Le désir de servir la vie de la Cité

servir la Cité

LES MÉTROS SONT-ILS SOLUBLES DANS LA COLLECTIVITÉ ?

Par Ali Laggoune

Cet article a été intialement mis en ligne le 12 Octobre 2006 sur mon Blog du Monde.fr

On les accuse de mille maux, on leur flatte la croupe en période électorale comme autant de vaches à suffrages mais ils disparaissent miraculeusement des écrans radars au lendemain des élections.  Comment 50% des électeurs d’une commune peuvent-ils être à ce point courtisés à la veille de chaque consultation électorale pour se retrouver immanquablement à la poubelle de l’histoire au lendemain du scrutin?

CONSTATS DU PASSÉ

 Depuis 1982, quelques (grosses) miettes ont toujours suffi à calmer les ardeurs des métropolitains les plus fortunés. Malheureusement, tous les métros n’ont pas une concession de plage, une marina, des entreprises de travaux publics dépendant des appels d’offres de la SEMSAMAR ou des permis de construire à quémander pour bâtir des lotissements,  des HLM  défiscalisés ou des supermarchés sur des étangs comblés.

Il existe aussi des métros normaux, fonctionnaires, commerçants, cafetiers, retraités, employés, avocats, restaurateurs, hôteliers, des citoyens instruits et responsables, capables de réfléchir sans qu’on les prenne par la main.

En 2001, les tontons flingueurs de la communauté métropolitaine n’ont pas osé se compter. La démocratie leur a donné le vertige et ils ont préféré regagner leur niche comme dans la fable du loup et du chien. Le contact rassurant du précieux collier offert par des élus qui les tiennent en laisse a été plus fort que leur désir de servir la cité. C’est leur droit et ils ont tout à fait raison de se complaire dans un univers douillet et décérébré qui a anesthésié toute une population depuis de  longues années.

Nous avons les élus que nous méritons. Il serait indigne de pleurnicher après la bataille en fustigeant les vainqueurs d’une élection à la quelle trop peu de métros ont participé.Les commentaires de café du commerce ont toujours supplanté les actions responsables. Il faut reconnaître que la communauté Métropolitaine est perçue comme trop favorisée, trop bien nourrie et indifférente aux souffrances et aux interrogations de la population locale.

Pour se marier il faut être deux. Or, jusqu’à présent, les métros n’ont été que la danseuse des élus, la fille de joie que l’on cache aux aurores après l’avoir troussée à l’hôtel. Les promesses faites sur l’oreiller par les candidats n’ont jamais été tenues. L’absence des métros dans la vie politique à Saint-Martin est scandaleuse à plus d’un titre : d’une part, elle traduit mal la réalité démographique mais, plus grave encore, elle laisse à penser que les Métros se désintéressent des problèmes de la commune, ce qui est totalement faux.

 NOS PROPRES INCOMPÉTENCES

 A l’heure où nos égouts débordent tandis que l’eau « potable » aux légionelloses à laquelle nous nous étions habitués, manque cruellement, il est permis de rêver que des métropolitains neufs, dégagés de toute liaison contre nature avec leurs protecteurs locaux, se résoudront enfin à utiliser cette démocratie qui  ne s’use que si on ne s’en sert pas.

Deux communautés aux aguets qui se marient sont préférables à cette soupe honteuse que l’ont sert aux affidés, aux clients, aux copains et aux coquins depuis toujours, sur les deniers publics. L’Etat a raison de traîner les pieds car le spectacle offert par les acteurs de la politique locale donne envie de quitter la salle sans voir la fin du film.

Quel est l’élu local qui n’aura pas honte de s’afficher avec des électeurs métros potentiels sans porter un masque ? Quels sont les métropolitains qui oseront revendiquer le droit à la participation dans la nouvelle collectivité sans trembler devant une telle insolence à l’endroit de ceux qui les ont traités tour à tour de traîne savates et d’étrangers dans leurs discours officiels ?

Au moment où nos élus s’interrogent d’un ton grave et sentencieux sur les responsabilités du transfert des compétences, je crois qu’avec humilité, nous devrions  peut-être songer à traiter nos propres incompétences…Celles qui sont avérées et indéniables… Elles existent !

