20 820 jours on Earth

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ESSAI D’AUTO-BIOGRAPHIE SYNCHRONE

1-50-11-75-103-039.1195722282.jpgCi-contre photo de naissance de l’immatriculé Sec. Soc. n° 1-50-11-75-103-039.

Tête de pipe ayant consommé  20.820 jours au compteur de l’existence, par   périodes de 11,5 à 12 années, biographiquement identifiables.

Cheminer sa vie, garder la mémoire des malheurs et des traumatismes pour les surmonter, tirer les leçons des expériences heureuses. Valoriser  la cohérence de l’accumulation des savoirs-faire.

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Tenir son fil d’Ariane dans les dédales du labyrinthe. La  non-violence et l’amiable négociation ont toujours guidé mes pas aux moments critiques .

Retrouver le goût du bonheur en rassemblant  les pièces d’un puzzle, dispersées par les tourbillons de la vie. L’homme est un apprenti, la douleur est son maître. Chacun sa méthode pour rester lucide et cohérent avec sa légende personnelle, j’ai trouvé la mienne et je suis synchrone.

Happy earth day

theme-astral.jpgDominant / Dominé,  deux conditions sociales dont l’antagonisme pousse la roue de l’Histoire. A la rencontre du troisième type, une ambition : être un Homme libre.  Vivre simplement sans but lucratif personnel, telle est ma sagesse pour comprendre et servir mes frères humains.

Notre destinée, la joie ou la souffrance ne sont pas dues au hasard, ni à la volonté d’un quelconque Dieu tout puissant. Notre futur individuel est déterminé par les seules qualités positives ou négatives de nos actes personnels. C’est nous-même qui créons notre destinée.

felix-blum-1755.1195713033.jpgMon nom de famille c’est fleur en allemand. D’une génération l’autre, the flowers are blooming .

Chez les ashkénazes, Blum est répandu en synagogue.  Deux siècles avant ma naissance, dans les plaines d’Alsace le long du Rhin, en 1750, Felix Blum  colporte ses marchandises de hameaux en villages. Le dos courbé sous le poids de la besace, il souriait quand passaient les cigognes.

Connaître les racines de son arbre généalogique. Relier son fil d’Ariane familial à l’Histoire, celle  avec une grande Hache majuscule. 1870 : invasion allemande en Alsace, la plupart des juifs optent pour la France. Alfred Blum vient d’avoir 20 ans. Il quitte Mulhouse pour Paris, il fut comptable. Joseph son fils unique (mon grand-père)   essaimera deux fils, une fille et sept petits-fils, que des garçons dont ma bille.

lait-maternel.1195722734.jpgConçu dans l’amour, je suis sorti à la roulette des 365 cases sur celle du 22 novembre. Suçant le sein de ma mère, le lait de mamelle ne fut point longtemps servi. Téton tétine.

Mon  père avait abandonné ses rêves de vingt ans: les loisirs et la culture pour la auberge-de-la-jeunesse.1195870376.jpgjeunesse. Avec mon frangin nous avons bénéficié de son expérience acquise en Auberge de Jeunesse et aux Francs Camarades. Dans le nid d’amour,   au petit RdC du square de Gascogne à la Porte de Montreuil, trois  bouches à nourrir…

Cinq jours sur sept il parcourt le Nord de la France: montres pour horlogers-bijoutiers.

jomal-1961.jpgIl deviendra  sédentaire biscotte mal de dos à trop conduire. Précurseur et autodidacte ingénieux,  avant l’heure des montres à quartz, il ausculte le cœur des mouvements horlogers. Quatre années avant sa mort, il invente un appareil optique d’étalonnage  électronique à ultrasons, réglant l’échappement au 1/1000 de seconde. 50 années plus tard : surprise ! Le synchro comparateur joMal circule  en vente sur eBay et toujours en parfait état de marche !

