LA PROMOTION DE DANIEL GIBBS

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Cinq années séparent ces deux photos prises au même endroit, au Beach Plazza à Marigot. Celle de Mars 2007 lors de la campagne présidentielle de soutien de l’UMP  au candidat Sarkozy réunit Louis-Constant Fleming et Daniel Gibbs.

Celle d’aujourd’hui témoigne de la ténacité politique de celui qui  recueille les fruits de son combat politique dissident, représentant l’UMP pour la conquête du siège de député de la nouvelle circonscription des Iles du Nord, St Barth & St Martin. La première, malthusienne et auto suffisante accueille les  yachts des milliardaires de la Jet Set, la seconde au manteau partagé est au bord de la banqueroute et envoie des centaines de  jeunes en prison.

Dans l’intervalle de ces cinq  années, l’oligarchie népotiste du Roi de Tintamarre s’est complètement écroulée. Sa carrière est en fin de course. Encore deux années à tirer au Sénat et basta.  Humilié par la défaite, le suzerain dans son château a levé le pont-levis.

La droite  fonde dorénavant ses espoirs de relève sur le fils politique putatif. Daniel Gibbs a reçu des coups et comme Brutus il en a donné. Les électeurs de droite ont tranché, ils ont fait chuter le père du statut. Celui ci a toutefois contribué à sa propre défaite,  aveuglé par la réduction de sa dissonance cognitive et la pratique de la méthode Coué sur sa pseudo popularité.

Si dans les églises le prêcheur en chaire collecte les dons de ses ouailles et des grenouilles de bénitier qui espérent l’indulgence du Bon Dieu pour monter dans la biosphère après leur cérémonie funéraire, en politique c’est le contraire.

Pour conquérir un mandat électif il faut du pognon sonnant et trébuchant. Chaque tribunitien doit cracher dans le bassinet à la conquête des bulletins de vote glissés dans les urnes des lendemains  qui chantent et commander s’il en a les moyens, des sondages d’opinion pour jauger son impact …

Le Poulidor de la politique locale a perdu la première étape à la Présidence de la COM et le cirque du soleil restera dans l’ombre. Notre Poulidor  gagnera t’il  l’ultime étape  avec  le massif contrat de confiance populaire qu’ils espèrent, lui et son père ? Ce fils à papa, enfant gâté et quadra sarkozyste sincère et bling-bling , pédalera t’il  sur le même tandem parlementaire que le Sénateur  pour  défendre avec lui  l’intérêt du pays ? 

Au cours de cette ultime réunion publique avant le scrutin de Samedi,  Albert Fleming et Bruno Magras ont appelé à voter pour souriez Gibbs, secondé par Karine Miot l’avocate strabiscopique de la co-députation. Ils défendent ensemble  les couleurs de l’UMP.  Girouette, notre impétrant à la dépitation avait déchiré sa carte UMP, puis dans un sursaut patriotique l’a recollé pour les cacahuètes, ce qui a fortement déplu dans le camp du Sénateur. LC Fleming a dissout la fédération locale de l’UMP qu’il présidait avec ses propres deniers.  Cocu mais pas Amphytrion !

Les lapsus linguae des discours publics sont révélateurs pour qui sait les entendre. C’est ainsi qu’après avoir remercié l’excellent Bruno Magras, l’honorable Daniel Gibbs déclare  qu’il s’engage   » à dépendre » (défendre)  l’intérêt des deux îles soeurs.

 Bénéficiant du soutien des Blancs-Pays de St Barth qui lui font la poussette au gros braquet sur le plateau du Magras au canard « laquais » (ceci est un lapsus calami), au premier tour, dans un contexte de forte abstention, il peut passer en tête obtenant aisément les 2 835 voix qualificatives . Mais au second tour, je subodore que la vox populi saint-martinoire ayant majoritairement soutenu le Pasteur Richardson puis François Hollande, se rassemblera pour lui souffler la victoire finale.

En effet,  sous la V° République le principe de la souveraineté de la Nation pousse le corps électoral à  préférer  l’alternance conviviale, à une paralysante cohabitation . Autrement dit, l’élection d’un député inscrit à gauche dans le même camp que Victorin Lurel nouveau ministre de l’Outre-mer, s’imposera vraisemblablement au bon choix républicain des citoyens de la nouvelle circonscription des îles du Nord. Aux urnes citoyens, le peuple est souverain !

