L’ Edelweiss, la Suisse, la Shoah

edelweiss Suisse et Shoa

Tranquille sous les Tropiques dans mon hamac, à l’ombre d’un Baobab  dont une racine  se câble sous-marine sur le Oueb via Puerto Rico, j’ai été repéré  par des clickeurs Suisses du village planétaire.

« Quand un intello français dans la cinquantaine décide d’aller vivre dans les Caraïbes et de nous faire partager ses rencontres, ses idées et ses colères grâce à Internet cela donne une page fort pertinente sur le cannabis et tout un blog sympa à consulter. Depuis cet éloge des petits Suisses  découvrent régulièrement mon Blog cannabique. 

 Ce qu’ ignorent  ces helvètes fumeurs de chanvre indien, c’est que leur Switzerland représente pour moi une autre plante. Dans le test du Portrait Chinois à la question «  si j’étais une fleur » j’avais spontanément répondu  l’Edelweiss. 

Ce jeu (je) de société devient  agréable lorsque chacun est invité à expliciter son choix. Mon edelweiss est liée au souvenir d’enfance d’un précoce orphelin.

La noble fleur blanche éternelle des neiges rare et solide, pousse en altitude près des cimes alpestres. Je l’avais cueilli avec mon jeune père qui, prolongeant une tradition familiale m’avait offert mon premier appareil photo. The flowers are blooming.

Plus tard viendront les films de JEAN-LUC GODARD  ceux d’Alain Tanner et Claude Goretta. La Suisse francophone. Septante huit et nonente cinq. Les livres de Blaise Cendras et d’Albert Cohen, le juif de la Belle du Seigneur.

La Suisse aussi parce qu’une cousine engagée dans la Croix Rouge à Genève m’a dit que pour les chambres à gaz, dès 1943 elle le savait  déjà. Je me souviens alors m’être dit que je ne voudrais pas, au cours de ma vie d’adulte, être en décalage, c’est à dire de ne pas savoir avant les autres un événement caché secret, d’une telle importance historique, c’est ainsi que je n’ai pas cru à la version états-unienne des attentats du Nine eleven …

 Au lycée Voltaire, c’est par le Ciné-Club d’Henry Agel que j’ai vu  Nuit & Brouillard, documentaire (1955 – 30mn ) d’Alain Resnais  une dizaine d’années après sa sortie. Autre film incontournable Shoah ( 1985- 9 h 30 mn) de Claude Lanzmann a complété mon savoir et élargi mes lectures.

 Les allemands sont des rationnels pour l’industrie . Il fallait éviter les mouvements de panique avant la mort collective. Les meurtres à la chaîne par les soldats allemands dans les villages juifs  en Russie, par fusillades devant une fosse par les habitants creusée, ça épuisait le moral des Komandos EinsatzgruppenComme pour les GI’s au Vietnam arrosant au lance-flammes les villages de Napalm. Impuissants, ils en cauchemardent encore. Les Kamikazes musulmans, eux  se suicident en portant une ceinture qui les propulse direct au Paradis des Martyrs.

 Alors, après les éxécutions des juifs russes les SS ont changé de tactique pour prolonger la Shoa. 5 millions de juifs aux fourneaux,de la cuisson industrielle. Sans parler de l’organisation des convois de train en allé simple, et des triages à l’arrivée dans les Camps d’extermination en Pologne, où la mort était programmée.

Pour se dépouiller et se laver , passage préalable et sans panique sous la douche. Les hommes d’un côté, les femmes et leurs gosses de l’autre. Dans les salles de douches, le gaz Zyklon poussait  les plus faibles à tomber vite. Les plus vaillants se retrouvaient en haut de la pyramide des cadavres empilés, lorsqu’on ouvrait les portes pour le transfert des corps dans les salles des fours crématoires.

 Au milieu de cet enfer, le « Canada » nommait l’endroit sous les hangars où des détenus vivants triaient les habits, les  chaussures, les sacs et les valises des morts.  Alors cette question : et pendant ce temps là,  si Dieu existe, que faisait-il ?

Revenons à ma douce Edelweiss qui est aussi la Suisse de mon grand-père maternell. Sosie de de Marcel Dassault.  Le fric en moins. Ils sont tous deux nés Bloch. Quand il a assisté à l’enterrement de son sosie, Marcel Bloch l’avionneur juif de l’armée de la République française dont le code de Guerre  était « Char d’assaut », grand père  pleurait beaucoup. Quelqu’un lui a demandé s’il était de la famille ? Il à répondu  en pleurant encore plus : «  Non, Justement ! »

Grand-père  avait un copain d’enfance, comme lui né en 1887 ,  ensemble de la primaire jusqu’à l’école d’Art de la Chaux de Fonds, Charles Edouard Jeanneret, qui deviendra  Le Corbusier.

