Législatives 2oo7

11 candidats dans la 4e circonscription de Guadeloupe

Par Jean Michel PICHOT

jean-michel-pichot.1180145044.jpg

Agence de Presse des Iles du Nord

Les élections législatives se dérouleront les Samedi 9 et 16 juin. Certains s’étonnent alors que nous sommes pratiquement devenus une collectivité d’outre-mer, que l’on fasse encore partie de la 4e circonscription de la Guadeloupe qui a été représentée par Victorin Lurel de 2002 à 2007.

Il faudra attendre, soit un redécoupage  électoral, soit la fin de la législature en 2012 pour que les Saint Martinois se choisissent un député pour représenter la COM à l’Assemblée Nationale. Un sénateur sera élu l’an prochain en 2008 à l’occasion du renouvellement de la Chambre Haute, par les grands électeurs choisis parmi les conseillers territoriaux élus en juillet prochain.

Vendredi  18 mai, à la clôture des inscriptions à la préfecture de la Guadeloupe, ils étaient 11 à avoir déposé leur candidature dans la 4e circonscription.

Louis Molinié, maire de Terre de Haut devrait se présenter sous l’étiquette majorité présidentielle et bénéficier du soutien de madame Michaux-Chevry (présidente d’honneur du mouvement Objectif Guadeloupe) et de l’UMP.  Victorin Lurel, député socialiste sortant . Albert Dorville, maire de Trois-Rivières, qui a comme suppléante une représentante d’Objectif Guadeloupe et maire de Baillif, Marie Lucile Breslau ; Paul Mathieu ; Henri Yoyotte (Nofwap) ; Benoit Chauvin (Mouvement démocrate) ;  Jacqueline Liric ; Danielle Muelle (parti social libéral) ; Nice Cotellon-Cambronne (Verts Guadeloupe). Philippe Anais (Lutte Ouvrière), Christian Zozio (divers gauche).

La circonscription a voté à près de 53% pour Nicolas Sarkozy. En 2002, Philipe n’avait perdu que de 463 voix derrière Victorin Lurel. A l’époque, on avait analysé cette « impossible défaite » par le peu d’enthousiasme que Madame Michaux-Chevry avait manifesté dans son soutien au candidat de droite sortant. Cette année, si la droite est unie au second tour, et si les îles du nord se mobilisent, Louis Molinié a peut être une chance de l’emporter face au socialiste Victorin Lurel qui est quand même bien implanté à Saint-Martin, d’où est originaire son suppléant, conseiller régional Louis Mussington. La position des deux délégués locaux de l’UMP, Bruno Magras pour Saint-Barthélemy et Louis-Constant Fleming pour Saint-Martin sera déterminante. L’engagement de la sénatrice de la Guadeloupe aussi.
  
   
LOUIS MOLINIÉ

 «Je veux être un rassembleur»

louis-molinie.1179971516.jpg

Louis Molinié est maire de Terre de Haut, cadre des douanes, il se présente ainsi : Puisque tout le monde ne me connaît pas, le plus simple est encore que je me présente, Me présenter à vous c’est vous dire,  3 choses :
1- ce que je suis (c’est-à-dire mon parcours)
2- ce à quoi je crois (c’est-à-dire mes valeurs)
3- ce que je veux (c’est-à-dire mes convictions)

Mon parcours :  j’ai 47 ans, je suis né à Saint Claude. Lorsqu’il y a douze ans, j’ai décidé de m’engager aux côtés de Robert Joyeux, plus connu sous le pseudonyme de «Louly», je l’ai fait avec la volonté de servir ma commune, avec la volonté de contribuer à améliorer le quotidien de nos concitoyens. Le conseil municipal m’a fait confiance en 2000, pour lui succéder. L’année suivante, c’était cette fois au tour des administrés de Terre de Haut de m’accorder leur confiance, jamais démentie depuis lors. Au fil de ces années, j’ai beaucoup appris des arcanes de la chose publique. Je n’ai jamais prétendu tout savoir et c’est même cette façon d’aborder mes fonctions qui m’a permis de progresser avec prudence, mais aussi avec détermination face aux difficultés que j’ai rencontrées.

