Belle Epoque

belle epoque

par Dominique M.

Merci pour ton Blog qui permet à St Martin d’avoir une source d’information indépendante et objective.  Je me permets de témoigner pour faire ressentir la situation ubuesque que je viens de connaitre hier soir. Je précise que j’habite depuis une vingtaine d’années sur l’île.

belle epoqueJe me trouvais sur la Marina de Marigot aux alentours de 20 heures, quand un ami nous a invité avec mon épouse à dîner au restaurant la Belle Epoque . Nous nous sommes donc attablés  en terrasse et nous avons assistés au balai permanent des crackers et drogués en tous genres qui passaient et repassaient devant le peu de clients osant encore aller dîner sur cette marina, que j’ai connu il y a plus de 20 ans et qui grouillait de résidents et touristes.

Nous avons vu passer  « 2 dollars » (je le surnomme comme ça, car il demande toujours 2 dollars aux personnes qu’il aborde) au moins 10 fois, allant et venant d’un pas rapide «crack-crack »
Nous avons ensuite vu passer au  moins cinq fois devant nous un autre cracké un grand blond métropolitain, qui traîne souvent devant le supermarché Simply à Sandy Ground, qui avec le temps il est de plus en plus crade. A suivi une jeune fille  pas encore trop atteinte par les ravages de la drogue qui est repassée trois fois. ainsi qu’un autre junkie.
Puis le grand blond (sans chaussures noires) s’est vu poursuivre par une autre femme droguée, venant comme les autres du parking à côté de la Marina. Ils ont failli se battre devant la terrasse d’où les clients ont suivis leur dispute en direct.

Je ne comprends pas tout du le laxisme de la Collectivité , ni des personnes en charge de la sécurité à St Martin. Je me pose seulement la question suivante : si j’avais été un touriste en vacances sur cette île dont nous cherchons à promouvoir  la destination, pour qu’ils viennent dépenser de l’argent ici, comment aurai-je réagi a cette lamentable « animation » ?
Très sincèrement, jamais plus je n’aurai remis le pied sur cette marina .
Je comprends maintenant le malaise de tous mes amis me disant qu’ils préfèrent dîner du côté de Simpson Bay ou Maho ,car ils ne se sentent pas agressés ni en insécurité.
Je comprends aussi que tous les restaurants que j’ai connu ouverts, jettent l’éponge l’un après l’autre. Je me suis permis de demande au célèbre Mehmet pourquoi rien n’était fait. Il m’a expliqué qu’il n y a plus de société de sécurité  contrôlant la marina, car plus personne ne paye ou ne peut plus payer .

Pendant ces 2 heures où l’action était plus sur les pontons que dans l’assiette, nous n’avons point vu non plus une présence de la police territoriale, ni de la gendarmerie pour virer tous ces allumés qui ont élu domicile sur cette Marina.

Je me rappelle la belle époque où c’était la Semsamar qui payait le service de gardiennage de ce lieu jadis hautement touristique. Merci à Jean Paul Fischer d’avoir en son temps compris avant les autres, que si on ne protégeait  pas nos lieux touristiques, la plupart des américains se retrouveraient sur le dutch-side, ou sur d’autres îles moins dangereuses.

Aline HansonMadame Aline Hanson je sais que vous avez a cœur que la jeunesse saint martinoise prenne conscience que St Martin vit du tourisme et que moins les réseaux sociaux ou les blogs ne parleront de ces dérapages et des problèmes liés à la drogue , meilleur sera le baromètre pour recevoir des nouveaux touristes  développant sur facebook ou twitter des avis positifs pour St Martin.

Deuxième sujet. Lors du récent décès d’un motard qui faisait de la roue arrière sur la ligne droite de Quartier d’Orléans, j’avais beaucoup aimé la façon dont tu avais abordé le sujet.
Ta conclusion était simple : si on apprend pas  à ces jeunes de ne pas faire de wheeling sur des routes pleines de voitures et d’enfants ,il y aura d’autres décès ( voir accident mortel d’hier à Marigot dans les mêmes circonstances)
Je viens de  vérifier la liste des amendes pour défaut de casques, papiers, assurance …
Messieurs les gendarmes, la majorité des jeunes en deux roues, ne possèdent rien de tout ça et menacent  par leur attitude la sécurité des autres utilisateurs de la route.
Ces comportements dangereux se concentrent principalement sur Sandy Ground à des heures où vous êtes en train de déjeuner ou de dîner  et sur la route nationale à Quartier d’Orléans toute la journée où vous n’êtes jamais.
Une seule solution, confiscation du scooter et après on prend le temps de vérifier. Je comprends toutefois qu’il doit être beaucoup plus rentable et facile de prendre des euros à un touriste  qui a bu une bonne bouteille de vin que de poursuivre 3 scooters en fuite et faire vraiment son métier pour donner de la sécurité à ses concitoyens.

