Renaissance de la Belle Créole

La pointe du Bluff

Je vous invite d’abord à regarder cette vidéo de 3: 30 . Un entretien  dans son cabinet avec le talentueux architecte   Mauricio Lanari, qui m’offre l’amicale courtoisie d’un scoop réjouissant, en ce début d’année  2014 !

 

La pointe du Bluff

La pointe du Bluff

 La Pointe du Bluff est très certainement le site le moins connu de toute l’île. Presqu’île  formant l’extrémité ouest de la large baie de Marigot.  De tout temps, réalités et légendes se sont étroitement confondues au sujet de cette terre isolée et déserte, à tel point qu’il est aujourd’hui bien difficile d’en démêler la véritable histoire. Trop exposée aux éléments marins et éoliens pour en faire un lieu d’habitat, la Pointe du Bluff a dû représenter un site de pêche et de récolte privilégié pour les Indiens Arawaks qui s’étaient installés sur les rives plus hospitalières et protégées de l’Etang Rouge, tout proche. Plus tard, les premières cartes de l’île mentionnent l’installation d’une batterie de défense permanente de la Baie de Marigot, armée de plusieurs canons. Ce projet ambitieux, destiné à compléter le rôle protecteur du Fort-Louis  sur la capitale de la partie française, n’a jamais été mené à son terme. Tour de guet naturelle gardant l’entrée ouest de la Baie de Marigot, la Pointe du Bluff ne sera qu’épisodiquement « armée » et servira surtout de poste de vigie afin de prévenir les nombreux raids des vaisseaux anglais contre la ville.

Les grandes dalles de calcaire formant la côte Est, furent un temps recherchées comme matériau de construction. Non loin de là, sur l’emplacement en ruine de l’ancien complexe hôtelier de la « Belle Créole », un lieu plus commode d’accès, toujours nommé « Pointe des fours à chaux« , connut une exploitation nettement plus efficace. A l’époque de l’essor économique de l’île, alors que le trafic maritime devint régulier et important, l’extrémité de la Pointe du Bluff fut dotée d’un phare destiné à signaler l’entrée de la baie aux navires de commerce venus charger le sucre, le coton, l’indigo, le sel ou le bétail. Les ruines de sa base en maçonnerie subsistent encore.

carte de St martinLa géomorphologie de cette presqu’île proche du bourg et facilement contrôlable, en fit un site idéal pour y installer les structures d’une « quarantaine » très sécurisée, ou étaient systématiquement isolés les navires et les équipages suspectés d’importer sur Saint-Martin  une quelconque maladie contagieuse. Quelques anciens saint-martinois se souviennent encore de cette fonction sanitaire du « Lazaret »  qui perdura jusqu’au début du siècle dernier, avant de disparaître, restituant à la Pointe du Bluff une sérénité seulement interrompue par les visites très épisodiques de quelques rares pêcheurs en quête, eux aussi, de solitude.  

 Il convient de rappeler  brièvement  l’histoire du complexe hôtelier de la Belle Créole conçu initialement par l’architecte Kenneth H. Barricklo . Claude Philippe du Waldorf Astoria a commencé à construire l’hôtel dans les années soixante dans une réplique d’un village méditerranéen. Il a manqué d’argent et l’hotel reste à moitié achévé. Après une longue période, la construction définitive a été réalisée par un autre propriétaire et l’hôtel été ouvert en 1988 . Après le cyclone Luis en 1995 le site est  resté fermé.  Il y avait de gros problèmes avec le syndicat   local qui a exigé les pleins salaires pour la période de fermeture avec tous les employés  réembauchés, alors que seulement 25 chambres ont été réouvertes. Les propriétaires ne pouvaient pas acceptés les revendications non réalistes du syndicat et il est resté fermé.

