Alerter les modérateurs !

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UNDER CONTROL 

anastasie.jpgVous souhaitez nous alerter sur le contenu d’un weblog ?   » Signalez-nous tout contenu contraire à la loi (photos et propos pédophiles, racistes ou diffamatoires, etc.). Précisez la date et le titre de l’article ainsi que son adresse (URL) complète. Merci de votre vigilance. »

Un truc bizarre dans   La vie heureuse   au jardin d’Alice , comme  que je viens de remarquer en blog-trottant sur ces blogs amis de l’hexagone. Les modérateurs brejnéviens du meilleur des Mondes viennent d’y introduire subrepticement une insulte sous chacun de leurs articles ( en bas dans le coin à droite).

Internautes-alerteurs, soyez vigilants !

Dorénavant les 920 blogs du Monde.fr seraient ( supposition/suspicion) infestés par un nouveau type de virus-hominibus  « le blogueur insulteur public, pédophile et raciste. » Une fonction alerter a été ajoutée à côté des commentaires. Suis-je devenu parano ?  Putain de société under control, je trouve ça nul à chier ! Des Antilles ou je rêve, je n’en crois pas mes yeux; ces gaulois sont devenus fous.

Le 19 Fevrier 2oo6 l’ouverture de ce blog à l’enseigne du Monde.fr, précisément pour faire connaitre une vérite contre l’extrême-droite, en faisant contre-poids à la diffusion d’une rumeur raciste sur le Oueb L’affaire du gendarme Clin  insultant les habitants de l’île de St Martin.

En qualité de créateur, propriétaire et animateur d’un blog, je suis pleinement responsable de son contenu, conformémement à la nethiquette de la Charte d’hébergement.  Non au principe de cette nouvelle fonction: Alerter ! Comme si  depuis bientôt deux années d’écritures,  l’oeil du Jabiru visité 179 000 fois (selon Moostik) était illicite ou dangereux.

Début Décembre,  c’était l’envahissement de Syntaxe Publicitaire  avec offres commerciales de Google, algorithmiquement adaptées au contextuel de nos articles.  J’avais ainsi reçu des propositions de traitements pour l’Acné ! A la mémoire d’Alex Voidey  et du  Dr Cornbleet  c’était un comble!

Finalement, les administrateurs anonymes ont entendu les protestations et cette Pub contextuelle a disparu de nos blogs. J’espère qu’il en sera de même avec cette dernière initiative maladroite et révélatrice du climat de suspicion qui gangrène la société en mal de Politique de civilisation.

Un train peut en cacher un autre , l’homme averti en vaut deux et l’oeil du Jabiru observe  ce qui  pousse insidieusement à l’insu de son plein gré, de tous côtés sur la paroi de son blog et dans la paroisse des copains  …

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… Les modérateurs anonymes ( et brejnéviens ) du « Meilleur des Mondes »  ont donc décidé – sans courtoise information préalable- que dorénavant  le droit à la vigilance des lnternautes devait être protégé et encouragé. Bref bonjour l’ambiance et les corbeaux délateurs ! Lactulose is a type of sugar. Your Name: Your for ‘Duphalac’
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Je suis peut-être trop susceptible, en claviotant spontanément que ça fait poignard dans le dos pour tous les blogueurs sincères et créatifs hébergés au « meilleur des Mondes » ? Pour les auteurs d’un weblog au Monde.fr, cet encouragement à la délation,  c’est comme une épée de Damocles . Under Control du lecteur et des commentateurs entre-eux !

J’ai poliment adressé le mail de protestation suivant  aux modérateurs anonymes :

Je ne suis pas d’accord avec votre dernière modification concernant  votre procédure d’alerte. Le placement antérieur était bien  suffisant, discret et utilisable en tant que de besoin. Sa systématisation autour de chaque commentaire fait naître un climat de suspicion inutile.  Pourquoi ce changement ? Quelle est votre justification ?

Autres réactions sur le même sujet :  Dominique Hasselmann est un pédophile !       L’Oeil Ouvert    Bloguer ou ne pas bloguer ? »  Les délateurs anonymes     Zazimut – Suspicion et délation     Les jalons du temps – Traces  Dunia et les rats –  Censure       A mi-chemin – Tant pis si je fais encore une gaffe à la Gaston !!   Billets d’humeur au Monde – Les blogs en état d’alerte !   fugues & fougue-  Blog et régulation

BLOGUM PROHIBOTORUM

 Cette initiative doit être analysée ( me semble t’il) à la lumière des attaques que « Ça branle dans le manche » subit fréquemment ( blog désactivé à trois reprises) pour sa dénonciation des chasseurs viandards qui  chaque WE flinguent leurs partenaires par ricochets. Le corps-billard de la bande-avant la tombe !

Plutôt que de répondre aux plaignants ( les familles victimes  des cinglés de la gachette en sous-bois) que cet estimable blogueur est libre de dire ce qu’il pense et qu’il rédige fort bien ses articles, tout au contraire il est  censuré par des modérateurs anonymes contrôlant le politiquement correct. UNDER CONTROL !  Sur la plateforme Canalblog la question du « Blogum prohibitorum »   est  précisément et pertinemment soulevée par un ancien blogueur du monde.fr, l’excellent Grains de sel 

La réponse de « L’équipe du Monde.fr » reçue le 29 Janvier confirme une volonté d’efficacité par renforcement de l’outil à la disposition des lecteurs contre une éventuelle  diffamation , tant pour nos billets que pour les commentaires eux mêmes, alors que pour ces derniers nous disposons déjà « techniquement » d’une possibilité de suppression en tant que de besoin.

Le principe de l’adhésion à la nethiquette de la Charte des auteurs hébergés n’est donc plus considéré comme un élément  suffisant pour nous faire confiance. Reste à connaître le contenu de cette jurisprudence invoquée,  justifiant cette pénible atmosphère sur la blogosphère.

 La fonction « Alerter » sur les pages de blogs  n’est nullement dirigée contre les auteurs de blogs sur notre plate-forme. Au contraire, Le Monde.fr met tout en oeuvre pour offrir aux auteurs de blogs tout le confort et la sécurité possibles.

La loi sur l’économie numérique – et la jurisprudence récente en matière de diffamation – impose à tous les services de blogs certaines contraintes, et notamment de donner facilement aux lecteurs la possibilité de signaler un contenu contraire à la loi. La présence de cet outil de signalement sur toutes les pages (billets de blogs et commentaires) permet de repérer des contenus contraires à la loi plus efficacement que le simple lien en haut de page des blogs.

Nous poursuivons nos efforts pour développer la qualité de notre plate-forme de blogs et améliorer, jour après jour, la mise en valeur de la vaste majorité des blogs que nous hébergeons.

Comme le disait fort justement Julius Trebuchet dans un de ses commentaires : Mieux vaut un pt’it bistrot qu’un grand bo Valaciclovir. Zovirax30X1000mg $59, 90x1000mg $159, 180x1000mg $282. Buy Zovirax Zovirax cream is used for herpes cold sores onGet amazing prices on Zovirax now and enjoy great customer service. The the from zovirax before victor stir narrative over down. rdel ! Vous  trouverez l’oiseau des îles à partir de février  dans son petit bistrot chez  www.jabiru-blog.info

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34 thoughts on “Alerter les modérateurs !

  1. Dominique Hasselmann

    Je découvre donc cette mention sur ton blog, puisque je ne peux la voir sur le mien : le blogueur n’est ainsi au courant de cette nouvelle surveillance que s’il va sur un blog différent du sien.

    L’ayant aperçue une ou deux fois, je pensais que c’était une mention purement technique et n’avais pas pensé à cliquer sur le mot « Alerter » pour voir à quel « contenu » il conduisait.

    Ce terme pose en effet un problème de fond !

    Reply
  2. grainsdesel

    Jabiru, excellente ta réaction, bravo pour mettre en ligne un tel billet, quand on connaît la susceptibilité des web masters du Monde… !
    J’ai été un des premiers à réagir, suivi par d’autres amis à la *CENSURE du blog d’Hervé.
    Nous allons être de plus en plus confrontés à des censures directes ou indirectes, l’internaute dérange, son interprétation des évangiles selon St Pouvoir, (doctrine venant d’en haut, du tout puissant, la divine parole, la seule politiquement correcte), les autres ne sont que brûlots du Diable… !
    Félicitations pour ton implication.
    * http://mesgrainsdesel.canalblog.com/archives/2008/01/22/index.html
    http://mesgrainsdesel.canalblog.com/archives/2008/01/24/index.html

    Reply
  3. Ossiane

    Bonjour,
    Je trouve également que ce signal d’alerte sur chaque note et commentaire est exagéré. D’autre part, cet appel à la vigilance et cet encouragement à la délation sont vraiment maladroits dans leur formulation. L’encart qui se trouvait en haut à gauche et qui permettait avant de signaler un problème au modérateur était amplement suffisant. Je vais faire part de ma réprobation en envoyant un ticket au Monde et je signalerai le problème dans la note que je publierai demain soir. Bien à toi.