A son sujet il disait qu’ il l’avait rencontré à une inauguration. Mais la main de l’architecte n’avait pas reconnu la poignée cordiale de l’ami d’enfance  … « Il a dû croire que je lui faisais l’aumône »

Nos grands-parents, pour ceux qui ont la chance de les connaître, nous lèguent la mémoire précieuese de leurs moments de jeunesse. Parfois, ça croise la grande Histoire, celle  portant une Hache majuscule.

 Grand-père après sa guerre de 14-18, s’établi en 1922 comme bijoutier joaillier à façon.  Le symbole  de son poinçon : une tête de bœuf. Son père était marchand de bestiaux à Baume les Dames près de Besançon et sa mère horlogère. Il  habitait , rue de Turenne dans le quartier du Marais à Paris, à côté de la Mairie du 3° et du carreau du Temple, autour duquel des juifs polonais  » les polaks » avaient trouvaient asile au pays des droits de l’Homme, fuyant la botte nazi.

Pendant l’occupation allemande, il est désigné chef d’îlot du quartier de la rue de Turenne, pour la défense civile. Au moment des lois de Vichy contre les juifs, un policier municipal l’a opportunément prévenu  de la mise en place d’un mauvais « vent printanier »  qui allait souffler sur les juifs de Paris. Avec l’aide du chef de rayon bijouterie de la Samaritaine la famille de ma mère organisa  le départ  au Puy en Velay via Montluçon où ils arrivèrent sous la neige de l’hiver 1941-42.  Ils avaient déjà franchi la zone libre lorsque s’abattue sur les juifs immigrés réfugiés à Paris la  rafle du Vel d’Hiv . La plupart des israélites de souche française ont eu les moyens et les relations pour partir préalablement se planquer en zone libre.

Avant de quitter Paris, il  enterra un sac de diamant dans le fond du jardin de la villa de famille à Champigny s/ Marne. Avec les diamants qui lui restaient en poche, sa famille a survécu au Puy en Velay, en Haute Loire. De retour en février 1945, son appartement au 117 de la rue de Turenne, où il avait également son atelier, avait été vidé et réoccupé. Il a du faire valoir ses droits à la Préfecture de Police pour le récupérer, en mentionnant que son établissement est fermé depuis 1942 au motifs de : « raison raciale, je suis israélite »

On a aussi  en vain guetté, deux oncles et les parents des cousines dans les couloirs de l’hôtel Lutetia. Quand aux « Polaks » qui animaient le carreau du Temple, ils avaient disparu  contrairement au sac de pierres précieuses retrouvées au fond du jardin.

Comme les arbres les branches et les fleurs poussent.Au vent mauvais des gaz et des bombes, elles tombent.

Graines de vie, grains de haine . ADN Adonaï !

Publication initiale : 1 er Septembre 2006

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8 thoughts on “L’ Edelweiss, la Suisse, la Shoah

  1. Julius Trébuchet

    Observations de Jabiru

    La Suisse aussi parce qu’une cousine engagée dans la Croix Rouge à Genève m’a dit que pour les chambres à gaz, dès 1944 elle le savait déjà. Je me souviens alors m’être dit que je ne voudrais pas, au cours de ma vie d’adulte, être en décalage, c’est à dire de ne pas savoir avant les autres un événement caché secret, d’une telle importance historique…

    Observations de Julius Trébuchet

    Pour avoir été directement concerné par les déportations de mon père aux Camps du Struthof puis de Dachau et de ma mère à ceux de Ravensbrück puis de Oranienburg-Sachsenhausen, pour tous ceux qui comme eux ont eu la chance – ou la malchance – d’avoir survécu à cette barbarie, je ne peux oublier que nombre de gens – même parmi le peuple – n’ignoraient pas… et qu’en tous cas quasiment l’immense majorité des hommes de pouvoir, hauts fonctionnaires et magistrats, financiers, industriels et grands patrons, eux, savaient parfaitement, en Suisse comme ailleurs …

