Pain azyme, Matzos & Cie

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P E S S A H ~ 15 de Nisan

matzos.jpgAujourd’hui c’est le 9 de Pâques. Auprès de son arbre, l’oiseau des îles a pondu un  oeuf . Pâques ou Pessa’h . Civilisation judéo-chrétienne.  Mes ancêtres contrairement aux goys n’ont pas reconnu  Messie le  fils de Joseph de Nazareth, crucifié 33 ans après lui-même par P.P.P. (Pierre-Ponce Pilate).

Certains venus avec Abraham des plaines de Mésopotamie entre le Tigre et  l’Euphrate, d’autres quittant l’Egypte avec  Moïse, ont formé le peuple juif. Moïse « le sauvé des eaux » non pour avoir franchi la Mer Rouge, mais parce que trouvé dans un berceau sur les eaux du Nil.  Moïse : un scribe imprégné comme Joseph, du monothéisme des pharaons. Pessah : la geste du passage hors d’Egypte. Dans la Torah ( la bible des israélites) les dix commandements sont restés fameux . Le reste c’est du détail.

 Grand-père Joseph mangeait du pain Azyme à Pessah.

 

Il ne lisait pas la Bible et ne fréquentait pas la syngagogue, il conservait la tradition des « Matzos » à Pessah. Celles de chez Rosinski… Nous  (les juifs ashkénazes français)  mangeons toujours à Pessah des matzos de chez Rosinski, en souvenir de la fuite d’Egypte. Pendant l’éxode le pain était cuit sans levain ( Azyme) . Chez les goyims le rituel traditionnel, c’est l’oeuf en chocolat à Pâques et Y’a bon Banania toute l’année au petit déjeuner.

Chaque communauté dans le terroir de sa culture, se régale d’ un ou deux plats de référence. Cherchez-bien, ça va vite venir vite vos deux ou trois plats de famille préférés …  Pour ce qui me concerne, l’habitus de toute ma judéité est circonsise dans le pain azyme et l’absence de sapin à Noël. La fête de famille c’était le 1er Janvier, un rituel de passage du temps, comme Pessah.

Chaque jour grand-père lisait  «  Le meilleur des Mondes »  et tous les mois Science et Vie. Il bricolait plus qu’il ne lisait. Son livre de chevet c’était « L’ami Fritz » d’Erckmann-Chatrian et l’Alsace qu’Alfred son père avait quitté à vingt ans lors de l’invasion  allemande de 1870… 

Il était venu tenter sa chance dans la capitale, rejoint par ses deux soeurs qui resteront vieilles filles … Comptable dans la Sté. des eaux de Botton, son seul fils c’est mon grand père né en 1892 qui lui-même eut trois enfants puis sept petits- fils. Rien que des garçons. The flowers are blooming …

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TRANCHES D’HISTOIRE FAMILIALE

« Auprès de mon Arbre « 

Je suis d’une famille juive qui gagnait son pain quotidien comme Srorehandler (marchands de tissus) . Dans la région de Mulhouse mon ancêtre  Félix colportait  dans les plaines d’Alsace, entre Altkirch et Durmenach, son baluchon sur le dos dans les années 1750.  La fleur se dit Blum sous l’ancien Régime dans l’Empire romain germanique. C’est sous ce nom que mes ancêtres obtinrent  la pleine citoyenneté  française avec Napoléon .

 En 1807 le grand Rabbin d’Alsace déclara satisfait :

« Béni soit à jamais le Seigneur Dieu d’Israël, qui a placé sur le trône de France, un prince selon son cœur. Dieu a vu l’abaissement des descendants de Jacob et a choisi Napoléon le Grand pour être l’instrument de sa miséricorde. À l’ombre de son nom, la sécurité est rentrée dans nos cœurs et nous pouvons désormais bâtir, ensemencer, moissonner, cultiver les sciences humaines, appartenir à la grande famille de l’État, le servir et nous glorifier de ses nobles destinées. ».

 Citoyen du Monde, cultivant les sciences humaines, je sais que dans la Caraïbe du côté de l’ancienne Perle des Antilles, les jacobins noirs n’ont pas conservé le même jugement sur Napoléon.  Le crime de Napoléon – Entretien avec Claude Ribbe.

 

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Dans les années 1850, la famille a pignon sur rue en boutique à Mulhouse et se fait tirer le portrait par Jean Jacques Henner, un ami peintre témoin de leur mariage, qui deviendra Prix de Rome. Une image d’avant la photographie, une peinture sur bois qui témoigne, comme les eaux fortes d’Alphonse Levy  sur la vie juive alsacienne.

matzos.jpgLes plaques de verres stéréoscopiques et les photos  argentiques du  grand-père viendront enflammer l’imagination d’une mémoire d’un temps d’avant ma naisssance. Pour les instants d’années, les pages de l’album de famille  effeuillent leurs pétales  sépia du temps passé. Une famille de photographes.The flowers are blooming.

Je suis originaire d’une famille de petits commerçants  israélites parisiens venus d’Alsace où nous avons été intégrés à la France il y a deux cents ans en 1807 par Napoléon.

Une famille assimilée depuis aux idées républicaines et laïques, ayant abandonné la pratique religieuse, ayant globalement ( sauf deux oncles et une tante) survécu à la « furheur » des Nazis.

Nul ne choisit sa famille, mais chacun peut la définir et trouver au fonds de lui-même le lien, le fil d’Arianne dont nous héritons tous. Une fois  son cordon ombilical coupé, chaque jeune bipède alimenté au lait du sein de sa mère, posera ses pieds vers douze mois,  puis le rythme de notre pas, sage sur la Terre s’achèvera le jour de la fin de notre contrat à durée déterminée.

Nous sommes restés fidèles  depuis 1929  aux  pain azyme de chez Rosinski. Chaque Dimanche soir, revenant des sorties avec les  éclaireurs, j’écrasais les matzos dans un bol avant de verser du café au lait par-dessus !   Pour d’autre français, c’était Y’a bon Banania.

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 Mon Gd père à 8 ans ci-dessus et son père à 63 ans ci-dessous

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1923 Ma grand mère a 28 ans

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Maurice et Alfred. Roulez jeunesse !

 

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 Patrimoine familial de plaques de verre stéréoscopiques ( avant l’invention du  film argentique)  conservé par mon cousin joMal et numérisées pour Internet, à chacun son régal. Toutes les images du grand-père sont des auto-portraits qu’il cadrait préalablement  sur  trépied,  avec déclenchement par retardateur. Il importait des  tissus précieux de Chine, de la soie et du Shantung pour ses clients des ateliers de fabrique du Sentier.

Excellent bricoleur, il limait le bout des plaques de métal  » pour que les mouches  ne se fassent pas mal aux pattes ». Un perfectionniste. Au service des transmissions pendant la guerre de 14-18, il est  rappelé comme « spécialiste -indispensable » pour une nouvelle guerre en 1939 …

Une sélection d’images de 1914-18 se trouve dans « Mes galeries » sur la colonne de gauche.

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3 thoughts on “Pain azyme, Matzos & Cie

  1. alfred

    C’est l’univers des images dans la famille inventive. Heureux celui qui a lu le livre du Juif Abraham, même si ce n’est pas sur la pierre philosophale mais des recherches sur monsieur Bourdieu que je faisais en arrivant sur ce blog. Bonne continuation.

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