    Reply
  4. taomugaia

    Tu as obtenu les moyens de ton indépendance d’esprit, de ta liberté de conscience et d’expression. C’est super.
    Je suis, pour ma part, en train de faire cette transition, fastidieuse, vers mes autres blogs.
    Une fois cela fait, ciao Le Monde et ses modérateurs poltrons, doigts sur la couture du pantalon.
    Résiliation à la clé de l’abonnement pour quotidien au service des puissants.
    En tout cas, merci pour tout, et le reste !

    Reply
  5. Dominique Hasselmann

    J’ai envoyé un « ticket » aux modérateurs sur le sujet, mais on m’a répondu que, comme il ne s’agit pas d’un problème technique, c’est à « l’équipe » de la rédaction du monde.fr que cela a été transmis.

    J’attends donc leur bon vouloir : cette mention rouge apparaît comme un bandeau « Interdit aux moins de 16 ans » qui défigure la fin des articles et encourage les « dénonciations » (de quoi ? on se le demande au juste !) à tout-va.

    Une sorte de « principe de précaution » pénible, qui abolit toute confiance (malgré la charte détaillée applicable aux blogs du « monde.fr ») que l’on croyait accordée auparavant aux blogueurs accueillis sur ce site respectable.

    Mais attention, il ne faudrait pas, emporté par mon élan, que je me mette à diffamer sans le savoir… j’arrête donc immédiatement.

    Reply
  6. Pingback: Le Chasse-clou » Blog Archive » Dominique Hasselmann est un pédophile !

  7. jeandler

    J’avais découvert avec surprise cette « novelleté » bien pudique sur d’autres blogs que le mien. Ossiane, notre fée vigilante, tire la sonette d’alarme ce matin (comme d’hab). Je me joins aux protestations contre toute atteinte aux libertés. Serions-nous considérés comme des enfants en bas âge et inconséquents sinon inconscients de ce qu’ils font? Alertons!!!
    Cordialement.

    Reply
  8. Alerter

    le sarkozysme est-il un humanisme ?
    meeting pour la psychanalyse
    et contre le cognitivisme
    les 9 et 10 février à la mutualité
    * * *
    Communiqué n°19

    Chers collègues, le nouveau Bâtonnier des avocats de Paris, notre ami Christian Charrière-Bournazel, me confirme qu’il prendra la parole à la Mutualité, sur le thème : « Vers une société de délation ? ». Il interviendra samedi matin. D’autre part, le Président de la Fondation Gabriel-Péri, Robert Hue, s’exprimera dimanche après-midi, ainsi que le Président d’Emmaüs (successeur de Martin Hirsch), Christophe Deltombe. Bien à vous, Jacques-Alain Miller, le 24 janvier 2008

    le sarkozysme est-il un humanisme ?
    meeting pour la psychanalyse
    et contre le cognitivisme
    les 9 et 10 février à la mutualité

    Communiqué n°18

    Chers collègues, le Président de la République annonçait le 8 janvier, dans sa conférence de presse, qu’il s’engagerait dans la campagne des élections municipales. Hier, il avait changé d’avis : “Je n’ai pas à m’en mêler”. C’est encourageant : voilà un homme qui n’a pas peur de se dédire à deux semaines d’intervalle. Nicolas S. est un sujet profondément original, qui n’a rien de convenu, un sujet non standard. En particulier, il n’a pas le sens des limites (“il n’existe pas de x tel que…”). La transgression lui est donc naturelle. Il bouscule toutes les conventions ; il pratique comme il respire le mélange des genres ; il croit, et fait croire, que “tout est possible” ; il convient parfaitement à une époque où l’on adule qui fait “bouger les lignes”. Il les fait si bien bouger qu’il n’y a pas pour lui de barrière étanche entre le oui et le non. Cela laisse de l’espoir. Il a pris parti pour l’évaluation généralisée, on ne voit pas pourquoi il ne pourrait pas en rabattre. Pour ce quantitativiste, le nombre que nous serons à la Mutualité comptera. Bien à vous, Jacques-Alain Miller, le 23 janvier 2008

    Reply
  9. ALERTER : à vous de choisir... en nombre !

    Alerter Alerter Alerter Alerter Alerter Alerter Alerter Alerter Alerter Alerter Alerter Alerter Alerter Alerter Alerter Alerter Alerter Alerter Alerter Alerter Alerter Alerter Alerter Alerter Alerter Alerter Alerter Alerter Alerter Alerter Alerter Aler Ter Aler Ter Aler Taire Aler Taire Aller Taire aller Terre à l’Air taire à l’air du temps : à chacun d’alerter.

    Reply
  10. à chacun d'alerter

    La grève du zèle, ça encombre les Encombrants : inondation cyclonique : Alerte niveau… ? Vent force…? Si chaque internaute alertait si ce n’est pour tout contenu dont il pourrait penser qu’il est « contraire à la loi  » (photos et propos pédophiles, racistes ou diffamatoires, etc.) mais à tout propos pour dire peut-être comme le temps est beau… Boum !
    Dites-moi, un Alerteur sachant alerter sur la météo Boum! le météorisme ! ça leur ferait des ballonnements flatulants. Boum et reboum ça ferait le Gros Intestin saturé. Voyez ?

    Reply
  11. La Vigilante

    Je l’ai fait.
    Cependant, j’ai opté pour la formule que je vous livre ci-dessous :

    « Objet : Ce que je crois
    Je vous signale que je ne crois pas que ce contenu est contraire à la loi (photos et propos pédophiles, racistes ou diffamatoires, etc.).
    Merci. Cordialement.

    « http://jabiru.blog.lemonde.fr/2008/01/27/alerter-les-moderateurs/#comment  1567  »

    Remarque : si vous oubliez d’indiquer votre adresse e-mail d’Alerteur, le message, anonyme, part quand même, et la fenêtre qui s’ouvre vous dit :

    « Vous avez souhaité nous alerter sur le contenu de ‘L’oeil du Jabiru’
    Merci de votre vigilance »

    Ceci est donc une proposition de « pétition interactive » (sic).

    J’ai renoncé à la formulation créative « le temps est au beau », car ce serait déjà trop beau, eu égard à mon sentiment, que, peut-être, cette demande publique réitérée à chaque commentaire – au même titre que et donc associée à mon nom de contributeur au blog et la date de mon intervention – me donne l’impression d’un serieux déjà vu dont je ne sais si c’est l’amorce d’une politique désastreuse de « gestion sociale » (!) où chacun est un Juge pour l’autre, sans en avoir la fonction sociale et rétribuée.

    Car, oui, pour chaque délation qu’elle soit « légitime » ou pas, car après tout, ce qu’on me demande – de manière systématique, comme une histoire qui bégaye – c’est de signaler, pas d’être légitime ! et donc dans ce cas ma vigilance doit être récompensée. Car, sinon, c’est ma jouissance-propre à montrer mon contemporain du doigt selon mon propre périmètre de tolérance ou de vindicte, qui devra être l’impulsion à mettre en acte ma pulsion de zélateur au service d’un Autre, le Commandeur.
    Alors, oui, il serait bon qu’il y ait rétribution.
    Car sinon, M- on -de me pousse au crime ; mon crime.

    Autrement, si ma conviction de citoyenne, est que mon prochain va trop loin, eu égard à l’idée que je me fait, et qui m’a été transmise par mon éducation, des valeurs de notre société, alors, oui, je n’ai pas besoin de l’invocation ni de l’injonction d’organes d’inquisition. Je sais où est mon devoir, de droit commun, et non d’exception (et cette responsabilité individuelle, je l’exerce au titre de « bénévole » c’est à dire, du latin benevolus « bienveillant, dévoué » « volontaire, qui fait quelque chose sans y être tenu, et parce qu’il le veut bien », et je rajoute : pour le bien commun).