    Alors, au cours de ma vie d’adulte, je n’ai jamais laissé passer des affirmations approximatives concernant cette obscure histoire, sans avoir chaque fois soigneusement recherché le plus grand nombre d’éléments et d’informations qui pouvaient satisfaire à mon questionnement.
    Voici donc ce que chacun peut lire dans un extrait du Document mis en distribution le 21 février 2001 sous le N°2311 à l’Assemblée Nationale Française, intitulé RAPPORT D’INFORMATION SUR LES OBSTACLES AU CONTRÔLE ET À LA RÉPRESSION DE LA DÉLINQUANCE FINANCIÈRE ET DU BLANCHIMENT DES CAPITAUX EN EUROPE
    ….
    «  »a) La Suisse, banquier du Reich
    Dès le début du second conflit mondial, soit deux mois après la défaite française, la Suisse mène des négociations commerciales actives avec l’Allemagne alors que la Confédération se trouve désormais encerclée par les puissances de l’Axe. En 1941-1942, on estime ainsi que 60 % de l’industrie d’armement, 50 % de l’industrie optique et 40 % des industries d’équipement travaillaient pour le Reich.
    L’Allemagne et ses alliés deviennent alors des partenaires commerciaux auxquels rien ne saurait être refusé : les exportations suisses ne trouvant pas leur entière contrepartie dans des livraisons allemandes, la Confédération fournit des avances sous forme de crédits (crédits de compensation). L’Etat national-socialiste, en faisant peser constamment la menace d’une rupture des approvisionnements, obtint que ce crédit de compensation s’accroisse sans cesse – pour atteindre, à la fin de la guerre, 1,1 milliard de francs suisses.
    Surtout, la Suisse, en raison de son rôle sur le marché de l’or, revêtait une importance cruciale pour l’Allemagne. Celle-ci avait en effet besoin de devises pour se procurer des marchandises d’importance stratégique auprès de ses alliés.
    La plupart des pays neutres – comme la Suède et le Portugal – a refusé d’accepter l’or allemand, notamment et probablement saisi dans toute l’Europe sur les victimes des camps de concentration. La Suisse n’eut pas de telles délicatesses et accepta cet échange d’or allemand contre devises.
    L’utilité de cette conversion pour l’Allemagne était telle que le ministre du Reich et président de la Reichsbank, Walter Funk, estimait que son pays ne pouvait pas renoncer plus de deux mois à cette prestation de la Suisse. Dans l’ensemble, 1,6 milliard de francs d’or fut échangé contre des devises libres – le tout, sous le contrôle de la Banque nationale suisse et avec l’autorisation politique au plus haut niveau du Conseil fédéral.

    L’or volé de l’Allemagne nazie : business as usual !
    « Il y a quelques années encore, on considérait que la résistance armée du pays avait été déterminante pour éviter à la Suisse d’être envahie. Aujourd’hui, on peut affirmer que nos relations économiques avec l’Allemagne, en particulier en ce qui concerne les transactions en or effectuées avec la Banque Nationale, ont largement contribué à la préservation de notre intégrité territoriale […]
    La Banque Nationale Suisse (BNS) achète pour 1,7 milliard de francs-or (souvent pillé aux pays victimes du Reich) d’or à la Reichsbank allemande. Selon le rapport de la commission Bergier, la BNS savait en 1941 déjà que la Reichsbank lui fournissait de l’or volé.
    Là aussi, l’esprit « business as usual » prédomine. Les francs suisses, principal moyen de paiement international dès 1940, ainsi obtenus permettent à l’Allemagne d’acheter des matières premières indispensables à la poursuite de la guerre. Plus grave encore, des dents ou des bagues saisies aux victimes des camps de concentration sont fondues en lingots qui figurent parmi ceux achetés par la BNS. 120 kilos d’or provenant des victimes des camps de concentration ont atterri à la BNS. Mais selon la commission Bergier, rien n’indique qu’on ait eu la connaissance de la provenance de cet or.
    Il est aussi admis que de nombreux cadres nazis placent de l’or, des bijoux, des titres boursiers et d’autres valeurs dans des banques en Suisse, protégées par le secret bancaire.
    In Textes sur la Suisse pendant la 2ème guerre mondiale, par Albert Chevalley
    La Suisse fut donc le banquier prospère du Reich et en tira un large profit, comme l’atteste l’évolution des réserves monétaires de la Banque nationale – qui progressent de 88,4 % entre 1939 et 1945.