Mes valeurs : les Saintois ont appris à me connaître. Ils ont tout d’abord appris que je suis quelqu’un de pragmatique : je dis ce que je fais et je fais ce que je dis. Tout le monde aura conservé en mémoire les difficultés que Terre de Haut a connues dans le passé,  avec une situation budgétaire délicate, un endettement parmi les plus élevés de la Guadeloupe et des taux d’imposition très forts fixés par le Préfet.

Ma première tâche a été de sortir la commune de cette impasse  pour retrouver une capacité à agir et une capacité à investir. Ce redressement a mobilisé des années durant mon énergie, ma détermination, et c’est sans doute ce qui explique que l’on ne m’ait pas beaucoup vu ou entendu. Toutes ces années, je le reconnais, j’ai préféré travailler mes dossiers, faire plutôt que paraître, concevoir pour agir, m’investir pour réussir. Certains ont la culture de l’image. J’ai celle du résultat.
 

Ce que je veux : mes convictions, c’est finalement deux choses très simples.

La première concerne notre pays. les Français ont choisi un leader, un attaquant brillant à la tête de l’équipe nationale. Pour gagner, il faut maintenant construire l’équipe et cette équipe, c’est une assemblée forte pour soutenir les réformes dont nous avons besoin.

Le deuxième message que je veux porter concerne notre archipel. Nicolas Sarkozy connaît bien l’outremer. Son programme, son action, il les a bâtis en consultant les ultramarins, en prenant en compte la réalité de nos pays,   à travers la convention pour l’outremer. Nous partageons tous le diagnostic qu’il fait sur l’immigration, le développement touristique (et les gisements d’emplois que cela représente), les problèmes écologiques auxquels nous devons trouver des réponses urgentes pour nos enfants. Vous l’avez compris, on peut être discret mais engagé, résolu, mobilisé. Je suis un homme de conviction et je veux être un rassembleur.

Des liens étroits entre les Saintois et les îles du nord

 Madame Michaux-Chevry et d’autres hommes politiques proches de cette mouvance, ainsi que des socialistes ont affirmé un soutien constant à l’évolution statutaire de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy ? Quel sera votre discours auprès de ces populations où de nombreux Saintois ont immigré, notamment à Saint-Barthélemy ? Que pensez-vous de ce nouveau statut de collectivité d’outre-mer ?

Louis Molinié : Comment dans ce contexte, assurer la mobilisation de l’électorat, et plus particulièrement celui des îles du Nord ? En réaffirmant trois points, de simple bon sens.

Tout d’abord, ce n’est certainement pas au député sortant Lurel que celles-ci doivent les évolutions statutaires qu’elles vont connaître mais bien à la majorité présidentielle sortante.

Cela me paraît suffisant pour poursuivre, ensuite, dans une certaine cohérence, en envoyant à l’Assemblée nationale demain, un candidat issu de ce même camp. À quoi pourrait bien servir d’avoir voté si massivement pour un programme sans permettre sa mise en oeuvre effective ?

Je crois que les îles du Nord vont se reconnaître en moi car je suis moi aussi issu d’une île et que je me bats, depuis des années, pour défendre la spécificité de nos territoires. Vous avez raison de le souligner : il y a des liens très étroits, entre les Saintois, les Saint Barths, et les Saint Martinois. Historiques, ils sont aussi familiaux. Vous ne serez donc pas étonné que comme Lucette Michaux-Chevry, j’ai soutenu les évolutions statutaires et que par voie de conséquence, de cohérence politique, je continue dans cette voie.

Quel programme comptez vous développer au cours de cette campagne désormais très proche ? 