Après 25 années passées à nous ignorer, seule une action politique basée sur le respect mutuel et l’intérêt général permettra de nettoyer les écuries de la défiscalisation avant la grande aventure de la COM.

Avons-nous envie de continuer à pleurnicher  pour avoir été une fois de plus les dindons de la farce électorale ? Ne pas être d’accord et le dire, c’est cela la démocratie française !

L’HEURE DU BILAN A SONNÉ

Regardez, observez et élisez qui vous voudrez !

Fallait-il construire une marina plutôt qu’un réseau d’assainissement ? Fallait-il signer à nouveau avec l’UCDEM ?  

Fallait-il attendre que les gosses aient 15 ans pour découvrir qu’il leur faudrait un lycée ?  Fallait-il former des fonctionnaires de catégorie A voilà dix ans déjà au lieu d’en découvrir l’utilité aujourd’hui ?

 A-t-on le droit de donner des leçons de civisme et de nationalisme lorsque on investit sa fortune personnelle ailleurs qu’à Saint-Martin ? 

Les miasmes de la décharge ont-elles dérangé quelqu’un parmi les élus ?    Fallait-il autoriser la construction d’HLM à l’Anse Marcel, la privant ainsi à jamais du cachet qui faisait son attrait ? 

Fallait-il saccager un des plus beaux fronts de mer de la Caraïbe pour en faire un parking géant et poussiéreux ?

Libre à vous de réélire ceux-là mêmes qui vous ont laissé patauger dans les étrons, vous doucher avec de l’eau en bouteille et perdre deux heures ou plus dans les embouteillages sur un réseau routier qui n’a pas évolué depuis 30 ans. Tous ces problèmes étaient prévisibles et devaient être traités voilà des années par nos élus municipaux, cantonaux et régionaux.

A l’heure où les copains et les coquins s’activent à partager des maroquins qu’ils n’ont pas décrochés, il serait bon de les rappeler à la dure réalité électorale, celle qui s’abat comme un couperet sur les candidats qui méprisent leur électorat et sont étouffés par un ego surdimensionné.

La clé du scrutin c’est un homme, une voix, et qui sait, peut-être,  la solution pour que d’autres hommes nous montent enfin une autre voie, moins tortueuse, plus transparente.

Cet article a été intialement mis en ligne le 12 Octobre 2006 sur mon Blog du Monde.fr

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8 thoughts on “Le désir de servir la vie de la Cité

  1. voltaire

    Les élus locaux ne sont pas une caisse de résonance des préoccupations de la société civile, tout simplement parce que la dite société ne s’exprime pas ouvertement.

    Il n’y a pas de retard à l’allumage, car aucune clef de contact n’est branchée en terme de démocratie participative. Et, contrairement à la presse anglophone du Sud de l’île, les journaux francophones n’ouvrent pas leurs colonnes au point de vue des citoyens. En l’absence d’exigences concrètes les dirigeants ne s’engagent pas.

    En Décembre 2003 , 4 400 électeurs soit un tiers des 13 000 inscrits ont été favorables à un changement du statut quo institutionnel.
    Parmi ceux-la ( les plus motivés pour des réformes) combien sont prêts aujourd’hui à suivre des leaders qui s’avèrent incapables depuis trois années à définir et proposer un projet de société à moyen terme ( disons une quinzaine d’années pour faire court) et de fédérer les énergies.
    Je ne veux pas dire que tous les citoyens élus soient inconscients des besoins, mais comme la sœur Anne, nous n’avons rien vu venir. Une demi douzaine de leaders motivés, offre le spectacle de la gestion de leur avenir personnel.
    Telle est l’impression navrante qui se présente aux citoyens que la chose publique intéresse. Ces grands hommes indispensables, sont-ils conscients de l’inquiétude largement répandue quand à leurs compétences à gérer de nouvelles compétences ?

    Ali Laggoune dans cette intervention lucide, exprime avec clairvoyance ce que chacun et chacune d’entre nous peut constater : aucun pilote dans l’avion capable de proposer des axes mobilisateurs pour les habitants de St Martin, dont la spécificité locale ( j’en suis persuadée) réside dans la fondation d’une union des communautés, les Borne here, les métros, les guadeloupéens, les haïtiens, ceux de la Dominique pour parler des plus nombreux.
    Pour finir, je considère que sur le plan de la démocratie locale, il est indispensable que les étrangers dépassant dix années de présence puissent participer au scrutin local.

