Dona Bryhiel

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dbSa galerie se trouve à Oyster Pond, à l’Est de l’île. C’est un « Jardin Secret » où l’artiste accueille elle-même ses nombreux visiteurs.

Native du Sud de la France, elle a connu à Marseille une enfance douloureuse.Sa résilience est exemplaire. Ecole des Beaux Arts, l’apprentissage du dessin et du mouvement capturé sur le vif. Une vie entière où la mère et la femme n’étouffent pas l’artiste.

En Avignon, les Belles Lettres lui on ouvert une rencontre, une inspiration vers  Laure & Pétrarque. Les amoureux de Baudelaire se réjouisent de ses aquarelles illustrant les Fleurs du mal.  Pour visiter son site www.donabryhiel.com

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Le thème de Cristina Psaume 91 a retenu sa sensibilité féminine, avec lucidité et compassion. Nous avons croisé l’image de mes photos réalistes avec ses dessins et les couleurs de sa peinture. Elle a choisi quelques photos sépia de mon  reportage AU BORD D’ELLES pour les transmutter sur la toile. Un croisement synchrone, que la vidéo nous précise, sous la voix chaude de Césaria Evora.

 


Dona Bryhiel – Oyster P… par jabiru

Dona Bryhiel

TU VOIS CE QUE JE VEUX DIRE ?
Le jardin secret de Dona Bryhiel

 

Chaque matin à Oyster Pond se succède l’harmonie céleste du lever de soleil aux couleurs changeantes. C’est au levant à l’Est de l’île. Le soleil et la lune y donnent rendez-vous aux âmes romantiques. Il y a une Marina abritée et active construite par le Captain Oliver, un pionnier du Tourisme.
Entre les récifs, un chenal d’accès balise l’accès étroit des bateaux. Oyster Pond est un lieu naturel et paisible offrant une vue panoramique sur l’Immensité de Atlantique. Baigné par le souffle des alizés et le parfum iodé de la mer, on y respire un air de liberté, loin des mégapoles continentales.
En vol groupé les fines aigrettes blanches planent légères. La pêche plongeante des pélicans avides trouble leurs yeux dans les eaux salés. Les plus gourmands deviennent aveugles. Les troupeaux familiers des chèvres le long de la route et les vaches saines et étiquetées donnent toujours de la viande aux habitants. La campagne en bord de mer, là où pondent les tortues le long de la Réserve Naturelle. Juste là sur les hauts fonds des baleines, se reproduisent à partir de Noël, descendues de l’Arctique. Au large se profile l’île de St Barthélemy, solide comme un roc au milieu de l’océan.

A Oyster Pond, il y a un petit « Jardin secret » à visiter. Le « Jardin secret » d’une femme discrète et talentueuse. Dans sa galerie : des dessins et des tableaux. Elle est peintre.

L’ENFANCE ET LA RESILIENCE
Le désir de créer est en chacun de nous. Pourtant le besoin de peindre est peu répandu. Peu d’enfants développent ce talent. Peu d’adultes préservent au fond d’eux-mêmes l’émerveillement et la spontanéité de l’enfance. Dona Bryhiel , c’est l’inverse. Créer et peindre, c’est sa vie. Voici l’histoire.

Nous sommes en Provence au Sud de la France. Elle vient d’avoir sept ans, l’âge de raison. Très soudainement, sa vie vient de basculer. Un terrible imprévu, un choc, une déchirure effroyable.
A travers la vitre arrière de la voiture, le regard de l’enfant observe les vergers en fleurs de sa Provence natale. Vous savez, comme dans les tableaux de Van Gogh ou Cézanne. Maman conduit. Sortie de Route. Accident. A la place du mort, Papa et son dernier sourire protecteur.
Le deuil et sous la carapace du crâne, le murmure des fantômes. Maman est devenue paraplégique. Fille unique, l’orpheline est prisonnière d’une mère qui la rejette dans une maltraitance quotidienne. Le dénuement, l’enfer quotidien. La vie a sombré du mauvais côté. Sept ans et autour d’elle bien trop de solitude et de déraisons. Sans amour ni tendresse comment trouver le calme et le bonheur pour pousser mieux ?