Louis Molinié : Un député, je ne vous apprends rien, a deux facettes. Il est d’abord l’élu de la nation et en tant que tel, conformément à la constitution, il est engagé dans la conduite des affaires du pays. Des voix se sont élevées pour renforcer le pouvoir des assemblées. Le Président Sarkozy n’a pas fait que les entendre. Dans ce domaine comme dans bien d’autres, il va moderniser, responsabiliser, renforcer le rôle de chacun. La feuille de route, je l’ai dit, nous l’avons décidée, à 53% le 6 mai. Dès le mois de juillet, en session extraordinaire, nous l’exécuterons. J’ai partagé les idées, les projets. J’ai contribué à celles qui concernent nos territoires, et je sais que ce que nous n’avons pu obtenir dans le programme, nous serons à même de le défendre demain.

Cela m’a conduit à la seconde facette. Demain, je serai à Paris l’un des porte-voix des Guadeloupéens. Si, comme j’en suis convaincu, nos concitoyens vont jusqu’au bout de la logique, ils feront en sorte que leurs voix soient entendues. Chacun sait que ce travail est grandement facilité lorsque l’on est dans la majorité présidentielle. Nos territoires ont des atouts. Je ferai en sorte qu’ils soient valorisés. Ils ont aussi des faiblesses. Je ferai en sorte qu’elles soient prises en compte, corrigées.

Qui sera votre suppléant ? En choisirez-vous un qui représente l’électorat des deux futures collectivités ?

Louis Molinié : Comme vous le savez, mon suppléant a été désigné par les instances d’Objectif Guadeloupe. Il s’agit d’Aramis ARBEAU (NDLR : ancien maire de Vieux-Habitants, et conseiller régional). Il aurait été légitime que ce suppléant soit issu des îles du Nord. Pour autant, je rappelle que ma condition d’îlien, comme vous, est une garantie de prise en compte des préoccupations de l’ensemble de l’archipel.
Objectif Guadeloupe et l’UMP seront en concurrence sur cette circonscription. À votre point de vue, quelles sont les différences entre les deux formations politiques ?

Louis Molinie : Si concurrence il y a, elles ne sont pas sur les idées car vous savez comme moi que ces formations sont pleinement dans la majorité présidentielle. Puisqu’il ne s’agit que de personnes, je suis persuadé qu’au soir du premier tour, nous saurons nous retrouver pour soutenir le candidat placé dans la position la plus favorable.

Deux impératifs justifient cette démarche : donner au Président de la République la majorité dont il a besoin et renvoyer le député sortant au même sort que la candidate qu’il soutenait. Je note au passage qu’elle s’est appliquée les principes qu’elle défendait et qu’il soutenait en renonçant à son mandat de député.

NICE COTELLON-CAMBRONNE

l’écologie politique a du mal à se frayer un chemin

nice-cotellon-cambronne.1179971542.jpgMadame Nice Cotellon-Cambronne est la représentante des Verts-Guadeloupe. Guadeloupéenne, attachée de direction, elle est mère de 2 enfants. Elle a été la collaboratrice directe de 4 ministres pendant 10 ans en Afrique. Écologiste depuis toujours, membre du parti des Verts depuis 4 ans, déléguée régionale réélue pour la Basse-Terre, vice-présidente de SOS Basse-Terre Environnement. Elle aime la peinture, le travail sur verre, le sport et la musique.

Madame, vous êtes la représentante du Parti des Verts pour l’élection législative dans la 4e circonscription. Vous savez et un de vos adversaires, le député sortant l’a dit « ma circonscription est une circonscription de droite. » Comment comptez vous mobiliser l’électorat et notamment celui des deux îles du nord à votre cause ? 

Nice Cotellon-Cambronne : En effet, j’ai été démocratiquement choisie par mon parti les Verts Guadeloupe dans la 4e circonscription. Les problèmes répertoriés et étudiés ne sont à mon sens ni de droite ni de gauche. Jusqu’ici, nous avons pensé que les solutions envisagées étaient plutôt accessibles dans des institutions soucieuses du devenir collectif et du mieux être de tous.