La partie française se meurt, je l’ai bien compris ce soir en dînant à la Belle Epoque sur la Marina. Messieurs les acteurs du développement de St Martin allez dîner sur la marina et essayer de vous mettre à la place de nos pauvres touristes.

C’est ma vision de St Martin, ce n’est plus du tout celle que j’ai connue il y a vingt ans .

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Un second témoignage avec une analyse élargie

J’y étais le même soir avec mon épouse, et je confirme tout à fait.

Photo Patrick Beaudou

Photo Patrick Beaudou

C’était la dernière soirée de ses vacances. Elle n’était plus revenue sur l’île depuis six ans, époque où cela nous arrivait d’aller manger sur la marina. Le problème existait déjà, mais était moins sensible. Puis il y a eu une période où on a posé des grilles aux entrées et des gardiens arpentaient les lieux. Aujourd’hui, comme je m’étonnais aussi auprès de Mehmet de leur absence, il me confirmait qu’on ne les voyait plus.

J’ai un peu de mal à comprendre l’indifférence des autorités pour la protection d’un outil économique. Mais à leur décharge, il faut quand même dire que ce sont les résidents qui ont creusé eux-mêmes le fossé économique dans lequel la marina s’est enfoncée. En effet, il y 20 ans, il y avait une boîte de nuit qui attirait résidents et touristes. La marina était pleine de bateaux, l’ambiance était conviviale et les gens venaient d’abord manger avant d’aller s’amuser en boîte.

Mais voilà, celle-ci est entourée de logements vendus à l’époque en défiscalisation. Une fois celle-ci arrivée à terme, bien souvent les propriétaires sont soit venus occuper leur bien, soit ont revendu à des personnes plus âgées attirées par un environnement agréable, mais n’ayant pas pris en compte le chahut tardif provoqué par la boîte de nuit. Et ce sont ces mêmes résidents qui ont tué l’activité de la marina au nom de lois, certes bien réelles, mais néanmoins absurdes dans un tel contexte.

On en revient aussi à ce qui s’est passé à la Baie Nettlé où quelques résidents ont conduit à délocaliser en partie hollandaise l’activité trop bruyante à leur goût née sur la plage. Pourtant, j’imagine qu’il y a aussi des personnes plus âgées que le bruit gêne, ou tout simplement des mauvais coucheurs qui n’acceptent rien. Néanmoins, là bas, l’activité perdure et quand il y a activité, il y a police. Pourquoi voudriez-vous que pour trois pelés et deux tondus la Collectivité mette en place un gardiennage de la marina? D’autant que lorsque un mouvement des commerçants se met en place pour auto-financer quelque chose, la moitié de ceux-ci brille par leur absence?

La remarque soulevée par Mr Laroutis, premier concerné dans l’épisode que je citais précédemment à la Baie Nettlé, est intéressante. Pas plus tard que juste avant cette épisode à la marina, nous avions été prendre un apéro chez des amis vivant en partie hollandaise. Il me disait justement aussi que la répression concernant l’alcool au volant en partie française avait conduit à ce qu’il ne sorte plus qu’en partie hollandaise. Je ne sais si c’est vrai, mais il m’est revenu que nos voisins ne contrôlent pas l’alcoolémie au volant sauf en cas d’accident. Autrement dit, nos voisins prennent en compte que certains avec 4 verres de vin ne présentent aucun risque au volant (à cause de l’habitude) tandis que d’autres avec la dose limite réglementaire en France vraiment très basse sont punissables car dangereux.

Autrement dit, on place les gens en face de leurs responsabilités, ce qui est une attitude généralement anglo-saxone. Si vous êtes capable de boire une demie bouteille de vin, mais qu’en même temps vous réduisez votre vitesse parce que vous êtes conscient de l’éventuelle diminution de vos réflexes, vous êtes une personne responsable en partie hollandaise et un délinquant en partie française. Bilan, vous ne sortez plus ou en tous cas, plus en partie française.