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  2. Kasaye Kaoha

    LES METROS SONT-ILS SOLUBLES DANS LA FUTURE COLLECTIVITE ?

    Comment comprendre ce sous-titre ?

    Après avoir lu attentivement l’intéressant pamphlet de M. Laggoune, il nous a fallu revenir sur l’un de ses intitulés qui nous semblait quelque peu discutable. Comment faudrait-il en effet interpréter ce questionnement d’apparence anodine, lorsque l’auteur s’interroge ou nous interroge, sans doute avec beaucoup de conviction, sur le fait de savoir si  » Les métros (1) sont… solubles dans la future collectivité …de St Martin ? »

    N’ayant pas la compétence des grands grecs rompus à la rhétorique de M. Laggoune, et ne sachant répondre d’emblée à ce type de question, nous avons cherché à décrypter l’adjectif « soluble », qui nous paraissait être le terme clé de cette formulation. Et puisque « les mots sont importants », après avoir consulté quelque dictionnaire de référence, nous avons abouti à trois conjectures possibles que nous soumettons ici pour avis, à votre sagacité.

    D’une part, ces métros pourraient donc se dissoudre intégralement dans la future collectivité, un peu à la manière du sucre qui se dissolvant dans l’eau formera un mélange homogène. Traduit en termes pseudo-scientifiques, ces individus auraient alors acquis une sorte de propriété « collectivo-soluble », à l’instar de celle nommée « hydrosoluble » qui caractérise le sucre.
    Pour ce qui est de la validité de cette métaphore un peu réductrice, nous avons préféré solliciter par mesure de précaution l’opinion du chimiste. Immédiatement, celui-ci nous en indiqua les limites. En effet, l’expérience montre que lorsque le soluté atteint une certaine concentration par rapport au solvant, la dissolution cesse et on observe le phénomène de saturation…Bien sûr toutes choses étant égales par ailleurs, la question se poserait-elle alors de savoir s’il existe un seuil fixant le nombre de métros afin que ceux-ci puissent continuer à se dissoudre totalement dans la future collectivité ? (2)

    D’autre part, selon une explication différente du mot soluble, les métros pourraient, après avoir subi une sorte de dessiccation provisoire, – s’apparentant à une déstructuration relative aux formes acquises du comportement mais non pas à l’hérédité biologique -, se reconstituer dans cette future collectivité, pratiquement selon leur apparence initiale. (3) Nous retrouverions là une transformation semblable à celle de la poudre de café lyophilisé qui dissoute dans l’eau chaude redevient quasiment du vrai café. Le métro de St Martin auraient donc développé une autre subtile caractéristique, celle d’être « collectivo-lyophile ».
    Evidemment le chimiste à nouveau consulté nous rappela cette fois qu’une mauvaise concentration du produit lyophilisé participait forcément à l’altération du mélange obtenu d’autant que le dosage correct s’avérait être toujours délicat.(4)

    Enfin d’après une approche plus mathématique du même mot, les métros pourraient finalement être résolus dans la future collectivité, c’est à dire constituer en tant que groupe d’individus un problème singulièrement résoluble dans l’ensemble formé par cette COM. Pour cela, une opération à caractère analytique s’imposerait bien sûr. Il s’agirait justement de décomposer le problème en ses éléments constitutifs, c’est à dire de simplement dissocier ce « groupe des métros » en ses individualités et de les apprécier en tant que telles. En allant ainsi du tout aux parties, il faudrait adopter une démarche totalement contraire à toute tentative de résolution de type ethnocentrique, telle que sous-entendue dans l’expression « LES METROS SONT-ILS SOLUBLES DANS LA FUTURE COLLECTIVITE »!