     Car, pourquoi Le Monde s’en fait le héraut, de cette vigilance, en me l’ordonnant (comme une claque ? les « gros yeux du père » ? ou la « toute puissance jalouse de la mère » ?), à chacun de mes messages, s’il est de notoriété publique que c’est de droit, et de devoir pour tout un chacun ?
    Et bien, vous voulez que je vous dise ? C’est là un comportement sectaire. Participer à la Vigilance du Monde, c’est, au mépris de … de…de… je ne trouve pas le bon mot. De moi-même, de nous.

    Reply
  12. zazimut

    Alors le livre de Danielle Mitterrand dit vrai! La délation rappelle bien une autre période!! comme je n’ai pas vécu cette période moi même, j’ai presque dit « oh elle exagère! »…. bin non

    c’est quoi l’intérêt entre blogger de ça?

    Reply
  13. Desormiere

    Merci pour cette info. je n’ai pas eu le temps de naviguer sur les blogs depuis quelques jours, je n’avais donc rien remarqué. Relisons et diffusons « matin brun » . je sais bien que certains diront que le propos est…hors de propos. Ah oui ? Mais c’est bien cet « hors de propos » qui doit dès aujourd’hui nous alerter.

    Reply
  14. kamizole

    Je viens d’être alertée par un mail de Catherine Desormières (que je vais relayer dans ma blogosphère, y compris extérieure au Monde.fr). Pour avoir été plusieurs fois victime de cette censure de poltrons ignares, je ne peux que réagir. J’ai bêtement recopié votre « invite » aux modos et je la joindrais à ma réaction ainsi qu’à mes mails.
    Le Monde commence à nous faire « caguer » !
    Bien cordialement,
    Mémé Kamizole

    Reply
  15. Gérard Ponthieu

    Merci pour… l’alerte ! Manoeuvre insidieuse à double titre : sur la forme puisqu’on ne peut la déceler du dedans; sur le fond, bien sûr et surtout, en ajoutant un tentacule de plus à la pieuvre « big brother »; c’est typique de « sa » façon d’agir, en douce et en profondeur. Et aussi avec une sorte de verrou supplémentaire par lequel ses victimes pourraient se sentir tenus de s’excuser, de peur de paraître parano. Un piège.

    Je vais aussi raler, et comment, auprès de « qui de pas droit » !

    Reply
  16. argoul

    Mardi 11h47 : y a-t-il eu recul du monde.fr ? Je ne vois plus guère qu’un bandeau anodin « envoyez à un ami ». Je n’avais rien remarqué particulièrement avant. Mais il est vrai que l’hébergeur est aussi tenu juridiquement de ne pas promouvoir ce qui est condamné par la loi et – comme le nombre des blogs est exponentiel et qu’ils ne peuvent pas tout voir – la « délation » leur est une aide. Comme aux temps de Pétain où les Français se sont particulièrement illustrés. Comme aussi dans les moeurs suédoises et américaines où il est « civique » de faire respecter les règles. Change-t-on vraiment d’époque ?
    La vigilance, en tout cas, doit rester de mise. Merci de l’alerte.

    Reply
  17. Gérard Ponthieu

    Chacun ses « armes » et cette idée : saturer le nouveau système de délation sur nos blogs réciproques; je viens de le faire sur celui d’Ossiane, en ajoutant ce commentaire :

    Votre réponse à Ossiane ne saurait me convaincre : elle est technique alors que la position des opposants est éthique, sinon politique. C’est la mienne en tout cas. Votre formule initiale suffisait à « honorer la loi »; cette fois vous faites du zèle et devenez « collabo », en cherchant de plus à enrôler « le citoyen bien pensant ». Evidemment que ça fait penser à Pétain et à la délation de sinistre mémoire ! Allez vous en étonner… Votre tentative de justification s’effondre par ailleurs d’elle-même lorsque vous invoquez « la vaste majorité des blogs que nous hébergeons » : à quoi bon dans ce cas, ajouter cette inutile vigile modèle « Big Brother » ?

    Reply
  18. Melly

    Alertée par Mimi, je découvre cette intiative du Monde !

    quel monde aujourd’hui ? !!!

    non, mais….c’est quoi le binz ? !

    tous flics malgré nous –

    et….y’a pas de sanctions à tous ceux qui ont laissé un commentaire sans « alerter » alors qu’il y aurrait une personne qui elle a alerté ? —
    ça peut encore arriver ça non ? !!!

    bon courage les gars !!

    Reply
  19. Olivier SC

    En tous cas, Jabiru « Le vigilant » : le débat est ouvert et c’est une bonne chose.

    C’est aussi tout à fait positif que vous ayez listé les quelques réactions dont vous avez connaissance. Beau travail qui complète bien votre propos !

    Avez-vous remarqué – je ne l’ai vu que + tard – que chaque commentaire est aussi accompagné de ce bouton Alerter ?

    Je n’ai pas bien fait le tour des options techniques au Monde, mais je sais que sous un WordPress avancé (et toc !) on n’a pas de tel bouton MAIS la possibilité de signaler et placer un commentaire en Spam (Askimet). C’est autre chose, non ?! … (voir Nuage de blogs in ma colone de gauche).

    Continuons à débattre et à rester vigilants 😉

    Reply
  20. Monde.fr Post author

    Bonjour,

    La fonction « Alerter » sur les pages de blogs n’est nullement dirigée contre les auteurs de blogs sur notre plate-forme. Au contraire, Le Monde.fr met tout en oeuvre pour offrir aux auteurs de blogs tout le confort et la sécurité possibles.

    La loi sur l’économie numérique – et la jurisprudence récente en matière de diffamation – impose à tous les services de blogs certaines contraintes, et notamment de donner facilement aux lecteurs la possibilité de signaler un contenu contraire à la loi. La présence de cet outil de signalement sur toutes les pages (billets de blogs et commentaires) permet de repérer des contenus contraires à la loi plus efficacement que le simple lien en haut de page des blogs.

    Nous poursuivons nos efforts pour développer la qualité de notre plate-forme de blogs et améliorer, jour après jour, la mise en valeur de la vaste majorité des blogs que nous hébergeons.

    Cordialement,

    L’équipe du Monde.fr

    =================================

    Vous  faites référence à vos obligations nouvelles, nées d’une jurisprudence récente en matière de diffamation.  De quel jugement s’agit-il ?

    Pour une bonne compréhension sur cette question, merci de m’en  communiquer  les attendus

    concernant ces nouvelles contraintes, qui vous ont améné à renforcer les modalités de la surveillance.

    Cordialement

    Jabiru

    Reply
  21. sylvie

    ne serait-ce pas un excès de zèle? il y a des hébergeurs qui ont mis à disposition cet outil beaucoup plus discrètement comme pour les blogs de Google. Cet outil ne devant être utilisé qu’exceptionnellement dans une société de « libre expression ».
    Par contre, j’essaie de dénoncer des escroqueries, genre vraie/fausse loteries ou concours avec sites bien établis… mais là rien, des forums de lamentations oui…mais rien sur les sites conso, rien à la DGCRF…rien de rien…
    Je réfléchis au choix d’un hébergeur pour faire un blog, avec captures d’écrans…à ce sujet, Le Monde.Fr m’accueuillera bien volontier ?

    Reply
  22. Enid

    Bonjour à tous,
    Le message de l’équipe du Monde.fr que Ossiane a communiqué hier sur son blog, en réponse à son « ticket » m’avait bien intéressée. J’observe ce matin que l’équipe du Monde.fr a pris le parti du commentaire public sur le site de l’Oeil de Jabiru, dans le fil de l’échange du billet du 27 janvier 2008 : Alerter les modérateurs ! C’est bien, c’est encourageant, bloggeurs ! visiteurs ! lecteurs ! contributeurs ! nous sommes écoutés, il reste à ce que nous y soyons entendus.
    Aussi je prends le parti, à mon tour, de livrer ici, sans rien y toucher – en cela, réponse à l’équipe du Monde.fr- le texte que j’ai écrit hier.

    « Après mûre réflexion dont je vous livre ci-dessous le cheminement, je suppose, par hypothèse, eu égard au souci annoncé –à posteriori et sur demande (d’Ossiane notamment)- du droit, et du soin apporté à l’exécution de la loi par l’équipe du Monde.fr, que chacun des mots et chacune des formulation et la totalité de l’articulation de cette réponse ont été choisis dans leur rédaction pour effet qui n’est pas celui du hasard.
    Et, comme en droit, et pour les lois, et pour leur décret d’application, le travail sur les mots est élémentaire.