Mais dura lex, sed lex….  Je ne plaide pas pour l’alcool au volant, mais pour un peu plus de lucidité dans l’application des lois. Le coût répressif de l’alcool au volant est-il compensé par la réduction des accidents? Non. Par contre du côté hollandais, si vous êtes responsable d’un accident alors que vous êtes alcoolisé, la punition est sans commune mesure avec ce que vous encourez en partie française.
Voilà un exemple parmi d’autres comment on creuse le fossé de l’économie française. Et pendant ce temps, on passe à côté de problèmes bien plus graves sans y mettre les moyens, comme par exemple l’insécurité dans les écoles, le travail au noir généralisé qui mine l’activité économique ou encore une gestion absurde de nos ressources. Enfin!!

Yves KINARD

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One thought on “Belle Epoque

  1. JM

    INQUIETUDES FACE AUX NOUVELLES ESPECES ENVAHISSANTES* ?

    * Similitudes humoristiques, au regard des craintes générées par l’importation décidée ou fortuite d’espèces également nommées « invasives » qui, lorsqu’elles se propagent hors de leur zone de répartition indigène, menacent un « écosystème » donné et présentent parfois des risques pour l’environnement, l’économie, la santé etc. … sans omettre leur nécessaire gestion raisonnée, en évitant toutefois les dramatisations irrationnelles.

    Alors que l’arrivage d’anciens faiseurs de tour du monde avinés, « beachcombers » à la retraite et chasseurs de primes à la petite semaine, était jadis souvent déploré par les « espèces natives », les « Crackers, clodos, drogués ou autres rats de pontons » s’établiraient donc aujourd’hui en de nouvelles « espèces envahissantes » lesquelles obéiraient à une sorte d’inflation démographique d’autant plus menaçante que par trop visible ? C’est en tout cas l’analyse actuelle de résidents, ces nouveaux « touristes immobiles » évidemment issus eux-mêmes de diverses « espèces expatriées »…

    En réalité l’inquiétante expansion évoquée semble s’inscrire dans une perpétuelle recomposition naturelle qui par définition intègre autant la régénération de groupes plus ou moins altérés que la juste élimination de leurs éléments labiles. D’ailleurs ces « espèces envahissantes » présentent – du moins en l’état – quelques réels avantages : elles constituent notamment d’excellents exutoires à leurs voisines allogènes qui peuvent s’apprécier de mieux entre individus de mœurs conformes et ainsi stimuler « leur démocratie de l’entre-soi ».

    S’il advient cependant que ces « espèces envahissantes » provoquent des extinctions notables, il est à noter que leur nocivité s’établit pour l’essentiel dans des zones insulaires, plus fragiles. Et l’on observe alors un curieux cycle : des « espèces migrantes » d’intrusion à peine plus récente, déstabilisent les précédentes, avant d’être elles-mêmes sapées à leur tour.
    Malgré de véritables saintes-alliances du compérage, il semble en effet que leurs implantations spéculatives sans arrimage véritable se corrompent in fine en « espèces précaires » et que leurs résistances immunes s’étiolent à proportion de leur « présupposée intégration » au mode de vie des « espèces originaires ».

    Mais peut-être faut-il simplement comprendre que les changements environnementaux – résultats d’interactions entre une gent, un espace et un passé – seraient en fait responsables de l’afflux, de l’essor, puis de la délitescence et enfin du remplacement de ces «espèces envahissantes» … y compris celles qui se succédèrent à Ouallichi, depuis et sans doute bien avant les Tainos, Arawaks et autres Kalinas !

    Qu’en restera-t-il demain ?
    Bien malin qui pourrait le prédire aujourd’hui …

    ( d’après „ABER NEHMEN SIE ACHT, DER KOMMT WIEDER !“ – Georg-Gustaf LUMPATZY VAGABUNDUS – 2006)

    JM(05/05/2014 11:18)

    PS : Cette allégorie s’écarte bien sûr de toute étude biologique évoquant les EEE, « espèces envahissantes exotiques ». Et si notre ironie reste dubitative face aux charges menées contre des autorités jugées tantôt laxistes, tantôt légalistes et en tout cas inaptes, elle pointe surtout de véritables déchéances – sans doute entretenues par un climat émollient – dont le cadre bien documenté n’est guère davantage qu’un archétype caricatural « de notre servitude involontaire » !

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