ESSAi D’AUTO BiOGRAPHiE

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20.820 jours on earth

Ci-contre photo de naissance Mercredi 22 Nov. 1950 , il y a 57 ans.

Voici l’histoire d’une Tête de pipe ayant   déjà consommé  20.820 jours au compteur de l’existence. Se distinguent des cycles de 12 années, biographiquement identifiables. Cheminer sa vie, garder la mémoire des malheurs et des traumatismes pour les surmonter, tirer les leçons des expériences heureuses. Valoriser la cohérence de l’accumulation des savoirs-faire.

Tenir son fil d’Ariane dans les dédales du labyrinthe. La non-violence et l’amiable négociation ont toujours guidé mes pas aux moments critiques.

Dominant / Dominé, deux conditions sociales dont l’antagonisme pousse la roue de l’Histoire. A la rencontre du troisième type, une ambition : être un Homme libre. Vivre simplement sans but lucratif personnel, telle est ma sagesse pour comprendre et servir mes frères humains.

Retrouver le goût du bonheur en rassemblant les pièces d’un puzzle, dispersées par les tourbillons de la vie. « L’homme est un apprenti, la douleur est son maître » dit Alfred de Musset  » et nul ne se connait tant qu’il n’a pas souffert. » Chacun sa méthode pour rester lucide et cohérent avec sa légende personnelle, j’ai trouvé la mienne et je suis synchrone.

Notre destinée, la joie et la souffrance ne sont pas dues au hasard, ni à la volonté d’un quelconque Dieu tout puissant. Notre futur individuel est déterminé par les seules qualités positives ou négatives de nos actes personnels. C’est nous qui créons notre destinée.

Mon nom de famille c’est fleur en allemand. D’une génération l’autre, the flowers are blooming.   Patronyme bucolique fleurissant les synagogues ashkénazes. En 1689, dans les plaines d’Alsace le long du Rhin, un siècle avant la révolution française mon aïeul Abraham Blum von Durmenach – le père la fleur de ma multitude- colportait ses marchandises de hameaux en villages. Dos courbé sous le poids de la besace, il souriait quand passaient les cigognes. Connaître les racines de son arbre généalogique. Relier son fil d’Ariane familial à l’Histoire, celle avec une grande Hache majuscule.

 1870 : invasion allemande en Alsace, la plupart des juifs optent pour la France. Alfred Blum avait 20 ans. Il quitte Mulhouse pour Paris où il fut comptable. Joseph son fils unique (mon grand-père) essaimera deux fils, une fille et sept petits-fils, rien que des garçons, dont ma bille.

Conçu dans l’amour, à la roulette des 365 cases je suis sorti à la Ste Cécile, un mercredi 22 novembre. Suçant le sein de ma mère, le lait de mamelle ne fut point longtemps servi: Tété mignon

Mon père avait abandonné ses rêves de vingt ans pour les loisirs et  la culture de la jeunesse définis par le Conseil National de la Résistance. Aux éclaireurs de Franve, avec mon cadet nous avons bénéficié de son expérience acquise en Auberge de Jeunesse et aux Francs Camarades.

1950, dans le nid d’amour, au petit rez de chaussé du square de Gascogne à la Porte de Montreuil, trois bouches à nourrir… Cinq jours sur sept il parcourt le Nord de la France, vendant ses  montres  marquées JoMal aux horlogers-bijoutiers.

Il deviendra sédentaire, biscotte mal de dos à trop conduire. Précurseur et autodidacte ingénieux, avant l’heure des montres à quartz, il ausculte le cœur des mouvements horlogers.
Quatre années avant sa mort, il invente un appareil optique d’étalonnage électronique à ultrasons, réglant l’échappement au 1/1000 de seconde. 50 années plus tard : surprise, un synchro comparateur joMal est passé sur Ebay.

Douze années d’enfance heureuse puis soudain sa mort imprévue, pendant son sommeil, discrète et légère, sans douleur et sans bruit. Trois jours avant Noël, son cœur d’horloger a cessé de battre en 1962. Un défaut d’échappement du côté de l’aorte.