    A ce stade de la réflexion nous avons estimé que ce titre, maladroitement provocateur, risquerait somme toute de raviver des antagonismes intercommunautaires patents sans pour autant favoriser l’envie ou l’émergence d’un semblant de cohésion sociale.
    Quant à revendiquer « le désir de servir la vie de la Cité » pour sentiment respectable qu’il soit, ne vaut-il pas mieux le cultiver avec d’autres idéaux que ceux qui ont été dévoyés dans l’élaboration d’un catalogue d’accusations, dont il resterait pour faire bonne mesure à démêler les écheveaux ? D’autant qu’à vouloir s’accaparer – en plus du pouvoir économique – un pouvoir politique qui par ailleurs mérite certainement une vraie refonte, c’est à un véritable projet de société plus qu’à une future collectivité faite d’incantations que devraient adhérer tous les résidents électeurs (et pas seulement les métros), surtout s’ils souhaitent réellement être reconnus demain comme des gentilés de Saint-Martin (5).
    Mais pour cela chacun d’eux pourrait peut-être commencer par faire son examen de conscience afin de se remémorer les motifs réels de son installation sur ce petit territoire devenu bien exigu …où l’absence de civisme et le contournement organisé des lois se confondent actuellement avec la croissance des difficultés socioéconomiques du plus grand nombre, attisant clivages, tensions et violences de toutes sortes …

    Notes
    (1) Pourquoi cette question s’adresse-elle uniquement au groupe des « métros » (c’est à dire aux « blancs France » ou à tous les originaires de la métropole) et non pas à tous les résidents non natifs, dont le droit de vote à St Martin est reconnu et qui par le fait sont directement concernés par la mise en place de la future COM ?

    (2) Comment ne pas se rappeler Giscard d’Estaing qui parlait d’«invasion» et Rocard de l’impossibilité d’accueillir «toute la misère du monde»…

    (3) …Or c’est bien de cela qu’il s’agit : choisir entre l’assimilation républicaine fondée sur la citoyenneté et une forme plus ou moins atténuée de développement séparé des communautés au sein d’un même pays.
    Ce choix, où nous mène-t-il sinon aux ghettos ? …Mon choix est fait. C’est celui de l’assimilation républicaine, avec la même loi, les mêmes droits et les mêmes devoirs pour tous. ( M. Charles PASQUA Ministre d’Etat, Ministre de l’intérieur et de l’aménagement du territoire intervenant « Au colloque des Amis de passages » UNESCO, le jeudi 14 octobre 1993).

    (4) Comment ne pas se rappeler le Président Mitterrand disant le 10 décembre 1989, la France ne compte aujourd’hui « pas plus d’immigrés qu’en 1982 et pas plus qu’en 1975 par rapport à la population française qui s’est accrue ». « Le seuil de tolérance a été atteint dans les années 1970 et il n’y a pas eu depuis d’aggravation »

    (5) Notre société change, et c’est bien ainsi. Qu’elle s’enrichisse des apports de ceux qui souhaitent vivre chez nous et que nous acceptons librement ! Mais il ne faut pas oublier que vivre avec nous, c’est aussi vivre comme nous. Le premier devoir des immigrés est de respecter la culture du pays qui les accueille. Et ce n’est pas négociable. Nos «minoritaires ethniques» nous le rappellent : nous sommes, nous restons des «Gaulois». (in Le Figaro du 30/12/2005 par Jérôme Rivière – Député UMP-CNI des Alpes Maritimes, déjà cité à deux reprises sur ce blog )…

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  3. Kasaye Kaoha

    A propos des notes …

    Chacun aura sans doute compris que les notes numérotées de (2) à (5) ont été choisies dans un registre volontairement provocateur.

    Dans toutes les communautés et sous toutes les latitudes – moyennant certes quelques infimes adaptations – ces propos peuvent être utilisés par des apprentis sorciers de gauche comme de droite, qui jouant sur les registres des difficultés du quotidien et de l’émotionnel sauront flatter le nationalisme désuet des uns en blâmant les présupposés comportements déviants des autres…
    Evidemment, selon que nous faisons chorus avec « les uns ou les autres », selon que nous nous trouvions à St Martin ou dans quelque bourgade de France métropolitaine (voir Le Monde, Article paru dans l’édition du 13.10.06, intitulé « Pas de Nègres à Espirat »), ces types de discours, notamment du fait de leur approche globalisante ne manqueront pas de séduire un certain électorat dont l’aspiration vers une meilleure transparence de la démocratie ne paraît pas être le souci majeur.