Les électorats des 2 îles seront sensibilisés à la cause écologique, par un recensement des problèmes environnants : pollution de l’eau, de l’air, des fonds marins, réduction et élimination des déchets, nouvelle politique de santé, et surtout la maîtrise du tourisme respectueux de l’écosystème. Aussi, quelle que soit la circonscription, nous faisons appel à des choix transversaux, vu l’urgence.

 Madame Michaux-Chevry et d’autres hommes politiques proches de cette mouvance, ainsi que des socialistes ont affirmé un soutien constant à l’évolution statutaire de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy ? Quel sera votre discours auprès de ces populations et notamment à Saint-Barthélemy ? Que pensez-vous de ce nouveau statut de collectivité d’outre-mer ?
Nice Cotellon-Cambronne : L’évolution statutaire choisie librement par les populations des 2 îles, au cours du scrutin de 2003, ne saurait me choquer. Mais s’agissant d’institutions politiques tout à fait nouvelles dans cette région (il a fallu plus de 3 ans au gouvernement qui avait entériné ce choix pour proposer des mesures pratiques et adaptées) cette nouvelle adaptation ne devrait pas donner l’impression  d’une histoire chaotique et inachevée.

Élue, je m’attacherai à présenter toutes les mesures nécessaires pour la réussite de ce nouveau contrat avec la République. Par ailleurs, les VERTS GUADELOUPE soutiennent l’idée d’une Europe fédérale composée de régions autonomes, où le pouvoir serait désormais proche de l’administré et les décisions prises en fonction des réalités locales.

Quel programme comptez vous développer au cours de cette campagne désormais très proche ?

Nice Cotellon-Cambronne : La campagne s’articulera autour des idées suivantes : le chlordécone qui pose un problème politique, social, économique, voire moral aux populations affectées. Il faudra donc s’acharner, non seulement à identifier les responsabilités et les responsables, mais plus encore, à rechercher des solutions tendant à la décontamination des sols, au dédommagement des agriculteurs, à la réhabilitation des cultures dans les régions concernées. L’exigence de la traçabilité des aliments vendus chez nous ainsi que les produits importés.

La création d’un laboratoire d’étude des sols permettant de réaliser une cartographie détaillée des sols contaminés en Guadeloupe. –  S’agissant d’un problème de santé publique,    ouverture d’un institut qui aura vocation à soigner les pathologies qui en découlent, tout au moins à en stabiliser l’évolution.

Protection des côtes et des fonds marins – dépollution de l’air et de l’eau – Lutte contre le réchauffement climatique – interdiction des OGM et pesticides – refonte du service de santé – adaptation fiscale pour permettre une évolution de la vie économique. Il est à noter que la réalisation de ces programmes donnera lieu à la création de postes de   travail. La compétence et l’intelligence seront ici sollicitées. La diminution du taux de chômage sera ainsi effective.

N° 2430 – Rapport d’information sur l’utilisation du chlordécone et des autres pesticides dans l’agriculture martiniquaise et guadeloupéenne (M. Philippe-Edmond Mariette, Président, et M. Joël Beaugendre, Rapporteur)

Vous serez, si vous êtes élus le 17 juin, la représentante à l’Assemblée Nationale des deux COM qui choisiront leur exécutif respectif les 1er et 8 juillet prochains. Quel sera votre discours auprès des deux présidents élus le 8 juillet prochain ?


Nice Cotellon-Cambronne : Le 8 juillet prochain, les îles du nord éliront les représentants aux 2 assemblées territoriales. Je souhaite qu’une nouvelle collaboration s’instaure entre nous, pour mieux répondre aux besoins  des populations. Je me ferai  la porte- parole de leurs exigences près de la représentation nationale et du pouvoir exécutif.
 

Qui sera votre suppléant ? En choisirez-vous un qui représente l’électorat des deux futures collectivités ?