Orphelin a 12 ans. Fin du premier cycle.

Drame précoce avec résilience

Tige paternelle rompue, mère effondrée, j’ai pris greffe sur la branche de Joseph, mon grand-père paternel. La sève de sa tendre affection protectrice m’accueillait chaque jeudi dans un  appartement haussmanien de la rue Réaumur, au 5° étage avec balcon  face au Musée des Arts & Métiers.

Il disait Moïshe en parlant de son fils mort avant lui ( Maurice avait 39 ans) . Grand-père disait  : « jeux de mains jeux de vilains ». L’interdiction mosaïque «Tu ne tueras point » Nos grands parents ont  des maximes d’expériences, des règles de conduite dont nous gardons longtemps le souvenir, comme modèle positif . C’est ainsi que je suis devenu non-violent.

1914-18 (la der des der) à 24 ans il pianotait en morse: Ti-Ta-Tit ! Fût rappelé pour la suivante en 1939 à 47 ans es qualité de « Spécialiste des communications, indispensable pour l’armée française ».
Son métier ? Tuchhändler comme ses ancêtres. Import-Export de tissus de Chine pour les fabricants juifs du quartier du Sentier.

Grand-père joMal fabriquait lui-même ses télescopes polissant de grosses lentilles pour se rapprocher des cratères lunaires.

Il m’enseigna le développement, l’agrandissement et le tirage sur papier. J’achetais les poudres chimiques  Bd Sébastopol à la pharmacie Canonne face à un ”Monoprix-Saloperie“ d’où je devais lui ramener du kiosque à journaux « le meilleur des Mondes » .
Il me confia  le regret de sa jeunesse , dans le secret de la chambre noire. « Quand j’avais vingt ans, je voulais être photographe. Mes parents ont refusé : un métier de saltimbanque… » Injonction pour monter à sa place sur le tramway nommé désir. Dans saltimbanque il y a Banque !?

Lui ressemblant comme deux gouttes d’eau et grandissant vite, l’orphelin  a positivement enfilé les habits de son père, pour voler de ses propres ailes, celles d’un « Jabiru Spontané ». Jabiru, c’est mon nom de baptême, acquis à 15 ans, dans les Alpes, une nuit de pleine Lune. Tradition indienne, rituel de totemisation des Eclaireurs. Certains sont Bison futé, Œil de Lynx,  du Sagittaire ou de l’année du Tigre. Je suis  totémisé ” Jabiru spontané” , cousin des marabouts africains et des cigognes d’alsace . Scout un jour, scout toujours !

Jabiru, un  nom Guarani. On le trouve en Amérique Latine, ainsi qu’en Australie et …sur son scooter à Babel St Martin.

Spontané, je le suis resté c’est ma nature. Cultivant l’authenticité du connais-toi toi-même, du parler vrai, poussant la curiosité dans les chemins de traverse et les sens interdits. Défier la routine, l’audace trace la route. L’aventure au coin de la rue.

A l’âge adulte, je continue d’appliquer la devise des Louveteaux « Mieux, nous ferons de notre mieux » . Tutoiement de la voix intérieure, cette volonté qui te pousse et mobilise ton élan vital: « Tu peux mieux faire » !

Mariage à 24 ans. Commence le troisième cycle de ma vie. Bonheur de construire une famille.

On s’est rencontré sous le Vésuve au Lupanar de Pompéi. Je fus fidèle à cette polyglotte parlant anglais, russe, espagnol, finlandais, allemand. Traductrice dans une joint-venture franco-soviétique. La mère de mes deux fils est un mélange volcanique de sang vendéen, lorrain et espagnol qui lui donne la bougeotte, l’amour des hommes et des chats !

Je défendais la classe ouvrière devant les tribunaux du travail. On passait des Samizdats dans nos valises en revenant de Moscou. On aimait voyager à travers l’Europe. On accueillait des réfugiés politiques russes et chiliens.

Puis, chef du personnel dans une ONG catholique adoptant la théologie de la Libération, j’y recrute et gère les “ressources humaines” planifiant les transferts des chargés de mission dans les pays du Sud, côtoyant les reporters photographes en mission.

