Ali Mimoun, vas-y Bobet

alain Mimoun

Cartes postales 1955-56


Le taux de fécondité du Baby Boom est de 2,6 enfants par couple. Chez les Jomal, on a pas dépassé la virgule ! Deux paires de loustics, avec des “pull-ovaires” tricotés mains. Chemisettes et socquettes blanches, un ballon d’foot. 
Roulez jeunesse et vive le sport.

Dans les années 50, Alain Mimoun et Louison Bobet étaient des sportifs très populaires. Mimoun, a fait retentir la Marseillaise aux antipodes. Médaille d’Or du marathon aux JO de Melbourne. Né le 1er Janvier 1925 près d’Oran en Algérie très sensible aux « signes » du destin, il était persuadé qu’il allait gagner. Les signes, souvent évoqués par Mimoun après la course, étaient multiples à ses yeux. Il portait le dossard numéro 13. La course débuta à 15 h 13. La veille de la course, il apprend par télégramme qu’il est père d’une petite fille qu’il prénomme Olympe.

Je me souviens avoir vu Alain Mimoun s’entraîner dans les sentiers du Bois de Vincennes.  A son passage j’entendis mon père l’encourager : Ali Mimoun, avec un “i”

Louison Bobet, fut le premier à gagner consécutivement trois  Tours de France ( 1953-54-55). En ce temps là, c’était du 34 Km / hres de moyenne…

Je m’souviens de la voix de Georges Briquet, à la radio le dimanche après-midi  dans ”Sport et musique”. Pour la transmission des étapes dans la montagne, ça crachotait au sommet des cols. Si bien que c’était pas  évident de savoir qui  passait en tête.
Dans la mémoire du français-moyen,  chacun a sa bonne cuvée Tour de France,  le cru est générationnel.

Ecrivant une lettre au Président, un ingénieur pataphysicien génial 
et anti-militariste chantait le Déserteur, au moment des luttes d’indépendances pour la décolonisation, après l’Indochine et avant l’Algérie. Le couplet original à la fin de la chanson a été censuré:

Si vous me poursuivez prévenez vos gendarmes

 que je tiendrai une arme et que je sais tirer.

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Cliquez ici pour écouter  Boris Vian 

première mise en ligne 13 mai 2007

 

 


 



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6 thoughts on “Ali Mimoun, vas-y Bobet

  1. Jean-Michel

    Sûr qu’un commentaire sur le Déserteur de Boris Vian, c’est déjà presque vulgaire. Mais le dernier couplet en invitant les gendarmes à tirer (même s’il est le fruit de la censure mais pas complètement…) lui donne une dimension Christique immense… Boris Christ…
    Celà dit, il est clair qu’il faut savoir comme le Mouvement Ouvrier Internationnaliste à son époque flinguer du nazi chaque fois qu’il remue sa tête immonde et cracher à la gueule de tous les tortionnaires sans trembler…
    Bref, ce terrible combat des braves qui passe mystérieusement par un combat violent contre les adèptes de la violence c’est l’honneur des Justes.

    Amicalement.

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  2. JT

    @Jean-Michel

    La bravitude fut certes un grand moment de cette remarquable Star Ac qui n’en finit plus de nous convier à  » la fabrique du consentement « … mais alors pourrais-tu nous expliquer de quels braves et de quels combats il est question dans ton commentaire ?
    Merci.

    JT

    Reply
  3. Jean-Michel

    @ JT

    Je songeais aux « nazismes » c’est à dire à cette pulsion de mort qui traverse l’Histoire et qui peut prendre des formes bien différentes et revenir toujours. Les tragédies du XX° siècle en témoignent atrocement.
    Les écrits de Varlam Chalamov, Mandelstam, Primo Levi, Rithy Panh, Imre Kertész et combien d’autres nous aident à garder le souvenir vivant de l’horreur humaine mais il faut et il faudra tout faire pour terrasser la « Bête » avant qu’elle ne ressurgisse quelque part…

    Cordialement.

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  4. JT

    Pourquoi dites-vous les « nazismes » ?

    A l’Ecole de la République, nos maîtres nous expliquèrent – non sans précautions – l’histoire de cette Allemagne qui était alors encore « coupée en deux ». Ils tentèrent aussi de nous exposer cette singulière idéologie qui fut appelée nazisme. Ils nous firent partager leur perplexité devant l’incroyable émergence de cette quasi-religion et sa remarquable concrétisation politique. Ils nous montrèrent enfin, comment, en peu de temps, Hitler et ses séides réduisirent et absorbèrent totalement l’Etat allemand.