Douze années d’enfance heureuse puis la  soudaine  mort  imprévue et subite  pendant son sommeil, discrète et légère, sans douleur et sans bruit. Son cœur d’horloger a cessé de battre à la 39° année, trois jours avant Noël.

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  Orphelin a 12 ans. Fin du premier cycle.

 Drame précoce avec  résilience.

jomal.1196003625.jpgTige paternelle rompue, mère  effondrée, j’ai pris greffe  sur la branche   du grand-père. La sève de sa tendre affection protectrice m’accueillait chaque jeudi dans son grand appartement de la rue Réaumur, face au Musée  des Arts & Métiers.

Il disait Moïshe en parlant de son fils mort avant lui ( Maurice avait 39 ans) . Grand-père  disait  souvent : « jeux de mains jeux de vilains ». L’interdiction Mosaïque :  «Tu ne tueras point » ! Grâce à lui, je suis devenu  non-violent.

 1914-18 (la der des der) à 24 ans il  pianotait le morse: Ti-Ta-Tit ! Fût rappelé pour la suivante en 1939 à 47 ans es qualité de  «  Spécialiste des communications, indispensable pour l’armée française« .

Grand-père joMal fabriquait  lui-même  ses télescopes polissant de grosses lentilles pour voir les cratères  lunaires.

Son métier ? Sröhandler comme ses ancêtres. Import-Export de tissus de Chine  pour les fabricants juifs du quartier du Sentier.

gd-pere-jomal.jpgIl m’enseigna le développement, l’agrandissement et le tirage sur papier. J’achetais les poudres chimiques au coin du Bd  Sébastopol à la pharmacie Canonne face au magasin « Monoprix-Saloperie« . Un beau jour, il me confia son grand secret, le regret de sa jeunesse , sa chambre noire. « Quand j’avais vingt ans, je voulais être photographe. Mes parents ont refusé : un métier de saltimbanque… » Injonction pour monter à sa place sur le tramway nommé désir. Rites initiatiques

Lui ressemblant comme deux gouttes d’eau  et grandissant vite, j’ai positivement enfilé les habits de mon père pour voler  de mes  propres ailes, celles d’un  « Jabiru  Spontané ».

Ce nom de baptême, l’héritage éducatif de mon père, m’a été offert en forêt dans les Alpes, une nuit de pleine Lune. Tradition indienne, rituel de totemisation des Eclaireurs, le scoutisme.   Certains sont Bison futé, Œil de Lynx, du Verseau ou de l’année du Tigre.   Je suis  » Jabiru spontané » , cousin des marabouts africains et des cigognes d’Europe. Scout un jour, scout toujours !

Jabiru est un nom Guarani. On le trouve en Amérique Latine,  ainsi qu’en Australie  et sur  son scooter à Babel St Martin. La Jabiroute est de Beyrouth.

Spontané, je le suis resté c’est ma nature. Cultivant l’authenticité du connais-toi toi-même, du parler vrai, poussant la curiosité dans les chemins de traverse et les sens interdits. Défier la routine, l’audace trace la route. L’aventure est au coin de la rue.

A l’âge adulte, j’ai continué d’ appliquer la devise des Louveteaux  « Mieux, nous ferons de notre mieux » . Le tutoiement de la voix intérieure, cette volonté qui te pousse et mobilise ton élan vital:  Tu peux  mieux faire !

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Mariage à 24 ans. Commence le troisième cycle. Le bonheur de construire sa famille.

On s’est rencontré sous le Vésuve au Lupanar de Pompéi.  Je fus fidèle à cette moitié d’orange. Goye polyglotte elle  parle anglais, russe, espagnol, finlandais, allemand. La mère de mes deux fils  est un mélange volcanique de sang vendéen, lorrain et espagnol qui lui donne la bougeotte, l’amour des hommes et des chats !

monikendam.1195711169.jpgElle était traductrice dans une joint-venture franco-Urss.   Je défendais la classe ouvrière devant les tribunaux du travail . On passait des Samizdats dans nos valises en revenant de Moscou. On aimait voyager à travers l’Europe. On accueillait des réfugiés politiques russes et chiliens.

