De sel, d’azur et de sable ?

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BON FWANSÉ DE FWANS 

par Jacques Marchand

 « De sel et d’azur »… titrait un recueil de lectures judicieusement réalisé par l’un de ces enseignants débarqué jadis de la lointaine métropole, souvent débordant d’enthousiasme et d’autant d’illusions … Humble petit ouvrage scolaire sans grande prétention, il devait sans doute épauler ces valeureux maîtres et maîtresses des Antilles dans l’exercice de leur délicate mission de pédagogue ! D’autant qu’à former leurs jeunes élèves créolophones à l’usage du « bon fwansé de fwans », ce n’était pas vraiment une sinécure ! 

 

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De fait, une sélection avisée d’auteurs combinée à un subtil agencement d’histoires, de légendes, mais aussi de poésies, de péripéties diverses relatant quelques morceaux de vie et autres coutumes ou traditions locales en constituait les principaux ingrédients. Et lorsque l’osmose avec le familier était quelquefois du plus bel effet, il nous semblait y retrouver sans peine les exhalaisons de ces copieux festins « an tan lontan », les rituels de la « mortalité du cochon », les senteurs des sous-bois et la moiteur du mitan des jours silencieux…

Finalement tous ces petits riens et ces grandes joies qui font le quotidien s’égrainaient le long de ces pages, en alternance avec quelques aquarelles naïves et de rustiques dessins … 

Ici, point d’excès : « nos ancêtres les gaulois » se faisaient discrets et si nous étions bel et bien en Guadeloupe, nous voyagions aussi dans le vaste archipel caraïbéen et même parfois plus loin encore. Et partant du plus agréable azur, les divers écrits nous conviaient également à ces autres réalités dont les saveurs plus âpres laissent un arrière-goût de larmes ou de congre salé …  

 

chambertrand.1191268050.jpgEn tous cas j’y découvrais ainsi – mélangés aux mésaventures de « Titine Grosbonda » – l’existence de jolis poèmes dus à Gilbert de Chambertrand, ceux qu’il venait de publier en 1961 dans un recueil intitulé « D’azur et de sable ». 

La ressemblance des titres pouvait surprendre, mais à quoi bon s’en trouver marri… d’autant qu’il importait peu à la vindicte que le sable devînt sel, puisque qu’à la fin demeurait l’azur, synonyme invariant d’une illusoire félicité…

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