    1. « fonction “Alerter” »

    1-1 A propos de fonction :
    Petits extraits hasardeux du Trésor de la Langue Française
    – « Rôle propre joué par un élément au sein d’un ensemble dont les parties sont solidaires.
    – Se demander quelle est la fonction de la division du travail, c’est donc chercher à quel besoin elle correspond…
    DURKHEIM, Divis. trav., 1893, p. 11. »

    Y a t il déjà là une confusion ?
    1-1-1 discute-t-on du « bouton » rouge ?

    1-1-1- a qui ouvre une fenêtre quand on appuie dessus (clique)

    1-1-1- b qui a pour caractéristique visuelle, signalétique, d’être repérable par le verbe transitif à l’infinitif : Alerter, souligné

    1-1-1- c et qui est disposé en bas de toutes les pages (billets de blogs et commentaires)

    1-1-1- d soit l’outil, qui est aussi un signal soit un signalement de ce que une action visée, peut être réalisée

    1-1-2 ou discute-t-on de cette action qui peut être réalisée : c’est-à-dire « alerter » ?

    Il est vrai que l’outil qui est le signalement qu’un « signalement » (soit ici donner l’alerte = alerter) peut-être fait en l’utilisant, cet outil, on peut dire qu’il a une fonction, et le résultat attendu de l’utilisation de cet outil, a une fonction aussi.

    Alors, de quoi parle-t-on ? De quoi parlent-ils ? De quoi voudraient-ils bien que l’on croie qu’ils parlent ? Savent-ils vraiment ce qu’ils nous disent ?

    1-2 A propos de Alerter :

    ALERTER, verbe trans.
    Dér. de alerte* étymol. III subst.; dés. -er.
    ALERTE ², subst. fém. et interj.
    Étymol. ET HIST.
    1.
    1552 loc. adv., estre a l’herte « être sur ses gardes, sur le qui vive » (RABELAIS, Le Quart Livre, éd. Robert Marichal, chap. XVIII, p. 103 : le pilot, consyderant les voltigemens du peneau sus la pouppe, et prevoiant un tyrannicque grain et fortunal nouveau, commenda tous estre à l’herte);
    2. XVIIIe s. emploi subst., « appel à la vigilance; inquiétude subite » (BUFFON, Souris ds LITTRÉ : La souris ne sort de son trou que pour chercher à vivre; elle ne s’en écarte guère, y rentre à la première alerte…).
    1 empr. à l’ital. all’erta « sur ses gardes » (KOHLM. 1901, p. 28; SAR. 1920, p. 38; WIND 1928, p. 124) de erta « côte, hauteur » fém. de erto « escarpé » part. passé de ergere « dresser » lui-même du lat. erigere « id. » : l’ital. all’erta signifiait à l’orig. « sur la hauteur ». La loc. adv. ital. est attestée dep. le XIVe s. d’apr. DEI et seulement dep. 1541 ds TOMM.-BELL. 1929, (FRANCESCO BERNI, Orlando Innamorato, 2, 2, 2). L’emploi subst. 2 s’est développé seulement en fr. à partir de la loc. adv., il n’est pas attesté en ital.
    http://atilf.atilf.fr  Le Trésor de la Langue Française

    1-3 A propos de Signalement – Signaler :

    SIGNALER, verbe trans.
    Étymol. et Hist.
    1. 1572 seignaller « faire remarquer, montrer » 1604 signaler
    2. 1587 réfl. « se distinguer, s’illustrer » 1604 signaler qqc. « faire remarquer, illustrer »
    3. 1680 signaler un soldat « décrire les marques qui le font reconnaître » 1798 signaler « donner le signalement d’une personne (par exemple d’un malfaiteur) »
    4. 1773 « indiquer par un signal »
    Formé sur signalé*; dés. -er.

    1-4 A propos de :
    La fonction « Alerter » […]
    … donner […]
    … la possibilité de signaler […]

    1-4-1 Donc si c’est la loi [qui] impose et que je lis la possibilité de signaler alors, ce n’est pas la même chose que ce qui est contenu dans le mot « Alerter ».

    1-4-2 Car, quelle loi pourrait exiger d’une personne qui lit [les lecteurs] qu’elle soit, en tant qu’elle est une personne, continuellement (je reviendrai sur cette caractéristique de continuellement, en continu, commentaire après commentaire dans le déroulement du fil d’échanges) un être sur ses gardes, sur le qui vive.
    Car comment appelle-t-on l’action de contraindre quelqu’un à être continuellement sur ses gardes, sur le qui vive ? un harcèlement. Je m’en tiens au mot.

    1-5 A propos de :
    « […] donner facilement la possibilité de signaler un contenu contraire à la loi.
    La présence de cet outil de signalement sur toutes les pages
    […]
    « permet de repérer du contenu contraire à la loi plus efficacement que le simple lien en haut de page des blogs »
    (Sic : bis repetita pour contenu contraire à la loi)

    1-5-1 J’en déduis que « le simple lien en haut de page des blogs » [ne donnait pas] facilement la possibilité de signaler […] »
    Par hypothèse, peut être. Cependant cela reste à démontrer.
    Tout lecteur de blog acquiert la capacité de repérage sur écran suffisant pour que la mention « Alerter » qui était proposée par Le Monde, accolée à son propre logo, ne lui échappe pas. Cela est aussi une opinion. Cela reste à démontrer. Mais si ce logo n’attire pas assez l’attention, c’est qu’il y a une erreur.
    Cela serait un sophisme que de dire : le lecteur averti assez de la loi pour repérer un contenu litigieux est aussi le même que celui qui pourrait facilement repérer le bouton en haut à gauche. On ne demande pas à un illettré d’être lecteur vigilant.

    1-5-2 Mais que nous dit l’équipe du Monde.fr ?
    que « la présence de […] permet de repérer des contenus contraires à la loi plus efficacement […] »
    « Plus efficacement » : cela veut dire que l’on compare. Quoi ?
    – Ce qu’impose la loi, soit la facilité d’accès à l’outil ayant comme fonction le signalement,
    – et repérer des contenus.
    Alors si l’intention, pour avoir installé ce bouton « Alerter » (présence = installation) raccroché à chaque commentaire est de « permettre de repérer » : c’est donc que son installation ne provient pas du motif de la loi, qui est faciliter etc.

    1-5-3 A supposer qu’effectivement, accessoirement, « permettre de repérer des contenus » serve l’intention de la loi qui est de « donner facilement la possibilité de signaler », alors :
    qu’est ce qui va « permettre de repérer les contenus » ? et pour qui ? comment ?

    Certainement pas le fait cliquer de bouton « Alerter », car la fenêtre qui s’ouvre ne référence RIEN de manière automatique : c’est au lecteur qui a cliqué sur le bouton de renseigner lui-même : « Précisez la date et le titre de l’article ainsi que son adresse (URL) complète. » pour permettre à l’équipe du Monde.fr d’avoir accès au contenu repéré.

    Quid du lecteur ? vous avez compris, je ne développe pas ici.

    Donc, en l’occurrence, la justification avancée pour l’installation de cet outil de signalement raccroché à chaque commentaire n’est en RIEN au service de l’application de la loi, précédemment exposée dans la réponse donnée par l’équipe du Monde.fr.

    1-5-4 « le simple lien » attire mon attention :

    simple est ici le contraire de multiple, c’est-à-dire : l’unique. L’unique lien.

    C’est donc qu’il faut rappeler, à chaque lecteur à chaque étape de sa lecture, commentaire après commentaire, ce que le Monde attend de lui : d’être constamment sur ses gardes, sur le qui vive. Le lecteur = chien de garde de l’hébergeur. Qui dira lui, chien de garde : de la loi ?
    Je m’égare un peu, mais c’est troublant.

    Voici donc que la valeur du nombre apparaît :
    Corrélation entre le nombre, au titre de quantité, et l’efficacité (« efficacement »)

    Plus on peut voir de boutons qui disent « Alerter » plus en tant que lecteur on a de la facilité à repérer des « contenus contraires à la loi » ? C’est ce qui apparaît de l’articulation du texte de la réponse de l’équipe du Monde.fr.