 

La Belle Créole un centre de villégiature cinq étoiles

la belle creole 1990

la belle creole 1990

Extraits de la présentation de 1990 – La Belle Créole, du côté français de St. Martin, comprend la pointe 25 hectares d’une péninsule isolée. Les vues sont à la mer vers Anguilla et Saint-Barth, ou sur la baie de Marigot avec panorama sur l’épine dorsale des collines de l’île .

Belle Créole 1990La Belle Créole a été construit en pierre pour ressembler à un village de pêche français. L’hôtel est dominé par une tour rose, visible à de nombreux miles. Les jardins sont magnifiquement aménagés. Deux belles plages sont à l’usage exclusif des clients de l’hôtel. Après avoir passé une grille gardée et en remontant une petite route sinueuse, les visiteurs arrivent sur une grande place de fête avec fontaine.  De nombreuses suites et chambres se trouvent hors des allées pavées qui relient des cours ombragées, des terrasses en pierre et 22 bâtiments distincts. Les espaces publics sont variés,  aérés et intimes. L’aménagement paysagé est luxuriant et bien entretenu. Les chambres de La Belle Créole sont exceptionnellement  généreuses  et fraîches. Sols en terre cuite,  plafonds avec poutres apparentes, meubles en bois sculptés à la main, tissus colorés , salles de bains équipées avec tout le confort moderne, style tropical et aquarelles de première classe des artistes locaux.

Architecte Lanari

Architecte  Mauricio Lanari  –   10 janvier  14

Pour l’architecte Mauricio Lanari  » Ce qui a été déterminant c’est le tour de table organisé à l’initiative du préfet Chopin, avec protocole d’accord réunissant tous les  participants, investisseurs venant de Dallas, Robert Trawn propriétaire depuis 2003, les services de l’administration française et la direction de la Collectivité. Depuis sept ans sur ce dossier je n’avais jamais vu une telle efficacité et la volonté de faire enfin aboutir ce projet ! 

100.000 m², 60.000 m² constructibles avec  coefficient de 35% de surface habitable soit 35 000 m².  C’est un Hôtel 5 étoiles avec 120 chambres. Une Cie hôtelière américaine excellente pour le niveau qualité . En complément sur la plage et liés à l’hôtel des bâtiments de 2/3 chambres, pour un total supplémentaire de 250 lits. Six mois de démolition, 3 ans de construction et 400 emplois hôteliers à la clef . »

C’est une belle victoire pour ce remarquable acteur de la société civile de Babel St Martin. Nous nous connaissons depuis 1997, travaillant  avec le géomètre Yves Pivetta rue de Concordia, le modeste architecte argentin rénovant et construisant des hôtels à Cuba. Je me souviens de l’ambiance au Cabinet à l’été 1998. Coupe du monde de Football, l’Argentine et la France en compétition…

J’ai  récemment suivi de près sa descente aux enfers, lorsqu’il a été mis au trou a chiotte dans l’enquête à charge du Major Tricoire, puis déporté menotté en Guadeloupe  comme un criminel, avec Amélie sa jeune collaboratrice, mère d’un jeune bébé …  Accusé de corruption, avec Pierre Aliotti et des employés du service de l’Urbanisme,  il restera assigné sur place en Guadeloupe pendant plusieurs semaines, à la disposition du juge d’instruction. Passeport confisqué. Empêché de circuler  et de travailler. Cet argentin ne fait pas de scénographie touristique , il pratique une architecture du XXI° siècle. Il a réalisé le superbe West indies  à Marigot, pour la famille Petit.

L’essentiel aujourd’hui, c’est que la juge d’instruction Camille Blanc a prononcé à Basse Terre en Septembre dernier, un non lieu général et définitif  pour l’accusation pénale de corruption  sur la villa   Sayan aux Terres Basses.  Pierre Aliotti, a lui aussi beaucoup souffert de cette  enquête  à charge,  initiée par le  Major Tricoire, pris aujourd’hui en  fautes déontologiques , salissant sans preuve sa réputation.

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