Puis, responsable du Personnel dans une ONG catholique adoptant  la théologie de la Libération, j’y recrute et gère les « ressources humaines » planifiant les transferts des chargés de mission dans les pays du Sud, côtoyant les reporters photographes free-lance du CCFD.

Dans l’histoire d’une vie, chacun d’entre-nous n’a jamais qu’un seul problèmeaupres-de-mon-arbre.1195737268.jpg principal à résoudre: celui qui donne sens à son existence et impose un style à ses relations.

Ma blonde est partie. Le malheur bégaie. Nouvelle rupture du lien père/fils.Mon aîné a onze ans, et le cadet de mes soucis en a six. Divorce : ils partent avec leur mère en Finlande.

 Ça fait rire les enfants ( ça dure jamais longtemps) de voir le vrai père Noël  dans la neige de Laponie.  Crémoé, crémoé pas, les WE  alternés entre Paris et  Helsinki , ça fait plus rire personne !

Divorce à 36 ans, un cycle de douze années se termine. Adepte du non conformisme, j’abandonne la petite lucarne et deviens  cathodique non-pratiquant  polygame.

Pour fêter mon  nouveau statut  de cadre dynamique « Just Divorced »  le quatrième cycle de ma vie commence en 1987 par  une année sabbatique, pour reprendre souffle.  Abandon du cinq pièces en lisière du Bois de Boulogne,  studio sous les toits  à St Germain des Prés. Je donne la TV à mon beau frère, entrant rédhibitoirement dans la secte minoritaire des cathodiques non-pratiquants.

VRP sponsorisé par  la Sadique, en   Voyageur  Romantique Polygame je pointe  dans les villages du Club Med.   Entretien des neurones, j’enseigne le droit social et le management des ressources humaines aux futurs ingénieurs du Cnam  et dans les écoles de Commerce.

kpmg-fidal.1196020806.jpgFin de l’année sabbatique, retour au struggle for life: l’un des leaders français des cabinets de Conseils Juridiques et Fiscaux recrute dans le Pas de Calais.

Grand père regardait la Lune, son fils auscultait le cœur des montres aux ultra-sons. Juriste et pyscho-sociologue de formation, j’observe celui des hommes et des femmes du secteur économique concurrentiel.  Mes amis d’Arras sont  notables, pas  des Bidasses. Ma maison jouxte celle de Robespierre.   Au Club de la Table Ronde, ils me surnomment L.g.d.c.  Non point « Le génie du conseil »  mais « Le grand différent cultivé ».

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  Au terme de six années polygamiques j’ai rencontré une femme divorcée ( intelligente, sportive et combative ) qui souhaite se faire enfiler une bague au doigt. Son époux vient de quitter la direction financière de la Géode à la Cité des Sciences de la Villette, au profit des Compagnons d’Emmaüs chez l’Abbé Pierre.

 Devant le Maire (tirant à pile ou face) j’ai dit Oui . Corbeille de mariage  chez   Nouvelles frontières  et  lune de miel à Pékin

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Difficile d’arriver à pied par la Chine

anne-lavalee.jpgFille aînée héritière d’une famille nombreuse  catholique d’ingénieurs et directeurs d’usines du Nord de la France, le statut du garçon manqué  flétrit son anima et gonfle son animus. Elle accompagne des projets  départementaux de développement économique et accepte d’élever nos enfants respectifs sans télévision.

J’entraîne les dirigeants au management, à la dynamique de groupe et à la communication inter-personnelle. Je recrute les cadres. Au guichet des ressources humaines, j’applique le  «  Moi & Je » de l’école américaine de Palo Alto.