    En distinguant une des composantes de la population Saint-Martinoise par son origine (voir note 1) pour lui demander des comptes et Dieu sait quels engagements dans la quête du pouvoir politique dans la future COM, ne risquons nous pas d’encourager la création de nouvelles frontières dans les têtes qui ne tarderont pas à faire le lit des gros temps à venir ?

    Cette petite île que la majorité de ses habitants prétend aimer, représente aussi, à sa façon, la France d’aujourd’hui. Si la future collectivité de St Martin, riche d’un vieil héritage souvent bringuebalé sur la longue route de l’histoire, néglige de tout mettre en œuvre afin que se maintienne la liberté, que se réalise davantage d’égalité et que se développe une véritable fraternité, pour continuer essentiellement à privilégier l’argent facile, cette société justifiera peut-être l’appellation parfois susurrée de « Gangster Island »…
    Il est bien sûr probable que certains parmi « les uns et les autres » y trouveront encore et toujours plus que leur compte!

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  4. Ali Laggoune

    J’ai lu avec beaucoup de plaisir la savante dissection de mes propos par Kasaye Kaoha. Je ne me laisserai pas entrainer sur un terrain glissant et, je le crois, sans issue, du moins dans l’immédiat.Avant de refaire le monde en six mois et voir les gens s’embrasser dans les rues de Marigot, il faudra sans doute entretenir nos routes, en créer de nouvelles, construire un tout-à-l’égout, fixer des objectifs clairs et utiles pour éviter de répéter certains manquements graves. Le temps presse, et c’est précisément le délabrement des batiments, des routes, des écoles, des canalisations et de certains donneurs d’ordre qui sont les causes principales des tensions que nous avons connues et qui sont toujours d’actualité. Pourquoi s’adresser aux métros et pas à d’autres? Sans doute parce que si je m’avisais de parler d’autres composantes de la population, un savant comme vous me renverrait dans mes cordes en me reprochant de n’être originaire ni de Quartier, ni de Canton, ni de Port au Prince, ni de…pour oser en parler. Avec 114 nationalités présentes sur l’ile, la liste serait longue et la tache ardue. Parlons de choses précises pour des échéances qui sont proches. C’est peut-être un objectif limité mais il a le mérite d’être à la portée de ceux qui désespèrent depuis trop longtemps et ne veulent pas voir l’Histoire bégayer dans quelques mois.

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  5. OPERA

    Il serait judicieux de préciser que ces mêmes élus ont dit à la population de voter oui car enfin et selon eux cela permettrait aux « saint-martinois » de prendre leur propre destin en main sans les métros les guadeloupéens et les haitiens etc etc;;;;

    Juste retour des choses pour faire fonctionner la nouvelle collectivité il faudra faire venir des métros car personne n’est capable d’élever le nouveau bébé.

    Quant au lycée n’oublions pas non plus la fameuse phrase de Lucette Michaux Chevry qui avait refusé déja il y a une dizaine d’année de cautionner la construction d’un nouveau lycée sous prétexte que ce serait pour des enfants haitiens…

    Opéra,

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  6. Kasaye Kaoha

    UN EXEMPLE DE BON FONCTIONNEMENT DE LA DEMOCRATIE

    Le recrutement comme collaborateur de cabinet de M. Jean-Paul FISCHER, directeur général de la SEMSAMAR :