    Plusieurs banques suisses ont, par ailleurs, fait des prêts aux plus hauts dirigeants nazis. Ainsi, en 1997, des documents attestant que le Crédit Suisse a accordé des crédits à des responsables SS jusqu’en février 1945, auraient été retrouvés dans les archives de l’ancienne R.D.A.
    b) La question des avoirs juifs
    Espérant échapper aux persécutions nazies, 15 à 20 000 juifs placent leurs avoirs en Suisse par l’intermédiaire de ressortissants helvétiques.
    Lorsque leurs héritiers, après la guerre, viennent réclamer ces fonds, les banques suisses font la sourde oreille, allant jusqu’à exiger la production d’un certificat de décès dans les camps, du titulaire du compte !
    Le problème des avoirs juifs détenus par les banques suisses émerge au cours de l’été 1995 : cinquante ans après la fin de la guerre, l’ouverture de certaines archives fait naître une série d’interrogations sur le rôle de la place financière helvétique pendant la période nazie. Le 12 septembre, Edgar Bronfman, président du Congrès juif mondial (CJM), demande ainsi à l’Association suisse des banquiers (ASB) d’enquêter sur les comptes de victimes de l’Holocauste restés en déshérence.
    Le 7 février 1996, l’ASB évalue le montant des avoirs en déshérence depuis 1945 à 38,7 millions de francs suisses – soit environ 32 millions de dollars. Ce chiffre suscite la colère du CJM, qui estime le montant de la spoliation à plusieurs centaines de millions de dollars et obtient le 2 mai 1996 la constitution d’une commission d’enquête mixte dirigée par Paul Volcker, ancien président de la banque centrale américaine (Federal Reserve).
    Dès le début, le manque de coopération des institutions financières et des autorités suisses apparaît manifeste.
    Les critiques s’amplifient à la fois sur les avoirs en déshérence et sur l’achat massif par la banque centrale suisse de l’or pillé par les armées d’Hitler en Europe. Le président de la Confédération, Jean-Pascal Delamuraz, ne s’embarrasse pas de précautions oratoires et parle alors de « chantage » – voire de « rançon » – de la part des organisations juives.
    En janvier 1997, un garde de nuit découvre à l’UBS des documents d’archives voués à la destruction. Il les transmet aux représentants de la Communauté israélite. Les banques suisses, menacées dans leur réputation et dont l’image se ternit sérieusement, se savent sous le coup d’une plainte déposée à New-York qui pourrait leur coûter extrêmement cher.
    En février 1997, les banques suisses proposent la création d’un Fonds Spécial financé par les banques et l’industrie, destiné à venir en aide aux victimes de l’Holocauste dans le besoin. Il est doté d’environ 100 millions de francs suisses.
    L’UBS, la SBS et le Crédit Suisse restent néanmoins visés par la « Class Action Suit », plainte collective par laquelle les survivants de l’Holocauste leur réclament 10 à 20 millions de dollars.
    Le 7 mai 1997, un rapport du sous-secrétaire d’Etat américain Stuart Eizenstat publié à Washington accuse la Suisse d’avoir soutenu l’effort de guerre allemand en blanchissant l’or confisqué par les nazis, soit quelque 580 millions de dollars de l’époque.
    Le 23 juillet, les banques suisses publient une liste de 1 872 noms d’ayants droit de comptes non réclamés depuis 1945. Une nouvelle liste de plus de 14 000 noms est publiée fin octobre. Les sommes totalisent alors près de 80 millions de FS, soit un peu plus de 320 millions de FF, c’est-à-dire plus du double du chiffre donné en 1996. Cet épisode fera dire à un journaliste du New York Times : « Les Suisses sont pires, non pour ce qu’ils ont fait pendant la guerre – ils étaient encerclés – mais pour ce qu’ils ont fait après. Ils ont trouvé des excuses pour garder une grande part du butin nazi. »
    En décembre 1997, se tient à Londres une conférence internationale sur l’or pillé par les nazis, qui conduit plusieurs villes et États américains, excédés par la mauvaise volonté suisse, à donner trois mois aux banques pour fournir des informations fiables avant d’imposer des sanctions économiques. En définitive, les banques suisses s’engagent le 13 août 1998 à verser 1,25 milliard de dollars sur trois ans pour solde de tout compte – soit près de quarante fois le montant qu’elles ont initialement proposé. » »

    Quelle immense générosité … de cette belle Suisse « au-dessus de tout soupçon »

    Julius Trébuchet

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  2. Oberson Fred

    Mis à part le rapport Bergier, je pense que vos sources ont des bases sérieuses. Il s’est dit tellement de choses sur le rôle de la Suisse durant la dernière guerre, qu’il faut trier les ragots et la vérité.