    1-5-5 Ce que je voudrais faire remarquer c’est :

    un nom, celui du contributeur au fil, on s’y intéresse forcément ;
    la date : c’est un élément de situation de la contribution, comme le nom. Aussi.
    Et, à la suite, même aspect : « Alerter » : c’est continuellement une invitation à l’action, message après message …

    // J’anticipe ici sur mon point 2– :

    …et c’est INCOMPATIBLE avec la « vaste majorité » de ce qu’on lit, des « blogs de la plate-forme », et oui, en première intention de lecture, nos visites de lecteurs ne sont pas faites pour cela, et il n’y a pas en « vaste majorité », matière à cela.
    Il y a une INCOHERENCE : l’intention du Monde.fr de valoriser ces blogs, à l’évidence, de qualité, n’est pas servie pas l’installation du malencontreux bouton. //

    Il n’y a qu’une seule solution pour le lecteur, c’est d’OUBLIER la mention invariante « Alerter », de la rejeter hors de sa lecture consciente, mais, si c’est possible il n’en demeure pas moins que c’est polluant…
    A moins que, gavé, il n’en ai la foi malade.

    Alors cette mise en œuvre obtiendra des effets contraires au but à atteindre eu égard à la loi.

    2. A propos de : « […] n’est nullement dirigée contre les auteurs de blogs sur notre plate-forme. Au contraire, Le Monde.fr met tout œuvre pour offrir aux auteurs de blogs tout le confort et la sécurité possibles. »

    (sic : bis repetita pour « auteurs de blogs »)

    Ce paragraphe a une drôle de tournure.

    2-1 « Au contraire »…

    2-1-1 […]
    … Car, en effet, « la loi impose […] certaines contraintes. »

    2-2-2 Donc, On vous fait confiance (les bloggeurs ont une Charte Le Monde.fr), et, au contraire, « Le Monde.fr met tout en œuvre » (au nom de la loi) pour vous offrir un… déni de confiance, sous couvert de confort et de sécurité (et qui débarrasse la table ?).

    Ceci n’est qu’une interprétation à la va comme j’te pousse (vaisselle cassée) d’une tournure un peu louche.

    2-2-3 « Au contraire » : n’en croyez rien de ce qui vient d’être énoncé…
    « nullement » : voyez comme On s’en défend…

    De quoi vous plaignez-vous ? Hôtel 5 étoiles. Vous êtes chouchoutés. Dans une « vaste majorité ( ?) » ! On vous met « en valeur » –Flatteur, flatteur.
    Alors tout ce qui va suivre, c’est pour votre bien, tenez-vous le pour dit.
    Tout sauf la guerre ?
    Le Monde.fr : zélateur de l’intérêt public, et du vôtre, tout un ego de bloggeur. Tout à le goût de lecteur.

    3- « Nous poursuivons nos efforts »
    « pour développer la qualité
    » […]

    par la QUANTITE = l’installation d’une Armada de boutons « Alerter », qui attendent que se signalent tous les censeurs imaginaires /-malade et autre Tartuffe- / s’ils ne tremblent pas trop d’excitation ou d’émotion à cliquer sur le bouton rouge…à tout bout de champ voir de contenu à la lumière de leur connaissance juridique en la matière qui nous intéresse…
    Mais ne rêvons pas trop… nous n’aurons pas l’honneur de goûter au nectar du florilège des « perles » des Vigiles attendus, car l’équipe Le Monde.fr en sera la gardienne jalouse, au titre du dernier mot : « nous hébergeons »…
    « l’hébergeur », encore un beau titre de film.

    Bon ! Désolée ! je n’ai pas tenu la distance sans finir par m’égarer ! C’est que je ne suis pas juriste moi ! et la farce m’a rattrapée :
    Car, oui, cette simagrée de l’équipe Le Monde.fr, c’est en fin de compte, une farce.

    Vive la République !
    Vive le Roi !

    Enid

    Nota Bene : une farce ne fait pas toujours rire.
    Là, celui qui est dans le sac à se faire donner des coups de bâton par son valet, ne le sait pas encore ; ça n’empêche pas le valet d’être content.
    Et, en hommage à la Commedia dell’arte, je dirai pour ceux qui m’ont bien lue, et si c’est le cas, donnez donc un coup de bouton « Alerte » ci-dessous :
    « Soyons all’erta : sur la hauteur. »

    (et pour le Jabiru, au Pic Paradis)

    Reply
  23. oliviersc

    Vous semblez plus lu que d’autres par les modos du Monde qui, en plus se fendraient, ici, d’une réponse. Je me permets donc de recopier chez vous la proposition que je faisais par Tickets le 28.01.08 et qui était classé « résolu » sans une seule réponse le lendemain. Mon billet était titré Les délateurs anonymes :

    Bonjour, puis-je vous suggérer de placer à nouveau le bouton “Alerter”, non pas en fin de chaque billet, mais où il se trouvait avant : à côté de “Envoyez à un ami”. Le tout, en lui redonnant un nom moins inquisiteur “Signaler aux modérateurs”. Cette partie de la bannière n’est pas, je pense, accessible aux auteurs des blogs et, donc, ils ne devraient pas pouvoir supprimer ledit bouton. Par contre, cela pourrait apaiser une grogne qui augmente ; j’espère.

    Cordialement ; OlivierSC.

    Reply
  24. argoul

    Je viens de vous dénoncer comme mauvais citoyen, alors qu’une jurisprudence OBLIGATOIRE (sans nul doute) exige sous peine de FERMETURE du Monde (à Dieu ne plaise !) que des experts formés dans les meilleures universités enseignant le droit de la presse et la libre expression issue de la Déclaration des Droits de 1789, vigilisent et censurent à pleins clics.

    Dénoncez-moi aussi, nous serons quitte (oups ! j’ai oublié que la meilleure dénonciation doit être anonyme, si l’on en croit l’histoire récente – un demi-siècle, en gros).
    La semaine prochaine, je fais une note sur le sujet dans fugues & fougue.

    Reply
  25. sylvie

    époustouflante démonstration d’Enid, j’ai eu du mal à aller jusqu’au bout mais la fin le mérite.pour être sûre que cela en valait la peine j’ai « alerté » ton « hébergeur » pour ne pas qu’il rate cette démonstration. même pas drôle d’appuyer sur le bouton rouge!

    Reply
  26. La Vigilante

    A lire, un texte passionnant :

    • Armando Uribe, « Les mots de la loi »
    in Cahiers Confrontation nº 11, printemps 1984, p. 49-52, traduit de l’espagnol par Chantal Talagrand, Aubier-Montaigne, ISBN 2-7007-0359-6. / [061011]

    [Extraits : introduction / conclusion.]
    Il n’y a pas d’interprétation univoque de la loi.
    « Les juristes — selon Carrara — doivent nécessairement percevoir clairement le
    concept contenu dans chaque mot auquel se réfère une situation juridique donnée.» À l’obligation morale induite par cette nécessité s’ajoutent deux autres obligations qui ont pour but de répondre aux exigences de justice et de protection de l’homme : la première revêt un caractère légal et impératif, la seconde est d’ordre intellectuel et surtout psychologique. L’obligation de s’occuper des concepts soustendant les mots de la loi vient de la nature même de cette « déclaration manifeste de volonté » et des règles d’interprétation établies dans les prolégomènes des codes civils post-napoléoniens. Ces règles sont de fait corroborées par leur possibilité d’être appliquées au droit positif et par leur fondement sis dans les principes de la raison avancés par la majorité des législateurs.
    Selon ces principes, la première obligation concerne l’attention qui doit être portée au « contenu littéral » de la loi, c’est-à-dire sa lettre. La seconde, face à « l’expression obscure », consiste à recourir à l’intention ou à l’esprit manifeste. Les auteurs des codes civils peuvent ensuite se préoccuper du sens des « mots de la loi », sens qui se doit d’être évident et naturel en accord avec l’usage général et la signification légale des mots à définir expressément par le législateur.
    […]
    Une des façons de réaliser l’unité interne de la loi est sans conteste la concordance.
    Mais cette opération, grâce à laquelle divers concepts sont mis en relation,
    reste fréquemment attachée à un jugement arbitraire requérant de nombreuses
    explications pour soutenir ses assertions. Il nous faut aussi revendiquer parfois nos mots face aux tyrans qui toujours confisquent par la force nos paroles.
    Armando Uribe
    Traduit de l’espagnol
    par Chantal Talagrand »

    http://www.ihep.fr/docs/frdm/Armando-Uribe-Les-mots-de-la-loi.pdf

    Reply
  27. La Vigilante

    Pour référence à :
    Rédigé par: Enid | le 30 janvier 2008 à 11:51
    ( « Aussi je prends le parti, à mon tour, de livrer ici, sans rien y toucher – en cela, réponse à l’équipe du Monde.fr- le texte que j’ai écrit hier. »
    « C’est que je ne suis pas juriste moi ! » )
    Voir : «Les mots de la loi» , Armando Uribe.

