Une affaire louche à la Baie Orientale

baie orientale

 Dans son programme électoral, le groupe RRR avait promis la transparence dans la gestion du bien public pour « restaurer la confiance, raviver l’espoir », indiquant  notamment vouloir «  restructurer l’administration afin  d’atteindre efficacité et efficience ».

Hélas, au delà des déclarations d’intentions,  cette promesse porteuse de changement dans les mœurs opaques de notre vie politique locale  ne s’est pas traduite dans les faits. Cinq mois après la victoire des amis d’Alain Richardson, la communication officielle n’est pas au rendez-vous.  Le site officiel de la COM  est particulièrement significatif de cette faiblesse. Par exemple, la rubrique du Journal Officiel n’est pas tenue à jour concernant les dernières délibérations du Conseil territorial . Aucune des délibérations du nouveau Conseil exécutif n’est publiée. 

 Dans le contexte d’incertitudes économiques de survie des entreprises, d’incohérences fiscales  et de risques d’explosion  sociale, le bureau de la FIPCOM  (fédération Interprofessionnelle de Saint Martin) s’est inquiété le 25 Juillet dernier du «  peu de communication entre nos élus et les différents acteurs de la vie économique locale », tandis que les menaces inquiétantes pèsent sur l’avenir de l’aéroport de l’Espérance de Grand Case.

Une affaire louche, relative à la soit-disante obtention d’une AOT ( Autorisation d’Occupation Temporaire) par le promoteur Norbert Luftman sur la parcelle AW 33 de la Baie Orientale, au détriment des gérants des restaurants de plage du Kontiki et du Bikini, est révélatrice  d’un climat nauséabond. Des travaux  ont été effectués  à la mi-juillet pour aménager les parkings.

Les gérants de ces deux restaurants, Elisa Cohen et Philippe Just ont déposé une demande d’AOT en Février 2012. De son côté, Norbert Luftman  aurait déposé le 29 Mars 2012 au service de l’Urbanisme   une demande de renouvellement d’AOT (n° 2012-003). Il se targue d’avoir obtenu un avis favorable du   Conseil exécutif en date du 17 Avril 2012.

Juste après la victoire électorale du groupe RRR, l’instruction de l’AOT  aurait donc été diligentée en trois semaines,  déclenchant ainsi les soupçons de fraude et de passe-droit exorbitant.  En l’absence de communication claire et précise, un boulevard s’ouvre aux rumeurs. Le fameux boulevard Arago! D’aucuns allèguent sans preuves un renvoi d’ascenseur consécutif au financement occulte sur un compte off shore,  pour la campagne électorale  du  groupe RRR dont le recordman  des copiés-collés  frauduleux était le trésorier.

Cependant, Alain Richardson a lui-même précisé sans ambiguité le 13  Juillet aux gérants du Kontiki et du Bikini que le Conseil exécutif du 17 avril n’a accordé  aucune AOT à Monsieur Luftman et à sa société Sindextour. Le Tribunal Administratif de Saint-Martin a été saisi en contestation de cette délibération litigieuse.

La « décision » du 17 avril est d’une vacuité abyssale. En fait elle se limite à un tableau  annexé à la délibération du Conseil exécutif car nulle part ailleurs on ne parle d’AOT. Il n’y a pas d’emplacement précis ni délimité sur la grande parcelle AW 33, pas de durée, pas d’activité précise indiquée, pas de prix, pas d’obligations spécifiques mises à la charge de l’occupant,  pas de description des travaux autorisés ( type raser la dune, couper des arbres, et mettre des pierres pour privatiser les parkings sur la voie de circulation précédemment libre…) . Il n’y a pas de mise en concurrence, alors que deux autres demandes antérieures sont déposées sur une partie de cette parcelle. Il n’y a pas d’information préalable détaillée au Préfet concernant l’Ordre du Jour précis du Conseil Exécutif en totale contravention de la Loi Organique . Or c’est important l’avis du Préfet puisque la parcelle dont on parle a été confiée  en gestion par l’Etat à la Mairie – devenue COM – par une Convention du 15 février 1993.  

J’ai pris RV avec le Vice-Président Guillaume Arnell responsable politique de  l’aménagement du territoire, des travaux et de l’urbanisme, pour connaitre son point de vue sur cette éventuelle  tricherie.

Serait-il possible qu’après ce conseil exécutif du 17 Avril et avant sa transmission en Préfecture dès le lendemain, une page de  tableau supplémentaire eût été rajoutée aux trois pages de tableaux des douze permis de construire annexés à l’objet de la délibération ?  Pascal Averne et José Carti auraient-ils voulu renvoyer l’ascenseur à Norbert Luftman ?

 Dans une République bananière, à force de faire traîner leurs épluchures, certains finissent un jour par glisser sur leurs propres peaux de bananes…

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9 thoughts on “Une affaire louche à la Baie Orientale

  1. julioche

    And so it came to pass. Do as i say but don’t do as i do. Proverbe saint-martinois. HO HO HO

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  2. Christophe Dinozzo

    Je trouve un peu gonflés tous les reproches qui sont fait à ce Monsieur qui est tout de même à l’origine du développement touristique de la Baie Orientale.
    Les deux restaurateurs dont vous parlez ont en quelques sorte voulu le doubler car s’ils exploitent les affaires dont vous parlez c’est tout de même bien grace à Monsieur Luftman…

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  3. ROUSSELOT

    Oui, peut-être et sans doute, il faut y voir clair. C’est regrettable parce que M. Luftman (que je ne connais pas) est quelqu’un que je respecte pour ses qualités d’entrepreneur ou de développeur à SXM (partie française). Quelle connerie de fermer le Shore à Baie Nettlé !

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    • PARISOT

      Sauf que vous n’habitez pas près du Shore ….quel savoir vivre, il y a encore beaucoup à apprendre sur le respect.

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  4. Christophe Dinozzo

    Ba oui quelle connerie de fermer le shore mais partie française on ne veut pas de bruit et aucune contrainte mais on veut quand même les touristes… Le beurre et l’argent du beurre et le sourire de la fermière LOL !

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  5. jumper

    Le problème n’est pas de savoir si l’un ou l’autre a fait si ou ça et que cela donne tous les droits. Soit on évolue et on arrive a faire respecter la loi, soit on gère à la mode RRR et on va dans le mur. Remarquez, après, il n’y aura plus de problème, il n’y aura plus rien…

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  6. LEDU Jacques

    Il ne faut surtout rien faire pour ne pas être la cible de ceux dont la mission est de « rapporter » les potins de SXM avec suspicion nécessaire et indispensable.Il s’agit surtout de dire que Monsieur Luftman a su metre en valeur la Baie Orientale et qu’à ce titre si il bénéficie d’un « avantage » eh bien tant mieux…si il a eu cet AOT tant mieux et cela n’a rien de louche …

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  7. albert lavoix

    Vous pouvez etre entrepreneur , vouloir développer c’est tres bien mais il y a aussi le respect de la loi et des institutions.Une AOT ne donne pas tout les droits. quand on se renseigne, ce monsieur ne l’avait pas renouvellé de 2007 a 2012….
    De plus une AOT est nominative et ne peut etre sous louée et aussi ce qui est construit sur le terrain doit etre démontable ce qui ne semble ne pas etre le cas sur les terrains de la baie orientale sinon les batiments deviennent la propriété du bailleur donc la COM dans ce cas…le Shore est un autre débat. C’est plus un probleme de directeur de l’établissement qui s’est mis a dos l’administration et son voisinage;avec diplomatie , tout pouvait s’arranger mais le passage en force n’a jamais été la solution…..

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