    Nul doute que les autorités, l’industrie et les banques ont collaboré avec les nazis à une époque où ils méconnaissaient certainement les camps de la mort. Cette politique a sauvé la Suisse de l’envahisseur même si militairement elle avait mis sur pieds une armée défensive qui aurait donné du fil à retordre aux allemands.

    Disons qu’elle a joué sur les deux tableaux sans que le citoyen soit informé.
    Car le peuple suisse a accueilli nombre de réfugiés avant et pendant la guerre.

    Au sujet des fonds juifs, je peux vous dire que lorsque j’étais employé de banque, de nombreux comptes étaient ouverts aux noms de ressortissants juifs, sans adresses connues.

    Sous l’égide de la Croix rouge, les banques lui ont versé, dans les années soixante une somme d’environ 120 milions de francs suisses, provenant de ces comptes, à charge pour elle de les verser à une organisation juive.

    Puis vers la fin 1990, un avocat américain dont je me souviens plus le nom a estimé que tout n’avait pas été versé… ce qui s’est traduit par un règlement global, à l’amiable…

    Vous dites également que la Suisse a financé les achats de matières premières des allemands. Qui leur vendait ces matières premières?

    Dans ce conflit, personne n’est au-dessus de tout soupçon, y compris la Suisse, même si elle a sauvé son peuple au prix d’une collaboration. On peut disserter longtemps sur ce choix…

    A plus

    Fred

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  3. JT

    Cher Monsieur,

    Au risque de me répéter et peut-être de vous décevoir, le texte que j’ai reproduit est extrait du Document mis en distribution le 21 février 2001 sous le N°2311 à l’Assemblée Nationale Française, intitulé RAPPORT D’INFORMATION SUR LES OBSTACLES AU CONTRÔLE ET À LA RÉPRESSION DE LA DÉLINQUANCE FINANCIÈRE ET DU BLANCHIMENT DES CAPITAUX EN EUROPE.

    Vous y trouverez également en complément le SOMMAIRE DES AUDITIONS, qui sont présentées dans l’ordre chronologique des entretiens de la Mission, avec les Représentants des autorités fédérales suisses, dont vous connaissez sans doute la notoriété :
    – M. Bernard BERTOSSA, Procureur général du canton de Genève
    – M. Paul PERRAUDIN, Juge d’instruction du canton de Genève
    – M. Michel Y. DÉROBERT, Secrétaire général de l’Association des banquiers privés suisses, accompagné de MM. Edouard CUENDET, Premier Secrétaire et Denis MATHIEU, Secrétaire
    – M. François de RANCOURT, Directeur général de Paribas Suisse S.A., accompagné de MM. Pierre-Yves DESPLAND, Directeur de la déontologie, Claude-Alain BURNAND, Secrétaire général et de Marcel NAEF, Directeur des affaires juridiques
    – M. René RAMER, Procureur du canton de Zürich, MM. Peter HUNIG et Marcel STRASSBURGER, Juges d’instruction, et Max MUISSEL des forces de police
    – M. André CUENDET, Président de l’OAR de la Chambre Fiduciaire
    – M. Luca MARCELLINI, Procureur général du canton du Tessin, Mme Maria GALLIANI, MM. Jacques DUCRY et Emmanuele STAUFFER, Procureurs du canton du Tessin
    – M. le Professeur Paolo BERNASCONI, Avocat, Professeur des universités de Zürich et Saint Gall, ancien Procureur du Tessin, Expert de droit pénal économique international
    – Me Didier de MONTMOLLIN, Avocat au Barreau de Genève et membre du comité exécutif de l’Organisme d’autorégulation de la Fédération suisse des avocats et notaires (OAR)
    Les auditions suivantes tenues par le Rapporteur sont présentées dans l’ordre chronologique
    – M. Bernard MONNOT, ancien mandataire social de la Banque Cantonale de Genève à Lyon
    – M. Etienne SUBRA, ancien responsable de la Banque de France pour la région lyonnaise
    – M. Alain BOCHET, Président de la Banque Cantonale de Genève à Lyon

    Si vous prenez le temps de lire le compte-rendu de cette Mission Parlementaire, vous pourrez constater qu’il n’y est nulle part question d’un « développement littéraire » portant sur un point de doctrine ou d’une « dissertation » glosant sur une quelconque question savante. Il s’agit uniquement d’un rapport d’information sur les faits de collaborations industrielles et financières suisses qui, après avoir servi de « machines à blanchir » l’argent pillé par les nazis, ont mis plus de cinquante ans à être reconnus et à trouver réparation.