Conseil juridique en   mission  commando spécialisé Droit social, le gros du quotidien de mes années 90, c’est  tailleur sur mesure Hommes/Femmes pour remplir des charettes de licenciements collectifs  des ressources humaines inutiles aux délocalisations, aux  fusions-absorptions, à la robotisation numérique et à la gourmandise  du capitalisme financier.

gilbert-blum.jpgRemplaçer les hommes par des robots-machines. Comment être heureux en fabriquant des  plans sociaux  ?   Avant de quitter l’Hexagone,  je publie une analyse sur la mutation du travail de la population active ( Aisne 1962- 1995)

La montée de l’ascenseur social est stoppée, faisant place a l’écoulement du sablier. Désespérance de la mise en quarantaine de mes aspirations profondes. Etre ou avoir ?     J’ai quitté ma seconde femme incapable d’accueillir correctement le cadet de mes soucis .  Je ne serais pas son bâton de vieillesse. Second divorce. Bis repetita

Inhibition de l’action. Sans le bonheur, l’argent ne fait pas la richesse. J’ai rejoins les îles à 47 ans. Fin du quatrième cycle. L’éloge de la fuite, pour changer sa vie et vivre ses rêves.

Dix années de  méditations, loin du stress épuisant des mégapoles polluées aux métros remplis de noyés, loin de la mal-bouffe et du brouhaha . Les îles tropicales sont un refuge, un oasis pour essayer de changer et  poétiser sa vie. André Malraux souligne que  « Les rêves ne sont pas faits pour être pensés, mais pour être vécus. » Un conseil que j’applique avec celui d’Henri Bergson  « Agir en homme de pensée et penser en homme d’action ».

Sur mon île confetti pas plus grande que Paris, une centaine de nationalités se partage le manteau de Babel St Martin. Les frontières sont dans nos têtes. Small is beautiful.

Funambule éveillé se nourrissant de doutes et de paradoxes, le jeu social consiste à changer de paradigme. Remplacer le temps de travail contraint  par des occupations. Des passions qui occupent.  Pari audacieux. Tenir bon, dompter  l’impatience, laisser du temps au temps.

vivre-ses-reves.jpgSur le fil, l’équilibre dépend de la balance financière. J’ai trouvé dans l’échange  la voie du plaisir gratuit par les trocs de l’amitié et de l’entraide. La « jollification » de l’existence  et la pratique du don contre-don.  Dans les îles, entretenu par les temps d’autosubsistance et la solidarité après cyclonique, le troc a encore ses adeptes.

Équilibriste, voyageant sur le fil des pratiques culturelles, en Robinson moderne mes outils sont peu nombreux. Des livres essentiels, un hamac, une plume et un oeil numérique. Afin de pondre ses œufs et déployer ses ailes , le Jabiru alimente son corps et son esprit avec les produits naturels du Terroir Tropical : des racines   de Gingembre, de l’herbe , du poisson et des fruits.

 

Au cœur de l’île, le Pic Paradis culmine à 420 mètres. Plus haut que la Tour Eiffel, le panorama  est grandiose. Pas de boulevards périphériques, juste une trentaine de plages de sable fin.  En bas  la Belle Plaine de mon village, le Quartier d’Orléans.  S’y ouvre l’utopie de la démocratie participative et le défi du développement durable respectueux de la beauté  insulaire.

jabiru.jpgLe jour du Shabbat, j’écoute monter les chants du Gospel d’un peuple dont les ancêtres Africains ont été vendus par leurs chefs, enchaînés dans les cales des bateaux négriers  des commerçants européens, sous la  bénédiction et l’estampille du Vatican, signataire du Code noir de l’Esclavage. Le bois d’Ebène comme simple marchandise sans papiers ni droits.