    M. FISCHER a été recruté par arrêté de la présidente de la Région en date du 15 avril 1993, comme collaborateur de cabinet, pour servir en qualité de chargé de mission auprès de l’agence du développement et des fonds européens de la Guadeloupe.
    L’arrêté de nomination vise les dispositions du décret 87.1004 du 16 décembre 1987 relatif au statut des collaborateurs de cabinet.
    La rémunération de M. FISCHER est fixée au montant brut mensuel de 28.000 F augmenté de l’indemnité de vie chère, soit un total de rémunération brut de 39.200 F. L’arrêté prévoit la prise en charge par la Région des frais de déménagement de l’agent concerné de son ancienne à sa nouvelle résidence.
    M. FISCHER a exercé effectivement les fonctions de collaborateur de cabinet du 1er mai 1993 jusqu’à la fin du mois de février 1994.
    Préalablement à son recrutement par l’autorité régionale, M. FISCHER occupait les fonctions de directeur général de la SEMSAMAR, fonctions dont il n’a pas été déchargé à l’occasion de son embauche par la Région.
    La direction de cette société d’économie mixte dont la production s’est élevée à 20 millions de F en 1993 et 33 millions de F en 1994 ne pouvait donc pas être considéré, ainsi que le soutient M. FISCHER, comme une « activité accessoire ». Ce dernier percevait d’ailleurs à ce titre une rémunération brute mensuelle de 58.788 F portée à 60.551 F à compter du 1er janvier 1994, ce qui correspond à un emploi de direction générale de société d’économie mixte à temps complet.
    M. FISCHER a donc exercé simultanément du 1er mars 1993 jusqu’à la fin février 1994 deux emplois à temps complet au sens des décrets des 29 octobre 1936, 8 septembre 1964 et 20 mars 1991 relatifs au cumul d’emplois publics dans la fonction publique territoriale, ce qui est interdit par l’article 25 de la loi n° 83.634 du 13 juillet 1983 et par les textes réglementaires susmentionnés.
    Comme il a été rappelé plus avant, deux traitements distincts lui ont été versés pour l’exercice de ces deux emplois à temps complet, l’un par la SEMSAMAR pour un montant brut mensuel de 58.788 F, soit un montant de rémunération brut mensuel cumulé de 97.988 F, porté à 99.751 F au 1er janvier 1994.
    Au surplus, l’article 25 de la loi du 13 juillet 1983 précitée prévoit également que « les fonctionnaires ne peuvent prendre, par eux-mêmes ou par personnes interposées, dans une entreprise soumise au contrôle de l’administration à laquelle ils appartiennent ou en relation avec cette dernière, des intérêts de nature à compromettre leur indépendance ».
    Or, la SEM concernée a toujours été un partenaire privilégié de la Région Guadeloupe pour la réalisation de nombreuses opérations dans lesquelles elle est intervenue en qualité de mandataire ou prestataire de services. Le collaborateur de cabinet concerné reconnaissait lui-même en séance du conseil d’administration de la SEMSAMAR du 23/12/92 à laquelle il participait en tant que directeur, que la collectivité régionale faisait partie des « principaux interlocuteurs en termes de recettes » de la SEM ; et déclarait dans la séance du 2/4/92 que « c’est une chance pour celle-ci qu’il puisse avoir des fonctions au conseil régional, car il sera bien placé pour faire avancer les dossiers et obtenir des subventions ».
    Dans les conditions présentes, il est donc légitime de douter de l’ « indépendance » véritable de cet agent, dans l’exercice de ses fonctions de collaborateur de cabinet.
    La Chambre fait remarquer à la Région qu’employer le dirigeant d’un de ses principaux prestataires non seulement n’est pas de nature à lui permettre d’obtenir de sa part des conditions de prix intéressantes mais de plus ne peut que réduire ses possibilités de choix dans le domaine de la délégation de maîtrise d’ouvrage.

    ( Chambre Régionale des Comptes Guadeloupe Guyane Martinique du 06/12/1999 – Extraits)

