »

    A ce stade des commentaires de ces Messieurs, il nous apparaît difficile de conclure. Aussi oserons-nous quelques questions, pour lesquelles nous ne proposerons que quelques banales conjectures, conduisant en fait elles-mêmes à de nouvelles interrogations.

    Du reste dans le domaine du tourisme comme dans celui de l’économie en général, peut-on seulement résoudre cette équation-oxymore ci-dessus soulignée, juxtaposition de termes contradictoires, sans réduire l’un ou l’autre ? Et pour comprendre les inquiétudes et observations de nos deux intervenants, à la place de développement, n’est-ce pas en réalité la problématique de la consommation que nous devrions plutôt aborder ?

    D’ailleurs que signifierait le développement sans « consommation de bien », c’est à dire in fine sans destruction de ce « bien » ? Or dans ce contexte, le mot durable impliquerait forcément de pas toucher à ce bien, soit en d’autres termes ne pas le consommer…

    Sauf à vouloir maintenant stopper le débat, il faudrait peut-être distinguer la norme écologique de la dimension éthique de ce durable depuis peu ajouté au terme développement. Si en matière d’écologie, le durable sous-tend au niveau global la préservation des grands équilibres des écosystèmes en évitant de ne pas tarir les ressources naturelles, il semble que dans son volet éthique il concerne les services et précisément leurs rapports à un commerce équitable. Or celui-ci, comme pour le tourisme, ne nécessite-t-il pas le respect de règles sociales minimales appliquées en tout point de la chaîne de réalisation et d’utilisation d’un produit ?
    Alors comment faire pour conjuguer la consommation, acte local et immédiat, avec la responsabilité globale de tout ce qui a rendu concevable cette consommation sans en omettre toutes les conséquences qui en résultent ?

    Faudrait-il peut-être que progressivement les consommateurs que nous sommes, opérant isolément, comprennent l’obligation de se transformer progressivement en des citoyens responsables, procédant davantage par des actes d’intérêts collectifs ?

    Et encore, afin de nous rapprocher de la meilleure façon possible d’un « développement durable », peut-être nous faudra-t-il avant tout accepter aussi de réduire notre consommation ? Mais dans nos sociétés de l’abondance et de l’immédiateté, où le désir se confond avec le besoin, vouloir diminuer la consommation reste une alternative incompatible avec la religion de l’économie de marché !

    Alors à St Martin – comme dans d’autres PEID – pour éloigner le spectre d’une probable récession économique liée entre autre à la baisse manifeste du tourisme, suffira-t-il encore longtemps de réciter comme une sorte d’incantation « consommons local et pensons global » ?
    Espérons qu’à l’instar des prometteuses améliorations que devrait procurer le futur statut, cette obsécration fréquemment répétée s’avèrera être plus efficace qu’un cataplasme sur une jambe de bois…

    JM

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