    D’autres pièces pourraient sans doute compléter avantageusement ce débat. Nous n’en avons pas fait une plus ample recherche, ni d’ailleurs l’objet d’une thèse. Et si nous pensions depuis longtemps avec M. Jean Ziegler qu’il n’existait sûrement pas « Une Suisse au-dessus de tout soupçon », nous ne mettrons pas davantage en doute le contenu de son ouvrage intitulé « La Suisse, l’or et les morts » [1] , où il montre la responsabilité des banquiers suisses, à partir de rapports de services secrets, surtout américains, récemment déclassifiés.

    Mais plutôt que de relater seulement le mot connu de Chateaubriand,
    « Neutres dans les grandes révolutions des Etats qui les environnaient, les Suisses s’enrichirent des malheurs d’autrui et fondèrent une banque sur les calamités humaines », nous préférerons aussi retenir la note d’espoir de M. Jean Ziegler qui imagine justement, qu’en « rejoignant l’Union européenne – et aussi l’ONU -, [la Suisse] serait, pour les autres Etats, un partenaire important : sa pluriculturalité, son expérience démocratique et sa longue pratique du fédéralisme pourraient fournir à la construction politique de l’Europe une contribution précieuse ».

    Julius Trébuchet

    [1] http://www.monde-diplomatique.fr/1997/06/PATZOLD/8766.html

    PS : Au moins depuis l’ouvrage iconoclaste de M. Robert O. Paxton intitulé « la France de Vichy », personne ne peut ignorer à quel point les blessures de l’Occupation ont longtemps inhibé la recherche historique et faussé les conclusions reprises en cœur par tous les politiques.
    De même, traiter uniquement les questions de collaboration sous l’aspect judiciaire ne ferait qu’attribuer une origine allemande à tous les actes commis, et à l’instar de Vichy, le gouvernement helvétique paraitrait alors avoir servi de bouclier ! Nous savons aujourd’hui que cette approche est inexacte.

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    • plotin

      pouvez vous expliquer ce que vous entendez par l’aspect judiciaire de la question et en comparaison la méthode qui vous parait adéquate pour comprendre la situation historique.

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  4. Michelle Goldstein

    Ce blog m’a fait fondre en larmes
    Puis-je prendre ces dessins pour mon blog?
    À Haguenau, j’ai bien connu le Grand Rabbin Bloch, il me donnait des cours de latin, en 6è, pendant les permanences, et ne voulait pas que je rejoigne le collège, s’il n’avait pas fini.

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  5. Opéra

    L’aspect judiciaire?
    ou alors comment raquetter plutôt?
    Pour le commun des mortels il est toujours opposé une prescription quelconque sauf aux générations juives qui n’ont même pas connu la guerre. A chaque fois qu’il y a excuse ( Chirac, SNCF….) les avocats doivent se frotter les mains, car derrière il y a toujours procès pour indemnisations.

    La Suisse? et le rôle des élites juives dans la collaboration et les massacres des petits juifs de l’Europe de l’est et d’Afrique?

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  6. LEDU Jacques

    Que faisait Dieu pendant tout ce temps? Tel est votre questionnement..?? Mais Dieu donne à l’Homme d’être libre…..voilà la réponse…Les Juifs….mais le problème sera éternel….que les Suisses aient collaboré? Nul doute et ils ont bien fait…encore faut il se replacer dansle contexte de l’époque

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  7. Jean-François MAVEL

    A propos de Julius BLOCH, qui avait accepté de prendre la présidence du Conseil de la Synagogue de Freiburg im Breigau en 1939, a un moment où la fonction n’attirait pas les honneurs. Son destin et celui des communautés du Pays de Bade, de Sarre et du Palatinat, vous pouvez le retrouver sur le site dont je donne l’adresse d’une entrée.

    Le 22 octobre 1940, ils furent les premiers a être expulsés de chez eux ; conduits vers le sud ouest de la France, à Gurs. Quelque jours après leur arrivée au camp, le 28 octobre 1940, la Reichbahn passait sa première commande à la SNCF, 285 locomotives de type 44. Ceux qui étaient encore en vie à l’été 1942 quittèrent les camps du sud avant que les allemands n’ arrivent, ils furent parmi les premiers à connaître Auschwitz . Julius BLOCH lui avait perdu la vie le 13 octobre 1941, au cœur de Toulouse.

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