    _________________________________________

    Michaux-Chevry condamnée
    La présidente (UMP) du conseil régional de Guadeloupe, Lucette Michaux-Chevry, a été condamnée hier (06 novembre 2002) pour concussion par le tribunal correctionnel de Paris à 10000 euros d’amende avec sursis.
    Il était reproché à l’ancien maire de Gourbeyre (Guadeloupe) d’avoir exigé le paiement d’une taxe de 150 à 225 euros pour l’obtention de permis de construire et d’avoir reversé cet argent – au total plusieurs dizaines de milliers d’euros – sur un compte bancaire du Comité de gestion des œuvres sociale, qui était en fait un compte personnel. Le parquet avait requis la relaxe.
    (Libération, 7 novembre 2002, page 18)
    ——
    Lucette Michaux-Chevry condamnée à 20.000 euros d’amende
    Le tribunal correctionnel de Paris a condamné lundi (25 novembre 2002) Lucette Michaux-Chevry, 73 ans, présidente UMP du conseil régional de Guadeloupe et sénateur-maire de Basse-Terre, à 20.000 euros d’amende pour favoritisme.
    Le tribunal a prononcé une peine amnistiable, après paiement de l’amende, pour certains faits de favoritisme. Il l’a relaxée pour d’autres faits de favoritisme et pour le délit de détournement de fonds.
    Mme Michaux-Chevry avait comparu en septembre. Le parquet avait requis 12 à 15 mois d’emprisonnement avec sursis et 20.000 euros d’amende.
    Mme Michaux-Chevry était poursuivie pour avoir attribué sans appels d’offres en 1992-1994 des contrats d’agrandissement ou de construction de lycées à l’entreprise Gepremo, de Louis-Robert Jovignot, 72 ans.
    Ce dernier, également relaxé de recel de favoritisme concernant deux marchés, est déclaré coupable de faux, usage de faux, abus de biens sociaux et recel de favoritisme concernant un marché. Il est condamné à 2 ans d’emprisonnement dont 15 mois avec sursis et 150.000 euros d’amende.
    Contre lui, le parquet demandait 2 ans d’emprisonnement ferme, 370.000 euros d’amende, une privation des droits civiques et l’interdiction d’accès aux marchés publics.
    M. Jovignot a déjà effectué en détention provisoire en 2000 et 2002 la partie ferme de sa peine.
     » Jean-Paul Fischer, président de la Société d’économie mixte de Saint-Martin (SEMSAMAR), poursuivi également dans ce dossier, a été relaxé.  »
    Le 15 novembre dernier, Mme Michaux-Chevry a été condamnée dans une autre affaire à 4 mois d’emprisonnement avec sursis pour usage de faux. Le 6 novembre, elle avait été condamnée pour concussion par le tribunal de Paris à 10.000 euros d’amende avec sursis pour une affaire de permis de construire, lorsqu’elle était maire de Gourbeyre (Guadeloupe). Ces deux peines sont amnistiées.
    Dans l’affaire jugée lundi, Mme Michaux-Chevry avait réclamé sa relaxe en soutenant qu’elle n’avait pas le pouvoir de prendre seule les décisions qu’on lui reproche.
    La société Gepremo, de M. Jovignot, avait pour seule activité depuis 1989 la fourniture de bâtiments préfabriqués pour les établissements scolaires de la région de Guadeloupe, devenue son unique client. L’enquête sur les éventuels abus de biens sociaux de M. Jovignot a conduit la police à enquêter sur des mouvements d’espèces de 8,5 millions d’euros en 1994-1998, sur lesquelles 5,8 ont totalement disparu. Au bénéfice de l’élue, laissait entendre le parquet sans toutefois pouvoir l’établir.
    Mme Michaux-Chevry avait répondu notamment qu’elle n’avait fait que respecter les choix des services techniques de la région, que la commission d’appels d’offres, composée d’élus de la majorité comme de l’opposition, avait voté à l’unanimité pour l’autoriser à signer.
    PARIS (AFP), 25 Novembre 2002 15h39
    ____________________________________

    L’ex-patronne de la Guadeloupe, surnommée « mal-famn » et les affaires dans lesquelles elle est impliquée n’indiquent pourtant pas de prime abord que celui présenté comme son bras droit était « Jean-Paul Fischer », d’origine alsacienne, ancien directeur d’hôpital, recruté par Mme Michaux-Chevry comme directeur des services techniques du département en 1982. Actuellement, le « métro » est directeur général de la société d’économie mixte de Saint-Martin (Semsamar) » tandis que la Guadeloupéenne a tout de même été élue sénatrice !

    Alors M. Ali Laggoune, ne comprenez-vous donc pas qu’avec un peu de bonne volonté il y a toujours moyen pour les natifs et les métros de s’entendre, de créer du lien social – ou autre – et d’œuvrer à l’avènement d’une démocratie la plus transparente possible! Pour cela il suffit de convenir ensemble du bon tarif et de son subtil partage …

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  7. J.T.

    Quel type de scrutin pour quelle représentativité ?