Tous n’ont pas survécu à la déportation, enchaînés à fond de cale . Leur corps jeté dans l’océan pour nourrir  les requins. Un gouffre sous-marin. Un profond traumatisme dans la mémoire des vivants.    Ceux qui sont arrivés pouvaient-ils être heureux ?  Biens-meubles en bois d’Ebène, avilis au rang d’animal. La force de travail  gratuite volée aux esclaves.   «  L’œil du maître regarde le cheval… » dit un proverbe créole. La mémoire d’un crime contre l’Humanité est imprescriptible.

Une réserve maritime nationale classée « touche pas à mon écosystème naturel » , jouxte les Guest-Houses du village. Les baleines y passent l’hiver, descendues du Labrador. Sous les Tropiques, c’est toujours l’été même en hiver. J’ai rêvé qu’un jour on utilisera l’énergie solaire pour tracter un télé-siège   au sommet du Pic Paradis.

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La bonne heure est celle du bonheur retrouvé. Je  caressais le secret de mon grand père. Il s’est réalisé. Celui de mon père, va prendre forme dans ma 58° année . La vie est pleine de bonheurs gratuits.

Le prix de cette victoire sur soi-même, la certitude, le constat vérifié: ce n’est pas  l’horoscope  du matin, mais nos rêves personnels qui rendent nos destins intéressants. Des rêves  à partager  avec d’autres sur la route de l’amitié. Vivre vieux et voir grandir ma descendance. Dix mille jours encore jusqu’à 85 ans, et  Basta.   

Un sixième cycle  commence . L’engagement pour la jeunesse, la culture et le développement durable ?

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7 thoughts on “20 820 jours on Earth

  1. totem

    Il y a de quoi écrire un roman ! Très belle histoire vraie, émouvante à souhait…quel parcours ! Le rite initiatique de l’éclaireur jeune homme devrait être obligatoire pour tous les jeunes garçons, j’en veux pour preuve un livre référent de Robert Bly, »l’homme sauvage et l’enfant » qui, à partir de l’histoire « Jean de fer » des frères Grimm, montre comment un enfant, même sans père, peut être initié à devenir un homme. Cher Jab, grâce à votre grand père mentor, vous êtes sans conteste devenu un « Jean de fer » … « le peace and love » en plus.

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  2. Enid

    Ah ben !
    que de fenêtres ouvertes sur votre kaleïdoscope…
    La « mythologie personnelle » on peut la garder, en soi, pour soi… et ainsi certains s’en gonflent parfois comme d’un ballon de baudruche (cela peut-être douloureux) d’autres la contiennent « raisonnablement »… d’autres encore l’étiolent, d’autres la subliment … tout est dans la nature !

    et lorsqu’on prend témoin pour son écriture cela deviendrait quelque chose comme une autofiction :

    http://www.fabula.org/forum/colloque99/208.php

    « inventée » par Serge Doubrovsky : « Je me manque tout au long … De moi, je ne peux rien apercevoir. A ma place néant… un moi en toc, un trompe-l’oeil… Si j’essaie de me remémorer, je m’invente… Je suis un être fictif… Moi, suis orphelin de moi-même. » le Livre brisé, Paris, Grasset, 1989

    Savez-vous qu’en droit et écrit juridique, on « invente un trésor » ! oui, on le découvre, et, en le découvrant, en le mettant à jour : on l’invente donc !
    C’est le regard porté sur l’objet qui lui donne existence de trésor, aux yeux des autres et aux siens propres corrélativement.
    Un trésor sitôt « inventé » et réenfoui caché (aux yeux des autres) prend la place du phantasme (orth. étymologique pour lien avec la même dans phantôme). La jouissance viendra de ce que l’on soit sûr d’être seul pour jouir de ce trésor, qui en perd ainsi sa fonction de trésor, à le cacher au regard des autres, et s’éprouver ainsi le maître par puissance infantile. A être son propre témoin : folie. Car on ne découvre rien sans l’invention de ce quelque chose qu’est tout rien par l’invention appropriée du langage qui fait prendre corps de soi-même au risque du manque à dire, ou du trop qui enfouit car :