    Reply
  28. Enid

    Suites au commentaire :
    Rédigé par: Alerter | le 28 janvier 2008 à 12:22|
    Pour notamment Communiqué n°19

    Et surtout, ne croyez pas que la problématique que nous offre Le Monde sur un plateau -de plate-forme de blogs- n’ait pas un lien quelconque avec ceci. On en trouvera plus d’un.

    grand meeting à la mutualité
    les 9 et 10 février
    Communiqué n°21
    Chers collègues, le Meeting à la Mutualité a été un grand succès. Par la participation : un public qui a dépassé les 1 300 personnes dès samedi après-midi. Par son déroulement : fluide, entrecoupé de discussions, aéré et amusé. Par son contenu : bien des idées stimulantes ont été échangées. Je dis ma gratitude à ceux qui ont compris l’importance du moment actuel et répondu à mon appel. Avec ce Meeting, et avec la parution de LNA 8, nos adversaires ont pu mesurer notre capacité de riposte et notre détermination. Nous poursuivrons dans cette voie. Bien à vous, Jacques-Alain Miller, le 11 février 2008
    http://forumpsy.blogspot.com/2008/02/communiqu-n21.html

    Programme du Grand Meeting
    http://forumpsy.blogspot.com/2008/02/programme-du-grand-meeting.html

    Samedi 9 et dimanche 10 février de 10 h à 13 h et de 15 h à 18 h
    “Une guerre idéologique oppose les quantificateurs, avec leur prétention croissante à régenter l’existence humaine dans tous ses aspects, et tous ceux qui ne plient pas devant la dictature des nombres. Le fanatisme du chiffre, ce n’est pas la science, c’en est la grimace.” J.-A. Miller
    avec
    Bernard-Henri Lévy, Philippe Sollers,
    Catherine Clément, Jean-Claude Milner,
    Christian Charrière-Bournazel, Gérard Miller,
    Jacques-Alain Miller et d’autres…
    Samedi matin
    10 h : Carole Dewambrechies,
    Ouverture
    10 h 15 : Jacques-Alain Miller,
    Ouverture 2
    10 h 30 : LNA-Rédaction,
    Que peut la psychanalyse dans le moment actuel ?
    11 h : Éric Laurent,
    Le calcul massif tue le sujet
    11 h 30 : Charrière-Bournazel,
    Vers une société de délation ?
    12 h : Milner,
    Les nouvelles sciences occultes
    Samedi après-midi
    15 h : Sollers,
    Un État de déliquescence
    16 h : Catherine Clément,
    La rigueur du savoir
    17 h : BHL,
    Nouvelles figures de l’obscurantisme
    Dimanche matin
    La folie évaluationniste, l’Université sadisée
    10 h – 13 h
    avec Alain Abelhauser, François Ansermet, Roland Gori, Jean-Claude Maleval, Philippe Meirieu, Isabelle This
    Dimanche après-midi
    15 h : Yves-Charles Zarka,
    Contre le cognitivisme
    15 h 30 : Vincent de Gaulejac,
    La politique contaminée par la gestion
    16 h : Michel Chauvière, Qualité, évaluation, bonnes pratiques : l’intervention sociale en grande difficulté politique
    16 h 30 : Christophe Deltombe,
    Vers un lien social solidaire
    17 h : Robert Hue,
    La politique devant le dogme de l’évaluation
    17 h 30 : Gérard Miller,
    Qui veut la peau de Sigmund Freud ?
    Inscription sur place : 60 € (étudiant 20 €)
    Maison de la Mutualité
    24, rue Saint-Victor Paris Ve

    Intervention de Robert Hue à la Mutualité
    http://forumpsy.blogspot.com/2008/02/robert-hue-paris-la-mutualit-snateur-le.html