Dans l’histoire d’une vie, chacun d’entre-nous n’a qu’un seul problème principal à résoudre: celui qui donne sens à son existence et impose un style à ses relations.

Ma blonde est partie. Le malheur bégaie. Nouvelle rupture du lien père/fils. Mon aîné a onze ans, et le cadet de mes soucis en a six. Divorce : ils partent avec leur mère en Finlande. Ça fait rire les enfants ( ça dure jamais longtemps) de voir le vrai père Noël dans la neige de Laponie. Crémoé, crémoé pas, les WE alternés entre Paris et Helsinki ça fait plus rire personne !

Divorce à 36 ans, un cycle de douze années se termine. Adepte du non conformisme, j’abandonne la petite lucarne et deviens cathodique non-pratiquant.

Pour fêter ce nouveau statut de cadre célibataire dynamique « Just Divorced » par consentement mutuel le 4° cycle de ma vie commence en 1986 par une année sabbatique. Reprendre souffle. Abandon du cinq pièces, lisière  Bois de Boulogne, pour studio sous les toits de Paris à St Germain des Prés rue Jacob.

VRP sponsorisé par la Sadique. Voyageur Romantique Polygame je pointe dans les villages du Club Med.  Pour l’entretien des neurones, j’enseigne le droit social et le management des ressources humaines aux futurs ingénieurs du Cnam et en écoles de Commerce. Fin d’année sabbatique, retour au struggle for life chez le leader français des cabinets de Conseils Juridiques et Fiscaux .

Grand père regardait la Lune, son fils auscultait le cœur des montres. Juriste et pyscho-sociologue de formation, j’observe celui des salariés du secteur économique concurrentiel. Dans le Nord de la France, mes amis d’Arras sont notables, pas des bidasses. Ma maison jouxte celle de Robespierre. Au Club de la Table Ronde, je suis L.g.d.c. non-point « Le génie du conseil » mais « Le grand différent cultivé ».

Au terme de six années polygamiques, je rencontre une femme divorcée intelligente, sportive et combative, qui désire enfiler la bague au doigt. Son époux a quitté la direction financière de la Géode à la Cité des Sciences de la Villette, au profit des Compagnons d’Emmaüs chez l’Abbé Pierre.  Corbeille de mariage chez Nouvelles Frontières et lune de miel à Pékin. Difficile d’arriver à pied par la Chine …

Fille aînée d’une famille nombreuse catholique d’ingénieurs et directeurs d’usines du Nord de la France, le statut du garçon manqué flétrit son anima et gonfle son animus. Elle accompagne des projets départementaux de développement économique et accepte d’élever nos enfants respectifs sans télévision.
J’entraîne les dirigeants au management, à la dynamique de groupe et à la communication inter-personnelle. Je recrute les cadres. Au guichet des ressources humaines, je suis influencé par les idées de l’école américaine de Palo Alto.Conseil juridique en mission commando spécialisé Droit social, le gros du quotidien de mes années 90, c’est tailleur sur mesure Hommes/Femmes pour remplir des charettes de licenciements collectifs, les ressources humaines inutiles aux délocalisations. Les fusions-absorptions et la robotisation numérique  suppriment les emplois ouvriers, sous la gourmandise du capitalisme financier dominant.

Remplaçer les hommes par des robots-machines… Comment être heureux en fabriquant des plans sociaux ? Avant de quitter l’Hexagone,  j’ai publié une monographie sur la mutation du travail ( Evolution de la population active de l’Aisne 1962- 1995). Constat: la montée de l’ascenseur social est stoppée, faisant place à l’écoulement vers le fond du sablier.

Désespérance de la mise en quarantaine de mes aspirations profondes. Etre ou avoir ? J’ai quitté ma seconde femme refusant d’accueillir correctement mon fils, le cadet de mes soucis . Je ne serais pas son bâton de vieillesse. Second divorce. Bis repetita.

 Inhibition de l’action. Sans le bonheur, l’argent ne fait pas la richesse.