    « L’autofiction serait donc née des acquis de la psychanalyse imposant une conception de la littérature comme inévitable fiction. Avec Freud, l’autobiographe a pris conscience que dès qu’il y a récit, c’est-à-dire mise en texte, il y a fiction. Pour Barthes et Robbe-Grillet, cette prise de conscience est lourde de conséquences : la vérité n’est plus le dernier mot du texte, mais le mot qui manque au texte. L’autofiction est donc avant tout, la forme moderne de l’autobiographie à l’ère du soupçon.  »
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Autofiction

    Je rajoute quelque chose que je comprend, qu’il me semble ne pas pouvoir passer sous silence : on invente un trésor, oui au regard « aussi » de la loi. C’est bien la loi (ici par le « langage » / l’écriture juridique en droit, où loi et langage ont partie liée) qui le dit qu’on « invente » un trésor. Et de la loi, vous en parlez.

    Dîtes-moi : est-vous arrivé sur l’Île avant, ou après votre 47ème anniversaire ?
    Autrement dit, avez-vous déjà fêté vos dix bougies d’îlien ?
    Votre choix de cette île vous a fait naître à votre condition d’homme. Vous êtes aujourd’hui ce que l’on appelle de notre temps, un pré-ado !

    Enid
    (totem -un été en Bretagne- : hermine, fine et dévouée)

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  3. opera

     »Le jour du Shabbat, j’écoute monter les chants du Gospel d’un peuple dont les ancêtres Africains ont été vendus par leurs chefs, enchaînés dans les cales des bateaux négriers des commerçants européens, sous la bénédiction et l’estampille du Vatican »………..[ et des juifs ]………… me permets-tu ce rajout cher ami ?
    Mon ami Jabiru est le paranoïaque le plus lucide que je connaisse. Et d’une naïveté presque enfantine sur certains sujets. Je me souviens du premier jour que l’on s’est rencontré. Et franchement c’est sans regret. Partager des pensées sans tabou avec quequ’un qui aurait pu être mon père. Quand on a l’esprit ouvert il n’y a pas de fossés entre les générations.
    Mon ami Jabiru est devenu par la force des choses et de sa passion un personnage énigmatique et incontournable ou presque dans le paysage folklorique de Saint-Martin. Un idéaliste, un rêveur au grand coeur. Heureusement qu’il n’est pas catholique. Je le vois mal habillé en grande pompe à la messe du Dimanche et demander repentance pour ses pêchés. Demander pardon aux nègres ! Chose qui ne s’est jamais produite dans la bouche d’aucun pape, ni d’aucun gouvernement.
    OPERA

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  4. Brigitte Lavigne

    Beau trajet …
    S’en remet-on un jour, tel est le questionnement qui m’habite actuellement ?
    J’ai moi-aussi choisi de « mettre à l’extérieur » peut-être pour partager cette énergie vitale qui souffle dans mes voiles …

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  5. Jean-Michel

    Pour de vrai, à présent que je vous connais un peu en chair et en os, mon cher Jabiru, je suis ému énormément par votre Temps Retrouvé. Respect Mec.

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  6. sylvie

    Je rentre peu à peu dans votre blog et là en plein coeur…de votre parcours…je le reçois puisque maintenant, je suis prête. Les autres ne nous intéressent que pour ce qu’ils nous apportent, phrase que je n’aurais jamais osée écrire ou dire il y a encore peu. Je marquerai donc mes 50 ans comme le début d’un nouveau cycle que je pourrais titrer « l’âge de Moi »…
    ”l’homme sauvage et l’enfant” élever un garçon, seule! une vraie énigme! nous sommes tous duels (ou dual?) Je balance tout le temps entre mon féminin et mon masculin, un vrai numéro de funambule qui arrive à m’amuser parfois.
    Merci, c’est déjà pas mal pour une première lecture, il faut que j’y aille doucement

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