    Robert HUE, Sénateur
    Président de la Fondation Gabriel Péri

    Paris, la Mutualité
    Le 10 févier 2008

    Mesdames, messieurs, chers amis,
    C’est avec grand plaisir que j’ai accepté l’invitation de Jacques-Alain Miller à participer à cette rencontre. Pour une raison simple : mon engagement politique rejoint votre discipline, depuis toujours, dans le souci de l’émancipation de l’homme, de sa « désaliénation ».
    Or, après une période faste d’extension des libertés individuelles, d’accroissement du niveau de vie général, de démocratisation de l’enseignement supérieur et de progrès de la protection sociale, cette émancipation est de plus en plus menacée, comme en témoignent notamment les attaques répétées contre l’enseignement de la psychanalyse au profit du cognitivisme.
    Cette remise en cause est éminemment politique. Elle l’est au sens large, c’est-à-dire d’un choix de société. À ce propos, j’ouvre une courte parenthèse pour évoquer la violente campagne de dénigrement de la psychanalyse à laquelle s’est livrée le Parti communiste durant la Guerre froide, au nom, précisément, d’un choix de société. Le rapport des communistes à cette discipline était, à la fois, de fascination et de répulsion, et surtout de malentendus.
    Le renouveau de la psychanalyse venait alors des États-Unis, où s’étaient exilés quelques-uns des grands théoriciens d’Europe, et son courant majoritaire proposait une interprétation particulière du plaisir, qui en faisait, selon lui, un facteur d’harmonie sociale. Les conflits de toutes sortes – entre époux, voisins, ouvriers et patrons – se voyaient ainsi réduits à une utilisation négative de l’agressivité, à un écart désagréable du moi, auxquels l’intervention du thérapeute allait mettre fin. Il n’en fallait pas plus pour stigmatiser la psychanalyse comme véhiculant des valeurs « paternalistes », « bourgeoises », et « individualistes » destinées à « anesthésier la lutte des classes ». L’intérêt de Louis Althusser pour la lecture lacanienne des théories de Freud mit heureusement fin à cette période, et le dialogue entre communistes et psychanalystes put reprendre.
    Jacques-Alain Miller a récemment déclaré, dans un entretien à Libération, que s’il lui fallait choisir entre l’évaluation et le marché, il préfèrerait encore le marché. Je serais tenté de dire qu’il aurait alors les deux. Le second ne va pas sans la première ; ils sont intimement, structurellement liés. La « culture du résultat » constitue désormais le quotidien des salariés – et même maintenant des ministres – : leur activité est jaugée en permanence, et de manière le plus souvent chiffrée. Les ressources humaines évaluent les compétences, les performances et le « potentiel » de chacun. Le marché capitaliste, en ce qu’il promeut et se soumet au primat du quantitatif, a besoin, entre autres, de cette évaluation pour maîtriser les hommes.
    La dernière phase de mutation du capitalisme, débutée dans les années soixante-dix, est désormais bien connue. La dénonciation de sa déconnexion de l’économie réelle, qui engendre quotidiennement tragédies sociales et souffrances multiples, est parfaitement fondée.
    Mais cette description demeure partielle. La financiarisation du capitalisme, au-delà du fonctionnement purement économique, a encore renforcé le poids de son « discours », au sens lacanien. Permettez que je cite à ce propos la tribune du psychanalyste Pierre Bruno dans L’Humanité du 14 avril 2001 : « Le discours capitaliste, au sens de Lacan, n’est pas une somme d’énoncés, mais un lien social – un rapport social, disons, pour le lecteur plus familier de Marx. Ce qui caractérise ce discours, et le singularise à l’égard de tout autre, est, dit Lacan en 1972, je cite, “d’exclure la castration”. Il fait ainsi accroire au prolétaire, dépouillé de tout, qu’il peut, grâce au fonctionnement du système, s’enrichir jusqu’à pouvoir jouir de tout. Un tel discours relève d’un impératif quasi sadien, affiché ou masqué : “Tu peux jouir de tout en écrasant ton semblable, sachant que ton semblable peut jouir de tout en t’écrasant…” ». Fin de citation.
    La logique quantificatrice est bien la logique même du capitalisme tel qu’il a évolué après la Seconde Guerre mondiale. Elle fonde tout à la fois une nouvelle conception de la production et de son pendant consommatoire.
    Au niveau de la production, à la différence du taylorisme, et pour reprendre les formules du jargon contemporain du « management », la « mobilisation de l’intelligence » et celle du « savoir-être », qui inclut les compétences comportementales et relationnelles, sont considérées comme des facteurs-clés du développement de la productivité. En référence aux sciences cognitives, l’intelligence est tenue pour un simple mécanisme de traitement de l’information à optimiser selon les besoins de l’entreprise. Les sensations, les sentiments, les valeurs, sont pris en compte dans cette même logique qui résume l’homme au travail à une mécanique qu’on pourrait maîtriser et manipuler à loisir. L’une des facettes de la mutation du capitalisme s’exprime dans sa tendance à réduire les individus à des producteurs, et ces producteurs à des machines dont les paramètres de gestion peuvent être totalement connus et maîtrisés. L’entretien psychologique dans le cadre d’un bilan de compétence est un parfait exemple de l’instrumentation des savoirs psy par le marché, en l’occurrence celui du travail.
    Mais la production croissante à l’infini s’étoufferait elle-même sans une consommation idoine. Le philosophe Bernard Stiegler a montré comment le capitalisme a progressivement pris en compte l’évaluation et la canalisation des affects pour soutenir, voire augmenter la consommation de biens. Il décrit ainsi concrètement le fonctionnement du discours du capitaliste tel que Lacan l’avait formalisé : « Aujourd’hui, dans les sociétés de modulation que sont les sociétés de contrôle, les armes esthétiques sont devenues essentielles : il s’agit de contrôler ces technologies de l’esthétique que sont par exemple l’audiovisuel ou le numérique, et, à travers ce contrôle des technologies, il s’agit de contrôler les temps de conscience et d’inconscience des corps et des âmes qui les habitent. ».
    L’efficacité des techniques quantificatives pour gérer nos flux psychiques aboutit ainsi à une situation digne du Meilleur des Mondes : ceux dont l’exploitation fonde le système ne le pérennisent pas seulement en tant que producteurs, mais aussi en tant que consommateurs aux désirs suggérés qui en deviennent les promoteurs inconscients. Voilà la socialité qu’est en train de construire le dogme de l’évaluation : une sorte de nouvelle servitude volontaire, fièrement proclamée par le slogan de Nicolas Sarkozy, « travailler plus pour gagner plus » auquel on pourrait ajouter, dans un souci de véracité, « pour consommer plus ».
    Si, en tant qu’idéologie dominante, « l’esprit du capitalisme a en principe la capacité de pénétrer l’ensemble des représentations mentales propres à une époque donnée, d’infiltrer les discours politiques et syndicaux, de fournir des représentations légitimes et des schémas de pensée aux journalistes et aux chercheurs, si bien que sa présence est à la fois diffuse et générale », comme l’écrivent avec raison les sociologues Luc Boltanski et Eve Chiapello, la résistance dans laquelle, vous, psychanalystes, êtes entrés voilà deux ans a toutes les chances, à mon avis, de durer.
    Pour contrer cette hégémonie qui infiltre tout et ouvrir d’autres perspectives que la généralisation de cette « culture de l’évaluation », de ce « nouvel esprit du capitalisme », il faut que psychanalystes et politiques progressistes prennent conscience de la convergence de leurs combats. À ce titre, peut-être serait-il profitable de réfléchir sur la place de la psychanalyse dans le dispositif de santé publique, afin d’en élargir l’accès au plus grand nombre. Car la souffrance psychique concerne l’ensemble des couches sociales, et les plus fragiles sont aussi les plus touchées par les transformations du monde du travail et les nouvelles techniques de marketing que j’évoquais à l’instant.
    Convergence de combat, disais-je, mais aussi de sujet, puisque comme l’écrit Jean-Claude Milner dans son Lacan et la science moderne, je cite : « Le sujet de la psychanalyse est le sujet forclos de la science », c’est-à-dire le sujet qui échappe par essence à l’action de la science, et en particulier à cette grimace de science qu’est la culture de l’évaluation. Ce sujet, c’est, en des mots simples, l’être de l’être humain, l’humanité de l’humain. C’est donc aussi le sujet d’une politique de progrès, et c’est pourquoi vous pouvez, dans votre lutte contre cette culture de l’évaluation, contre ce qu’elle sert, compter sur le progressiste que je suis.

    Reply
  29. Enid

    Suites au commentaire :
    Rédigé par: Alerter | le 28 janvier 2008 à 12:22|
    Pour notamment Communiqué n°19

    Et surtout, ne croyez pas que la problématique que nous offre Le Monde sur un plateau -de plate-forme de blogs- n’ait pas un lien quelconque avec ceci. On en trouvera plus d’un.

    grand meeting à la mutualité
    les 9 et 10 février
    Communiqué n°21
    Chers collègues, le Meeting à la Mutualité a été un grand succès. Par la participation : un public qui a dépassé les 1 300 personnes dès samedi après-midi. Par son déroulement : fluide, entrecoupé de discussions, aéré et amusé. Par son contenu : bien des idées stimulantes ont été échangées. Je dis ma gratitude à ceux qui ont compris l’importance du moment actuel et répondu à mon appel. Avec ce Meeting, et avec la parution de LNA 8, nos adversaires ont pu mesurer notre capacité de riposte et notre détermination. Nous poursuivrons dans cette voie. Bien à vous, Jacques-Alain Miller, le 11 février 2008
    http://forumpsy.blogspot.com/2008/02/communiqu-n21.html

    Programme du Grand Meeting
    http://forumpsy.blogspot.com/2008/02/programme-du-grand-meeting.html

    Samedi 9 et dimanche 10 février de 10 h à 13 h et de 15 h à 18 h
    “Une guerre idéologique oppose les quantificateurs, avec leur prétention croissante à régenter l’existence humaine dans tous ses aspects, et tous ceux qui ne plient pas devant la dictature des nombres. Le fanatisme du chiffre, ce n’est pas la science, c’en est la grimace.” J.-A. Miller
    avec
    Bernard-Henri Lévy, Philippe Sollers, Catherine Clément, Jean-Claude Milner, Christian Charrière-Bournazel, Gérard Miller, Jacques-Alain Miller et d’autres…

    Samedi matin
    10 h : Carole Dewambrechies, Ouverture
    10 h 15 : Jacques-Alain Miller, Ouverture 2
    10 h 30 : LNA-Rédaction, Que peut la psychanalyse dans le moment actuel ?
    11 h : Éric Laurent, Le calcul massif tue le sujet
    11 h 30 : Charrière-Bournazel, Vers une société de délation ?
    12 h : Milner, Les nouvelles sciences occultes
    Samedi après-midi
    15 h : Sollers, Un État de déliquescence
    16 h : Catherine Clément, La rigueur du savoir
    17 h : BHL, Nouvelles figures de l’obscurantisme

    Dimanche matin
    La folie évaluationniste, l’Université sadisée
    10 h – 13 h
    avec Alain Abelhauser, François Ansermet, Roland Gori, Jean-Claude Maleval, Philippe Meirieu, Isabelle This
    Dimanche après-midi
    15 h : Yves-Charles Zarka, Contre le cognitivisme
    15 h 30 : Vincent de Gaulejac, La politique contaminée par la gestion
    16 h : Michel Chauvière, Qualité, évaluation, bonnes pratiques : l’intervention sociale en grande difficulté politique
    16 h 30 : Christophe Deltombe, Vers un lien social solidaire
    17 h : Robert Hue, La politique devant le dogme de l’évaluation
    17 h 30 : Gérard Miller, Qui veut la peau de Sigmund Freud ?

    Inscription sur place : 60 € (étudiant 20 €)
    Maison de la Mutualité  24, rue Saint-Victor Paris Ve

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  30. Enid

    Suites au commentaire :
    Rédigé par: Alerter | le 28 janvier 2008 à 12:22|
    Pour notamment Communiqué n°19

    Et surtout, ne croyez pas que la problématique que nous offre Le Monde sur un plateau -de plate-forme de blogs- n’ait pas un lien quelconque avec ceci. On en trouvera plus d’un.