J’ai rejoins les îles à 48 ans. Va s’ouvrir un 5° cycle. L’éloge de la fuite, pour changer sa vie et vivre ses rêves.

Années de méditations, loin du stress épuisant des mégapoles polluées aux métros remplis de noyés, loin de la mal-bouffe, du brouhaha . Les îles tropicales sont un refuge, un oasis pour essayer de changer et poétiser sa vie. André Malraux souligne que « Les rêves ne sont pas faits pour être pensés, mais pour être vécus. » Un conseil que j’applique avec celui d’Henri Bergson « Agir en homme de pensée et penser en homme d’action ».

Sur mon île confetti pas plus grande que Paris, une centaine de nationalités se partagent le manteau de Babel St Martin. Les frontières sont dans nos têtes. Small is beautiful.

Funambule éveillé se nourrissant de doutes et  paradoxes, le jeu social consiste à changer de paradigme. Remplacer le temps de travail contraint par des occupations. Des passions qui occupent. Pari audacieux. Tenir bon, dompter l’impatience et les moments de désespérance. Sur le fil, l’équilibre dépend de la balance financière. J’ai trouvé dans l’échange la voie du plaisir gratuit par les trocs de l’amitié et de l’entraide. La « jollification » de l’existence et la pratique du don contre-don. Dans les îles, entretenu par les temps d’autosubsistance et la solidarité après cyclonique, le troc a encore des adeptes.

Équilibriste, voyageant sur le fil des pratiques culturelles,  mes outils sont peu nombreux. Des livres essentiels, un hamac, une plume et un oeil numérique. L’oiseau des îles pond ses œufs, déploye ses ailes ,  alimente son corps et son esprit avec des produits naturels du Terroir Tropical : des racines de Gingembre, de l’herbe , du poisson et des fruits.

Au cœur de l’île, le Pic Paradis culmine à 420 mètres. Plus haut que la Tour Eiffel, le panorama est grandiose. Pas de boulevards périphériques, juste une trentaine de plages de sable fin. En bas la Belle Plaine de mon village, le Quartier d’Orléans.

S’y ouvre l’utopie de la démocratie participative et le défi du développement durable respectueux de la beauté insulaire.

Le jour du Shabbat, j’écoute monter les chants du Gospel d’un peuple dont les ancêtres Africains ont été vendus par leurs chefs, enchaînés dans les cales des bateaux négriers des commerçants européens, sous la bénédiction et l’estampille du Vatican, signataire du Code noir de l’Esclavage. Le bois d’Ebène simple marchandise sans papiers ni droits.

Tous n’ont pas survécu à la déportation, enchaînés à fond de cale . Leur corps jeté dans l’océan pour nourrir les requins. Un gouffre sous-marin. Un profond traumatisme dans la mémoire des vivants. Ceux qui sont enchaînés pouvaient-ils être heureux ? Biens-meubles en bois d’Ebène, avilis au rang d’animal. Force de travail gratuite volée aux esclaves. « L’œil du maître regarde le cheval…” dit un proverbe créole. La mémoire d’un crime contre l’Humanité est imprescriptible.

Une réserve maritime nationale classée “touche pas à mon écosystème naturel” , jouxte les Guest-Houses du village. Les baleines y passent l’hiver, descendues du Labrador. Sous les Tropiques, c’est toujours l’été même en hiver.
J’ai rêvé qu’un jour on utilisera l’énergie solaire pour tracter un télé-siège au sommet du Pic Paradis.

La bonne heure est celle du bonheur retrouvé. Je caressais le secret de mon grand père. Il s’est réalisé. Celui de mon père, synchro-comparateur prendra t’il forme dans ma 58° année ?   Ce n’est pas l’horoscope du matin, mais nos rêves personnels qui rendent nos destins intéressants. Des rêves à partager avec d’autres sur la route de l’amitié. Vivre vieux et voir grandir ma descendance. Dix mille jours encore jusqu’à 88 ans, et Basta.

Un sixième cycle vers l’engagement pour la jeunesse,

 la culture et le développement durable ?

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