    A l’aide de documents divers et grâce aux témoignages de quelques anciens déportés, ils nous permirent de découvrir une partie – certes infime – des objectifs que le Troisième Reich avait réalisé, grâce à l’application méthodique du nazisme.
    Nous auraient-ils donc tous délibérément trompés en insistant sur l’aspect unique de cette doctrine? Ou alors auraient-ils pu vraiment ignorer l’existence « d’autres nazismes » ?

    Sans doute pour nombre d’entre eux, surtout pour ceux qui avaient vécu cette époque dans leur chair, l’emploi de ce mot au pluriel n’était ni concevable, ni même envisageable. Pour ces professeurs il eut été d’ailleurs tout autant impensable de vouloir débattre de l’idéologie nazie sans avoir au moins consulté « Mein kampf ». Et de fait, à l’exception de l’Allemagne de Hitler, ils ne connaissaient pas d’autres systèmes politiques ayant pris corps à l’identique. Pour eux, seul le NSDAP avait réussi en définitive à bâtir un Etat sur une telle vision du monde ! Nulle part ailleurs qu’en Allemagne nazie un quelconque régime politique n’avait osé se fixer les mêmes buts à atteindre !
    Et lorsqu’ils nous dépeignaient les origines et fonctionnements des divers gouvernements de cette époque, ces pédagogues consciencieux ne s’autorisaient aucun amalgame entre le nazisme et les autres systèmes totalitaires. Et si certains furent embarrassés par les options de la France de Vichy, ils n’occultèrent jamais ni les compromissions respectives ni les implications réelles des régimes liberticides dans la longue liste d’hécatombes de « Ce vieux siècle [qui] n’a pas fait une belle fin » comme l’écrivit bien plus tard le grand historien britannique Eric J. Hobsbawm.

    Alors pourquoi n’ont-ils jamais parlé « des nazismes » ?

    Peut-être parce que ces maîtres animés d’un souci d’exactitude, accordaient tout naturellement davantage d’importance aux mots qu’ils utilisaient.
    Peut-être leur manquait-il la propension qu’ont aujourd’hui ces émules de Néron qui comme lui quand Rome brûle, déclament des vers déplorant le brasier et ses victimes, en oubliant les victimes elles-mêmes et leurs véritables souffrances…
    …tout comme ces charlatans qui « sous un fatras de symboles et d’hommages à la Résistance », s’appliquent sans vergogne à en exploiter la mémoire tout en détruisant ses acquis…

    Un fils de déportés des camps nazis – aujourd’hui tous deux décédés.

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  5. Michelle

    Savez vous que tous les grands savaient pour la « destruction » des juifs d’Europe?
    Savez vous que la Banque Chase aux USA , changeait les biens des juifs en dollars pour les Nazis?
    Savez vous que dans l’Or qui circule dans le monde entier, il y a des reliquats de l’or et des dents arrachés aux juifs d’Europe?
    Je vais mettre tout ça, aujourd’hui sur mon blog

    =================

    En prolongation de ce post, voir les commentaires ici :

    http://jabiru.blog.lemonde.fr/2006/09/01/2006_08_l_edelweiss_la_/#comments

    JAB.

    Reply
  6. Jean-Michel

    @ JT

    Le mot « nazismes » au pluriel a été employé la première fois par Jacques Derrida, un philosophe qui n’avait rien d’un Néron et tout d’un grand professeur. Il dénonçait dans le discours heideggérien (écrits et actes) « la possibilité et la réalité de tous les nazismes ».

    J’employais ce terme générique pour témoigner que la Mémoire est notre seule défense immunitaire culturelle contre cette pulsion de mort (concept freudien) qui traverse les idéologies génocidaires d’hier et je le crains de demain.

    Il ne s’agit pas d’un coupable amalgame. Les guillemets utilisées servent justement à sous entendre que le mot « nazismes » est à prendre dans le sens du risque constant de déferlement de la barbarie universelle dont le régime hitlérien fut un exemple particulièrement efficace.

    Mais ne nous trompons pas de polémiques en ce début de millénaire. Il faut inventer un humanisme systématique dont l’objectif serait d’équilibrer économiquement, technologiquement, écologiquement notre planète, ce grand corps malade.

    Et cet humanisme reposerait sur une relation renouvelée à notre Terre-Patrie, mais aussi et surtout à l’Esprit, relation ou renaissance spirituelle qu’à titre personnel je conçois comme un dialogue spirituel entre l’Orient et l’Occident, le contraire de la guerre en somme.

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