Viendront l’internat et l’accueil chez les bonnes sœurs Salaisiennes. Tutrices de remplacement, protection contre le mal. Dona retrouve le sommeil et de quoi manger. Ses nuits ne sont plus déchirées par les cris cauchemardesques et les appels. Pour vaincre sa souffrance indicible, l’enfant blessée se réfugie dans la rêverie. Elle y puise des pépites de beauté pour supporter le réel et même l’embellir. L’émotion visuelle, les paysages, les couleurs, les parfums. Une sensibilité débordante bercée par les chants grégoriens.
La fillette maigrichonne et chétive est exclue des jeux des grands qui repoussent le vilain petit canard. Se protéger d’une réalité agressante et puiser dans l’imaginaire quelques raisons de la transformer. Pour attirer leur attention elle joue à la marchande de bouteilles qu’elle remplie d’eaux colorées. A douze ans, sœur Georgette lui fait travailler le dessin et la peinture. Des amandiers en fleurs au Printemps. Le premier compliment. Une simple petite graine qui va germer, l’estime par la peinture. La fillette est sauvée. Un long et lent processus lui permettra de trouver le chemin du bonheur malgré le traumatisme et les circonstances adverses : une résilience.
A seize ans, petite chose apparemment fragile mais déterminée, elle est émancipée par un juge. Longtemps après, elle ne pourra supporter les reportages sur les enfants maltraités. Dans l’histoire d’une vie, on n’a jamais qu’un seul problème à résoudre. Celui qui donne sens à notre existence et impose un style à nos relations.
La blessure de l’enfance, puis l’école des Beaux Arts, le mariage réussit , une fille et un garçon. Elle est la mère aimante. Le ciment de la famille qui lui fit défaut. Ceux qui ne savent pas donner ne savent pas ce qu’ils perdent.

LA FEMME ET LA PEINTURE
Son parcours en peinture et le contenu de son œuvre s’appuie sur une volonté constante : regarder et dire le monde avec simplicité et vérité. « Tu vois ce que je veux dire ? » Au musée Cantini de Marseille sa première émotion artistique jaillira d’un tableau représentant deux chaussures cloutées, posées sur une chaise. La chaise de Vincent. Sa sensibilité picturale et poétique est proche de Chagall quelle admire. Comme lui, elle s’évade dans la fausse naïveté d’un vrai espace poétique.

La naissance de chaque nouveau tableau arrive à maturité après neuf mois de gestation. C’est son rythme. Un cycle féminin, bercé toujours par la rencontre d’une musique nouvelle. Une sonorité, un rythme évocateur. Le thème nouveau que contient chacune de ses toiles est toujours déclenché par la sensibilité des émotions personnelles. Une musique, une odeur, une silhouette, une rencontre. Des petits riens, des détails, une coloration extrême du vécu qu’elle intériorise et met en forme dans sa mémoire visuelle. Ils déclenchent son besoin de créer. L’émotion soudaine de l’inattendu et le ravissement de la beauté l’attirent. Comme un papillon qui choisirait d’abord les couleurs d’une fleur avant de s’y poser dans l’émerveillement. Ce sentiment esthétique suppose d’avoir conserver la sincérité et la fraîcheur d’âme de l’enfance ; à quoi ne peuvent plus accéder les esprits blasés et sceptiques. L’émerveillement est une grâce que la beauté accorde à ceux qui ont le cœur pur.

Avant de vivre sous le soleil Tropical de St Martin, Dona Bryhiel a vécu en Provence. Elle y retourne trois mois par an. Un thème constant, dans sa peinture chante la Femme. C’est en Avignon, dans la bibliothèque de l’ancienne cité des Papes, capitale de la Chrétienté, qu’elle découvre les manuscrits moyenâgeux en italien ancien de François Petraque [ 1304- 1374 ] et ses poèmes d’amour inassouvi pour Laure. Béatrice et Dante, Heloïse et Abelard, Laure et Pétrarque. La femme muse. Dans l’œuvre de Dona Bryhiel, le thème de Laure témoigne de sa culture profonde . Elle l’imagine comme une sœur, une autre elle-même et la peint. La chevelure longue et blonde de Laure, flotte au vent dans les plaines dorées, ondulantes sous le souffle du Mistral.

La femme noire caribéenne est une autre sœur. Elle la peint dans un élan de solidarité qu’elle étend à toutes les autres femmes avec leurs histoires, leurs beautés, leurs forces et leurs faiblesses. Parallèlement à ses grandes toiles uniques , elle dessine des petits livrets intimes et travaille sur le corail et la céramique. Par cette création quotidienne elle cultive en liberté le secret de la magie de la représentation de la vie. A Oyster Pond, il y a un petit « Jardin secret » ouvert à l’intimité souriante d’une visite et d’une rencontre de qualité.

Texte publié en 2005 dans le Magazine DISCOVER ST MARTIN #18

 

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4 thoughts on “Dona Bryhiel

  1. VEYRE MARIE-THERESE

    SUPERBEMENT BIEN ILLUSTRE ET DELICATEMENT RACONTE…jai beaucoup apprécié ….. Me VEYRE ( qui fait l’entretien du cabinet dentaire du Dr DRAHY)

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  2. Mireille INSULLA

    J’aimerais tant pouvoir venir découvrir votre univers à St Martin, mais celui que vous m’avez présenté sur Avignon n’est pas une toile que l’on peint, c’est un tableau unique, celui du coeur..votre vie est si bien décrite dans ce commentaire…tellement vrai…puissiez-vous puiser encore pour de nombreuses années ce don du ciel… amitiés

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