    Après avoir vilipendé « les tontons flingueurs de la communauté métropolitaine » qui en 2001 se sont signalés par leurs divers manquements de courage et leurs reniements, vous rappelez à juste titre que « les commentaires de café du commerce [ayant] toujours supplanté les actions responsables » il serait « indigne de pleurnicher après la bataille en fustigeant les vainqueurs d’une élection à laquelle trop peu de métros ont participée ».
    Outre le fait que vous assimilez également au passage, les « métros » à « la danseuse des élus, la fille de joie que l’on cache aux aurores après l’avoir troussée à l’hôtel » – en d’autres termes à des putes dont les souteneurs sont élus Saint-Martinois – vous en venez à regretter « l’absence des métros dans la vie politique à Saint-Martin [qui] est scandaleuse à plus d’un titre »…d’autant plus qu’ « elle traduit mal la réalité démographique mais, plus grave encore, elle laisse à penser que les Métros se désintéressent des problèmes de la commune, ce qui est totalement faux. »
    Si vous n’avez sans doute pas tort sur certains points, on regrettera cependant votre silence s’agissant de la participation de ces « métros » lors du référendum de décembre 2003. Pensez-vous que leur vote aurait quelque peu contribué favorablement au choix du changement statutaire ?
    Si cela était le cas, ne faudrait-il pas alors envisager la création d’une structure, peut-être d’abord associative, dont l’objectif consisterait tout en développant les liens sociaux, à sensibiliser et à motiver toutes les personnes qui n’acceptent plus de cautionner les erreurs commises par les uns et les excès imputables aux autres ? A force de débattre des problèmes du quotidien, ne provoquerait-on pas ainsi un renouveau citoyen s’acheminant normalement vers cette démocratie de proximité dont vous déplorez avec raison l’absence à St Martin ?
    Bien sûr et contrairement aux idées reçues, une telle démarche s’avérera incohérente, si vous voulez privilégier à tout prix une stratégie s’accommodant d’à priori de type « communautaire ». D’ailleurs dans ces conditions, non seulement vous priveriez votre « désir de servir la Cité » d’un foisonnement de pratiques apportées par d’autres, souvent ignorées et pourtant efficaces, mais qui plus est vous donneriez des bâtons à vos adversaires, qui ne manqueraient pas de s’en servir contre vous, sans vergogne.

    Selon toute vraisemblance, les affaires de la future collectivité devraient être gérées par une assemblée délibérante, qui comprendrait 23 membres élus pour cinq ans, au scrutin de liste à deux tours, avec dépôt de listes complètes, sans aucune possibilité de modification.
    Sans préjuger des règles qui éventuellement viendraient encore dans cette votation rectifier à la fois les critères retenus pour être électeur et le rajout ou non d’une once de proportionnalité, votre maxime « la clé du scrutin c’est un homme, une voix » ne mériterait-elle pas d’ores et déjà que soit mise en oeuvre une fameuse liste …de candidat(e)s d’opposition ?

    J.T.

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  8. Ali Laggoune

    Le temps presse, bien évidemment…Et tandis que nous pérorons, les appareils s’activent.
    Une liste citoyenne, formée de représentants de toutes les communautés doit voir le jour au plus vite, si nous voulons faire entendre un son de cloche différent.
    Que chacun contacte des femmes et des hommes de bonne volonté, capables de proposer des actions concrètes dans leur domaine professionnel. Si la population reçoit un message de qualité, elle ne restera pas insensible.
    La seule énumération du bilan calamiteux des 20 dernières années devrait suffire à donner la nausée aux électeurs les plus bornés mais on ne sait jamais…
    Pour convaincre, il faut trouver des citoyens qui, par leur compétence et leur connaissance du terrain, donneront aux électeurs de demain, l’irrépressible envie d’ouvrir la fenêtre pour aérer leur vie. Je ne sais si cela va arriver…
    C’est pourtant la seule façon de s’inviter à la table des candidats du passé et du passif pour leur rappeler qu’ils ont seulement reçu mandat en 2001 et que la maison qui leur a été confiée par les électeurs pour six ans ne leur appartient pas.
    Elle n’est pas non plus en viager !
    L’alternance reste le meilleur des régimes, en diététique comme en politique!
    Affaire à suivre…

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