Nice Cotellon-Cambronne : Le choix du suppléant n’a pas répondu à des considérations géographiques. Nous sommes un jeune parti n’ayant pas de représentation établie dans toutes les communes de la circonscription, nous avons privilégié l’appartenance de militants aguerris à  notre parti. Si je suis élue, il sera fait une place de choix aux îles du nord, par la nomination d’un attaché parlementaire provenant des régions concernées et l’ouverture d’une permanence dont le siège sera à définir. Toutes ces mesures donnent l’importance de mon attachement à une collaboration étroite, évoquée plus haut, se traduira par la prise en compte de tous les problèmes soulevés au niveau des populations concernées. Je veillerai à ce que les transferts de compétences soient dûment accompagnés de ressources financières pour que l’évolution choisie ne soit point une illusion. Ma suppléante est Madame Eveline Glandor.

L’écologie politique a du mal à se frayer un chemin dans les urnes. À votre point de vue, et dans des îles où le tourisme est la seule activité économique, la préservation de l’environnement est essentielle pour attirer les touristes, que proposerez-vous pour cette défense ?

Nice Cotellon-Cambronne : En effet, l’écologie politique a du mal à se frayer un chemin dans la représentation élective, alors qu’elle devrait être l’affaire de chacun. Je suis convaincue qu’un écotourisme intéresse le touriste lui-même dans la préservation de l’écosystème qui l’accueille. Le tableau idyllique que présente nos îles, doit être préservé ; non, seulement par les hôtes que nous sommes, mais aussi par les amphitryons. Ainsi, tout visiteur participera à la préservation de l’environnement, loin des clichés qui ont voulu faire des écolos, les «défenseurs des fleurs et des oiseaux».

VICTORIN  LUREL

 Assurer aux îles du nord une solidarité régionale

victorin-lurel.1179971566.jpgVictorin Lurel est député de la circonscription depuis 2002. Il accède à la présidence de la Région en 2004. Au plan national, il est en charge au parti socialiste du secrétaire national à l’outre-mer. En quelques années, il est devenu un personnage politique incontournable sur l’échiquier politique guadeloupéen, parfois pourtant contesté, mais assuré d’incarner une nouvelle façon de gouverner à gauche en Guadeloupe.

Monsieur le député, vous êtes le représentant de la 4e circonscription « sortant ». Vous souhaitez renouveler votre mandat devant les électeurs. Vous savez et vous l’avez dit « ma circonscription est une circonscription de droite. » Comment comptez vous mobiliser l’électorat et notamment celui des deux îles du nord ?


Victorin Lurel : Pendant cinq ans, j’ai servi en tant que député, avec fierté et un grand bonheur, les Iles du nord pour lesquelles j’ai depuis longtemps un vrai lien d’affection. À partir de 2004, le président de Région que je suis devenu, a continué d’accompagner fidèlement les habitants et les élus de Saint-Barthélemy et Saint-Martin dans la période cruciale de l’évolution statutaire qui est en cours.

En sollicitant un nouveau mandat, je souhaite continuer le travail entrepris et je pense que le bilan parle aujourd’hui de lui-même. Les traditions politiques sont une chose, mais je crois avoir démontré que le dossier des Iles du nord doit dépasser les clivages traditionnels. Il est nécessaire de rechercher des consensus entre la droite et de la gauche et au sein même des deux blocs. Je n’ai pas ménagé ma peine pour dégager ces consensus durant les quatre dernières années. Pour continuer sur cette voie, même en tant que député d’opposition dans une assemblée certainement dominée par l’UMP, je pense allier la connaissance précise des enjeux et le pragmatisme indispensable au travail parlementaire. C’est ce qu’on appelle une « équation personnelle » et c’est la mienne.
 

 Vous avez dit aussi sur les ondes de RCI « je suis un général et je gagnerais cette bataille ». Comptez-vous notamment sur votre soutien constant à l’évolution statutaire de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy ?