    Intervention de Robert Hue à la Mutualité
    http://forumpsy.blogspot.com/2008/02/robert-hue-paris-la-mutualit-snateur-le.html

    Robert HUE, Sénateur
    Président de la Fondation Gabriel Péri

    Paris, la Mutualité
    Le 10 févier 2008

    Mesdames, messieurs, chers amis,
    C’est avec grand plaisir que j’ai accepté l’invitation de Jacques-Alain Miller à participer à cette rencontre. Pour une raison simple : mon engagement politique rejoint votre discipline, depuis toujours, dans le souci de l’émancipation de l’homme, de sa « désaliénation ».
    Or, après une période faste d’extension des libertés individuelles, d’accroissement du niveau de vie général, de démocratisation de l’enseignement supérieur et de progrès de la protection sociale, cette émancipation est de plus en plus menacée, comme en témoignent notamment les attaques répétées contre l’enseignement de la psychanalyse au profit du cognitivisme.
    Cette remise en cause est éminemment politique. Elle l’est au sens large, c’est-à-dire d’un choix de société. À ce propos, j’ouvre une courte parenthèse pour évoquer la violente campagne de dénigrement de la psychanalyse à laquelle s’est livrée le Parti communiste durant la Guerre froide, au nom, précisément, d’un choix de société. Le rapport des communistes à cette discipline était, à la fois, de fascination et de répulsion, et surtout de malentendus.
    Le renouveau de la psychanalyse venait alors des États-Unis, où s’étaient exilés quelques-uns des grands théoriciens d’Europe, et son courant majoritaire proposait une interprétation particulière du plaisir, qui en faisait, selon lui, un facteur d’harmonie sociale. Les conflits de toutes sortes – entre époux, voisins, ouvriers et patrons – se voyaient ainsi réduits à une utilisation négative de l’agressivité, à un écart désagréable du moi, auxquels l’intervention du thérapeute allait mettre fin. Il n’en fallait pas plus pour stigmatiser la psychanalyse comme véhiculant des valeurs « paternalistes », « bourgeoises », et « individualistes » destinées à « anesthésier la lutte des classes ». L’intérêt de Louis Althusser pour la lecture lacanienne des théories de Freud mit heureusement fin à cette période, et le dialogue entre communistes et psychanalystes put reprendre.
    Jacques-Alain Miller a récemment déclaré, dans un entretien à Libération, que s’il lui fallait choisir entre l’évaluation et le marché, il préfèrerait encore le marché. Je serais tenté de dire qu’il aurait alors les deux. Le second ne va pas sans la première ; ils sont intimement, structurellement liés. La « culture du résultat » constitue désormais le quotidien des salariés – et même maintenant des ministres – : leur activité est jaugée en permanence, et de manière le plus souvent chiffrée. Les ressources humaines évaluent les compétences, les performances et le « potentiel » de chacun. Le marché capitaliste, en ce qu’il promeut et se soumet au primat du quantitatif, a besoin, entre autres, de cette évaluation pour maîtriser les hommes.
    La dernière phase de mutation du capitalisme, débutée dans les années soixante-dix, est désormais bien connue. La dénonciation de sa déconnexion de l’économie réelle, qui engendre quotidiennement tragédies sociales et souffrances multiples, est parfaitement fondée.
    Mais cette description demeure partielle. La financiarisation du capitalisme, au-delà du fonctionnement purement économique, a encore renforcé le poids de son « discours », au sens lacanien. Permettez que je cite à ce propos la tribune du psychanalyste Pierre Bruno dans L’Humanité du 14 avril 2001 : « Le discours capitaliste, au sens de Lacan, n’est pas une somme d’énoncés, mais un lien social – un rapport social, disons, pour le lecteur plus familier de Marx. Ce qui caractérise ce discours, et le singularise à l’égard de tout autre, est, dit Lacan en 1972, je cite, “d’exclure la castration”. Il fait ainsi accroire au prolétaire, dépouillé de tout, qu’il peut, grâce au fonctionnement du système, s’enrichir jusqu’à pouvoir jouir de tout. Un tel discours relève d’un impératif quasi sadien, affiché ou masqué : “Tu peux jouir de tout en écrasant ton semblable, sachant que ton semblable peut jouir de tout en t’écrasant…” ». Fin de citation.
    La logique quantificatrice est bien la logique même du capitalisme tel qu’il a évolué après la Seconde Guerre mondiale. Elle fonde tout à la fois une nouvelle conception de la production et de son pendant consommatoire.
    Au niveau de la production, à la différence du taylorisme, et pour reprendre les formules du jargon contemporain du « management », la « mobilisation de l’intelligence » et celle du « savoir-être », qui inclut les compétences comportementales et relationnelles, sont considérées comme des facteurs-clés du développement de la productivité. En référence aux sciences cognitives, l’intelligence est tenue pour un simple mécanisme de traitement de l’information à optimiser selon les besoins de l’entreprise. Les sensations, les sentiments, les valeurs, sont pris en compte dans cette même logique qui résume l’homme au travail à une mécanique qu’on pourrait maîtriser et manipuler à loisir. L’une des facettes de la mutation du capitalisme s’exprime dans sa tendance à réduire les individus à des producteurs, et ces producteurs à des machines dont les paramètres de gestion peuvent être totalement connus et maîtrisés. L’entretien psychologique dans le cadre d’un bilan de compétence est un parfait exemple de l’instrumentation des savoirs psy par le marché, en l’occurrence celui du travail.
    Mais la production croissante à l’infini s’étoufferait elle-même sans une consommation idoine. Le philosophe Bernard Stiegler a montré comment le capitalisme a progressivement pris en compte l’évaluation et la canalisation des affects pour soutenir, voire augmenter la consommation de biens. Il décrit ainsi concrètement le fonctionnement du discours du capitaliste tel que Lacan l’avait formalisé : « Aujourd’hui, dans les sociétés de modulation que sont les sociétés de contrôle, les armes esthétiques sont devenues essentielles : il s’agit de contrôler ces technologies de l’esthétique que sont par exemple l’audiovisuel ou le numérique, et, à travers ce contrôle des technologies, il s’agit de contrôler les temps de conscience et d’inconscience des corps et des âmes qui les habitent. ».
    L’efficacité des techniques quantificatives pour gérer nos flux psychiques aboutit ainsi à une situation digne du Meilleur des Mondes : ceux dont l’exploitation fonde le système ne le pérennisent pas seulement en tant que producteurs, mais aussi en tant que consommateurs aux désirs suggérés qui en deviennent les promoteurs inconscients. Voilà la socialité qu’est en train de construire le dogme de l’évaluation : une sorte de nouvelle servitude volontaire, fièrement proclamée par le slogan de Nicolas Sarkozy, « travailler plus pour gagner plus » auquel on pourrait ajouter, dans un souci de véracité, « pour consommer plus ».
    Si, en tant qu’idéologie dominante, « l’esprit du capitalisme a en principe la capacité de pénétrer l’ensemble des représentations mentales propres à une époque donnée, d’infiltrer les discours politiques et syndicaux, de fournir des représentations légitimes et des schémas de pensée aux journalistes et aux chercheurs, si bien que sa présence est à la fois diffuse et générale », comme l’écrivent avec raison les sociologues Luc Boltanski et Eve Chiapello, la résistance dans laquelle, vous, psychanalystes, êtes entrés voilà deux ans a toutes les chances, à mon avis, de durer.
    Pour contrer cette hégémonie qui infiltre tout et ouvrir d’autres perspectives que la généralisation de cette « culture de l’évaluation », de ce « nouvel esprit du capitalisme », il faut que psychanalystes et politiques progressistes prennent conscience de la convergence de leurs combats. À ce titre, peut-être serait-il profitable de réfléchir sur la place de la psychanalyse dans le dispositif de santé publique, afin d’en élargir l’accès au plus grand nombre. Car la souffrance psychique concerne l’ensemble des couches sociales, et les plus fragiles sont aussi les plus touchées par les transformations du monde du travail et les nouvelles techniques de marketing que j’évoquais à l’instant.
    Convergence de combat, disais-je, mais aussi de sujet, puisque comme l’écrit Jean-Claude Milner dans son Lacan et la science moderne, je cite : « Le sujet de la psychanalyse est le sujet forclos de la science », c’est-à-dire le sujet qui échappe par essence à l’action de la science, et en particulier à cette grimace de science qu’est la culture de l’évaluation. Ce sujet, c’est, en des mots simples, l’être de l’être humain, l’humanité de l’humain. C’est donc aussi le sujet d’une politique de progrès, et c’est pourquoi vous pouvez, dans votre lutte contre cette culture de l’évaluation, contre ce qu’elle sert, compter sur le progressiste que je suis.

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