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10 thoughts on “LA PROMOTION DE DANIEL GIBBS

  1. Le calamar farci

    Jab,
    C’est un excellent article, avec lequel j’ai froid dans le dos avec cette remarque terrible mais vraie, sur la comparaison des Iles du Nord, St Barth & St Martin, quand tu dis que : « La première, malthusienne et auto suffisante accueille les yachts des milliardaires de la Jet Set, la seconde au manteau partagé est au bord de la banqueroute et envoie des centaines de jeunes en prison. »

    J’ai cliquer sur Paypal, on a besoin d’un journaliste comme toi pour y voir clair. Continue comme ça.

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  2. albert lavoix

    la realité c est cela :
    Un bon salaire et des avantages
    Un député gagne 5189,27 euros net par mois. En plus de son salaire, il touche des «frais de mandat» (6412 euros brut) qui couvrent ses frais de représentation. Il bénéficie aussi d’un crédit de 9138 euros par mois, destiné à rémunérer ses collaborateurs. Si la totalité de la somme n’est pas utilisée, la part restante retourne à l’Assemblée ou peut-être cédée par le député à son groupe politique. Même si certains députés préfèrent la glisser directement dans leur poche, comme le firent 261 députés en 2007.
    Le député bénéficie aussi de «facilités de circulation» et «d’appuis matériels»: voyage en TGV gratuit et en première classe, voiture avec chauffeur, billets d’avion, abonnement internet, logement de fonction.

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  3. Dominique Hasselmann

    Il faut souhaiter que ce Gibbs aille se brosser ailleurs et que le soutien de son « Magras de canard laquais » lui restera en travers de la gorge.

    Comme en métropole, les électeurs français des terres lointaines ont montré qu’ils savaient distinguer entre les camelots démagogues de droite, leur camelote argentée et le changement réel, déjà mis depuis plus d’un mois sur les rails par François Hollande.

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  4. Opéra

    « La première, malthusienne et auto suffisante accueille les yachts des milliardaires de la Jet Set, la seconde au manteau partagé est au bord de la banqueroute et envoie des centaines de jeunes en prison. »

    Bien venue cette analyse. Mon ami le Jabiru et moi même avions, avant les Territoriales, écrit une série d’articles intitulée pompeusement « les Molières de la bourgeoisie« . J’avais relevé notamment dans le livre de Jénovéfa le mépris d’une certaine classe envers les saint martinois de « souche » et le peuple. « les gens », un terme devenu impropre dans la tête de certaines personnes, mais les gens ne font pas partie de la haute bourgeoisie.

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  5. Jean Lortet

    « Bénéficiant du soutien des Blancs-Pays de St Barth qui lui font la poussette … »
    Hola un peu de racisme ne fait pas de mal et comme le ratio de population SBH/SXM est de 1 sur 5 ça plait toujours.
    Cher Jaribuberlu le terme blanc pays n’existe pas à St Barthelemy, il peut exister en Guadeloupe ou Martinique ou Haïti mais à St Barthelemy il y a des St Barths point barre. Je te rappelle que SBH revient de loin et fut longtemps très très pauvre. Beaucoup de travail, d’exil (aux USVI) et il faut le dire la chance que le tourisme soit une industrie qui marche mieux a l’heure actuelle que la banane ou le melon, disons que l’agriculture, ont fait que St Barth a tiré son épingle du jeu et naturellement grâce aussi a ses responsables politiques successifs depuis de Haenen.
    Ce qui n’empêche pas la possibilité de critiquer mais inutile d’insulter. L’insulte rend la critique nulle et non avenue,
    Bien a toi,
    Jean Lortet

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  6. Opera

    Blanc-pays c est une insulte?
    il y a des gens sensibles!!!
    Que penser de certains St barths
    qui pensent qu il y a trop de negre-pays a Saint Martin? et qu ils se sentent bien mieux parmi leurs blancs.

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  7. une sbh née à sxm

    bien dit, jean lortet.
    d’origine st barth, je suis bien contente que les choses vont mieux pour nous aujourd’hui (si on veut, car la vie reste certes dure, dans une île où tout coûte cher, y compris les études et la santé).
    mes parents ont connu la vie sans eau courante (qu’il fallait aller chercher au puit ou à la citerne) et sans électricité, sans voiture… et sans rien à manger parfois.
    j’ai connu enfant mes grand-parents qui vivaient à la lampe à pétrole et une vieille amie, idem et des seaux de peinture et autres pour l’eau.
    blanc-pays, est une expression que j’ai découvert + tard, en Guadeloupe.
    st-martin était l’île que mon grand-père préférait pour y avoir travaillé, et c’est là ou je suis née, et où j’aime aller de temps à autre. bon dimanche à mes voisins de la « friendly island », que nos 2 îles avancent pour le meilleur, y compris dans la critique.

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  8. Pingback: Phénix déplumé et vieux Renard Rusé - Jabiru Blog

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