Victorin Lurel : J’ai soutenu l’évolution statutaire des Iles du Nord et j’ai travaillé dur avec mes collègues parlementaires, de droite comme de gauche, pour lui donner un contenu viable. Maintenant, je l’ai dit, il faut inscrire ce soutien dans la durée. C’est pourquoi, en tant que président de Région, j’ai pris l’engagement d’accompagner Saint-Barthélemy et Saint-Martin jusqu’en 2013, c’est-à-dire jusqu’à la fin de la période des programmes opérationnels européens que nous avons négociés en y réservant une part pour le développement des Iles du nord.
 

Vous dirigez la Région, et vous avez promis aux deux futures collectivités d’outre-mer que vous leur maintiendrez les avantages de l’octroi de mer. Est ce un « coup politique ?

Victorin Lurel : Ce n’est pas un  « coup » politique. C’est au contraire un choix politique assumé d’assurer aux Iles du nord une solidarité régionale, là où la solidarité nationale, celle de l’Etat, est clairement défaillante. L’octroi de mer, c’est la solidarité concrète des collectivités de Guadeloupe envers Saint-Barthélemy et Saint-Martin. Je suis fier de porter cela.

Soutien de Ségolène Royal, partisan du non au référendum sur l’article 73 en 2003, vous avez des amis à l’UDF, et sur l’échiquier politique guadeloupéen vous ne manquez pas d’appuis de tout bord politique. Estimez vous qu’il y a un « style Lurel » propre à réinventer une nouvelle approche de la politique en Guadeloupe ?
Victorin Lurel : Je ne sais pas si l’on doit parler de « style Lurel »… Je crois profondément aux vertus du pragmatisme, mais seulement s’il est adossé à des convictions fortes. Les élus de tout bord doivent pouvoir travailler ensemble dans l’intérêt général et c’est ce que nous avons mis en pratique en particulier dans les Iles du nord. Mais chacun sait que lorsque vient le temps des élections, je ne mets jamais mon drapeau de gauche dans ma poche.
Vous serez, si vous êtes élus le 17 juin, le représentant à l’Assemblée Nationale des deux COM qui choisiront leur exécutif respectif les 1er et 8 juillet prochains. Quel sera votre discours auprès des deux présidents élus ?
 Victorin Lurel : S’ils me font l’honneur de m’inviter à leur investiture, je viendrai avec plaisir. Ainsi, solennellement devant les assemblées réunies pour la première fois, je leur renouvellerai l’engagement à leurs côtés de la Région Guadeloupe et, je l’espère, du député Victorin LUREL.

Votre suppléant pour la dernière législature était Louis Mussington. Sera t-il encore auprès de vous pour la campagne du mois de juin ?

Victorin Lurel : En plus d’avoir été mon suppléant pendant cinq ans, Louis Mussington est un collègue de Conseil régional. Il a travaillé à mes côtés durant tout le processus parlementaire. C’est un élu dynamique et de terrain, un homme de consensus lui aussi et j’ai choisi de ne pas me passer de son concours dans la bataille législative qui s’ouvre. Il sera donc de nouveau mon suppléant et ce choix symbolise mon lien renouvelé avec les Iles du nord.
 

Print Friendly, PDF & Email

5 thoughts on “Législatives 2oo7

  1. Louis Sipher

     Ah, il a retire sa candidature ? Pourtant, il me plaisait bien, moi…

    Vous avez plus d’infos ? Qui va representer la majorite presidentielle ?

    Et au fait, classe le site !!! Je favorise…

    Amicalement, Louis

    Reply
  2. Pingback: Le journal d'un terrien

  3. chiclett

    C’est joli tout ça, mais les élections locales pour la nouvelle collectivité dans tout ça !!! ??? On en fait quoi ?

    Etant donné que c’est bien compliqué, je souhaite qu’il y ait un nouveau referendum pour demander à la population si elle souhaiterait que SXM redevienne Commune. Ainsi, il n’y aurait plus rien à faire étant donné que les infrastructures communales sont déjà sur place. Et comme LC Fleming est déjà désigné comme président méritant, il aura l’asssurance d’être l’instiguateur d’un nouvel avenir qui comme nous le savons tous, est périmé depuis fort longtemps. Merci pour votre attention

    Reply

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *