Opera Jabiru : 1er dialogue

Ayant passé sa jeunesse en Guyane, OPERA se qualifie lui-même comme un homme de voyages et d’aventures. En quête d’une humanité perdue et parce que les voyages forment l’esprit, il parcourt le monde ( Brésil, Venezuela, Surinam, Polynésie, France, Canada, Alaska …). Curieux de tout, il s’est arrêté près du Baobab pour poser quelques questions d’actualité locale à un oiseau des îles.

Ayant passé sa jeunesse en Guyane, OPERA se qualifie lui-même comme un homme de voyages et d’aventures. En quête d’une humanité perdue et parce que les voyages forment l’esprit, il parcourt le monde ( Brésil, Venezuela, Surinam, Polynésie, France, Canada, Alaska …). Curieux de tout, il s’est arrêté près du Baobab pour poser quelques questions d’actualité locale à un oiseau des îles.

            

opera jabiruOpéra : Le ministre de l’outre mer François Baroin vient d’être reçu en grande pompe à Sint-Maarten, et chaleureusement à St-Barth contrairement à St-Martin où l’atmosphère était plutôt tendue. Comment interprètes-tu cela du haut de ton Baobab ?

Jabiru. De ce point de vue le constat est visible à l’œil nu. Mais il n’est pas indispensable d’être perché sur un Baobab pour s’en rendre compte. Contrairement au sud de l’île, le nord a un handicap majeur sous le manteau partagé de St Martin. Sur les flux de l’industrie touristique, il ne tire pas les mêmes profits ( pour des raisons objectives ) que du côté de Philipsburg.

Pas de port en eaux profondes pour les marchandises et les bateaux de croisières. Pas de longueur de piste internationale pour les avions. Donc, pas de taxes levées aux péages.

Voilà pourquoi la structure du budget communal est déficitaire ( 26 millions d’euros )  et l’atmosphère morose. Les droits de quai à St Barth suffisent à l’équilibre d’une économie à démographie malthusienne. Le niveaux de vie moyen des Babaths étant supérieur au 75% du Pib européen, ils ne revendiquent pas les fonds européens.

Les acteurs locaux à Marigot ont tenu un rôle protestataire , face aux points noirs le ministre de tutelle a focalisé sa réponse au niveau du calendrier parlementaire. Une politique de petit pas . Comme si ce dossier engagé par Brigitte Girardin n’avait jamais été le sien …

Opera En 2012 SXM pourra prétendre à l’autonomie. Six années de mise à l’épreuve seront elles suffisantes ?

Jabiru. Du fait de l’absence totale de projet de société, sérieusement je ne le pense pas. C’est plus facile de couper du bois, on voit tout de suite le résultat ! L’autonomie c’est l’âge adulte. Il passe par l’apprenti / sage sur le transfert des nouvelles compétences.

Par exemple,la conduite du contrat de ville avec l’état (2000 – 2006) a amplement démontré qu’il n’y avait pas de pilote local dans l’avion , ni d’engagement sérieux des sous préfets en passage triennal. Le comble, c’est que l’élu en charge de ce dossier vient d’être nommé président de l’Aéroport de Grand Case.

Opera Mr Fleming Louis Constant a déclaré que la nouvelle collectivité devra stabiliser la population, attirer la richesse et non la pauvreté. Que penses-tu de cette déclaration ?

Jabiru Les promesses n’engagent que ceux qui y croient . Nous sommes dans un rapport Nord /Sud. Les tropiques dépouillés de leur peau se maquillent de bronzage. Depuis une vingtaine d’années, la société villageoise saint martinoise a perdu ses repères. Les anciens conservent cette nostalgie d’une société sans délits. Le poumon économique de l’île et la croissance sont du côté de Philipsburg. Le smic horaire y est équivalant à 3,60 €. Autrement dit, pour faire fructifier les investissements dans la construction, il faut de la main d’œuvre corvéable. Besoin de gardiennage privé pour protéger les biens des riches , emplois – au noir- de femmes de ménage et jardiniers.

N’est-ce pas la coutume des héritiers de diviser pour régner ?

baroin potter

Opera Daniella Jeffry parait bien seule dans son propre combat. Pourrais tu donner ton opinion concernant son dernier livre  « Le scandale statutaire de l’île de SXM ».

Jabiru  Une personne libre est celle qui n’a pas peur d’aller jusqu’au bout de sa pensée. Respect ! Elle reste fidèle à son rôle de Sentinelle en décrivant les mouvements des girouettes. Le genre « Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d’en être les instigateurs … » Pour celles et ceux que la chose publique intéresse, ce livre devrait les inciter à  s’engager autrement que par le simple suffrage. Les futurs comités de quartier  sont prévus pour ça.

Opera Les avantages sociaux, RMI, CAF, ASSEDIC… seront-ils mis en cause un jour par la nouvelle collectivité ?

Pourquoi personne n’a jamais parlé de cet aspect des choses ?

Jabiru Sur les enjeux de la politique sociale où l’état providence est sensé réguler les défaillances du marché, Jean Luc Plumasseau et Alain François se sont exprimés ( n° 32 du St Martin Week Magazine). Les clivages sociaux : riches/pauvres, propriétaires/locataires, travail salarié/emploi non déclaré, familles stables/ enfants livrés à eux-mêmes … composent le tissu social d’une société contrastée , comme partout sur notre village planétaire. Rien de neuf sous le soleil … Le peuple antillais trouve souvent un refuge stabilisateur dans les églises et la lecture biblique.

Cette politique sociale gérée par le département est transférable à la nouvelle Collectivité. Pour l’affiliation à la sécurité sociale, aux caisses de retraites complémentaires et à la sadique, les cotisations et les droits afférents restent dans le droit commun du rapport salarial.

Dernière question de société. Quelle est la place des jeunes dans tout cela ?

Réponse : Réaliser dans l’âge d’homme les rêves de la jeunesse, c’est une définition possible du bonheur.

Dialogue avec Makatéa

Makatéa. Salut Jabiru, as tu bien lu le texte de Jean-louis Duchemin ? J’en doute. Il a pourtant bien raison.

Jabiru – Salut Commando. Jean Louis Duchemin, c’est le mari de ma cousine. Elle est médecin psychiatre Place des Antilles à la Nation

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Lui est fonctionnaire civil, informaticien à la statistique pour l’Insee. Nous avons longuement parlé de l’Affaire Clin, lors de mon séjour en France au mois d’Avril. Jean Louis je le connais depuis Mai 68 . Ensemble sur les bancs de la Fac de Droit et de sciences éco, on voulait sous les pavés la plage.

Aujourd’hui, il fait pédrestrement ses 14 km quotidiens pour se rendre à l’Institut, Porte de Vanves. Notre Jabruti  National est perché sur un Baobab. Et toi Makatéa à part gendarme à St Martin, c’est quoi ton parcours ?

Makatéa – Je suis dans la grande muette … et suis pas breveté commando, donc ne m’appelle plus Commando.

Jabiru – Moi non plus, aucun brevet commando.  Juste un Bac + 4 en Sciences Sociales, breveté Panthéon Sorbonne.

Makatéa- Tu te bornes à opposer des idées, alors qu’il s’agit de la faute manifeste d’une personne. Annicette n’avait rien à faire ce jour là et je ne vois rien de choquant à ce qu’un gendarme traverse une route lorsqu’il est en service. Ne traverses tu jamais la chaussée ? (Peut être que non, si tu te prends pour un oiseau…)

Jabiru – Le 8 Mars 2006 , au terme de l’enquête , le général Parayre ( Directeur général de la gendarmerie nationale) accompagné du lieutenant-colonel Gin (Svce. relation publique des armées) déclare à la presse locale, sans confirmer l’organisation d’un « run » que « s’il avait vu la moto, il se serait mis sur le bas côté, il a vraisemblablement été surpris par l’arrivée de la moto »(sic)

Ce qui est manifeste, c’est que si j’étais gendarme et que je doive intervenir sur un Run organisé sur la ligne droite de Bellevue je n’aurais pas procédé comme Clin &  son collègue Jean Luc Chombart, pour relever les plaques minéralogiques, ou interdire les départs. Je me serais placé à l’arrivée à Bellevue, ou au début, après le Casino Princess. La tactique de se mettre à mi parcours, devant le pré des joueurs de Rugby, puis de se placer en plein milieu du Bitume … suis pas assez fougueux pour prendre ce risque là, si tu vois ce que je veux dire, mon camarade …

Makatéa- Ne m’appelle pas Camarade.

Jabiru – D’accord citoyen. Je peux t’appeler citoyen ? On est quand même français tous les deux. Notre histoire est commune. Avant d’être un  Jabiru d’Amérique, mes ancêtres étaient cigognes. Juives et alsaciennes. Napoléon nous a donné la citoyenneté.  Dans le même temps il tenta de briser la révolution anti-coloniale et anti-esclavagiste en Haïti, déportant le nègre Toussaint Louverture dans le froid du fort de Joux dans le Jura où il est mort. Si tu observes un passeport haïtien tu remarqueras un bonnet Jacobin, à la cime d’un palmier Tropical. As-tu entendu parler des Jacobins noirs, citoyen Makatéa ?

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Makatéa- La seule vérité est qu’ Annicette n’aurait jamais du être sur cette moto et tu sais parfaitement pourquoi. Le rapport indique les modalités du contrôle ? Tu devrais mieux t’informer…

Jabiru – Il venait de Philipsburg. C’est un bon mécanicien, et assiste son patron sur les courses au Circuit d’Antigua. Il est pompiste, près de votre caserne résidentielle à la station service de La Savane.  Contrairement à l’un de tes récents collègues en moto qui a percuté la voiture du Dr P., il n’avait pas forcé sur la Bibine, et s’il a renversé quelqu’un c’était son destin.

Makatéa-   Puisque tu prends la défense, sans réserve, du gentil Cédric , par ce fait tu te places contre Raphaël, je te conseille de changer de pays. Tiens, je te propose le Venezuela. Tu verras la police est parfaite là bas. Sinon, il y a la Turquie et des quinzaines d’autres pays où la police est parfaitement impartiale…

Jabiru – Non merci, je préfère vivre ici auprès de mon Arbre. J’y suis heureux. J’aime beaucoup la Friendly Island. Je m’y sens très bien. J’ aime bien aussi le Président Chavez. Pas toi ?

Makatéa – Franchement, Jabiru si les gendarmes Français étaient si mauvais, si inutiles, comment se fait il que les accueils des brigades de st martin soient de véritables hall de gares ?

Jabiru – Pourquoi cet amalgame Makatéa ? Ce n’est pas parce que je critique la Tactique défectueuse de tes deux collègues, que je considère comme inutile le travail quotidien de votre Brigade. Je te rappelle que pour honorer la mémoire de Raphaël Clin, j’ai proposé dans une lettre ouverte à Stéphanie, qu’on inscrive notre devise Liberté, Egalité, Fraternité sur les frontons des écoles, collèges et lycée de la partie Nord de l’île de St Martin.

Makatéa – Ici, la loi ne va que dans un sens, celui qui intéresse l’individu. Le reste il s’en fou. Et ça m’a l’air d’être ta façon de penser. Dommage.

Jabiru – Makatéa, je t’ai dit que j’étais juriste de formation. J’ai plaidé dans ma jeunesse. Aujourd’hui je ponds des œufs, et regarde le monde à la Loupe.

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Gendarmette_4 mais pour voir ma gendarmette en grand, si tu cliques dessus, tu peux pas la louper …

Salut citoyen.

Ordres & désordres

CERTAINS ORDRES INJUSTES PEUVENT ETRE GROS DE DESORDRES A VENIR

Par J.M.

Ce Blog est un lieu d’échanges citoyens. Un internaute assidu  propose son analyse en complément de « L’Homicide involontaire d’un Bouc émissaire » 

GRAN WACH, TI KOU BATON (= beaucoup de bruit pour pas grand-chose)

La requête en appel du parquet destinée à obtenir la mise en détention provisoire du jeune Annicette n’était en fait qu’un coup d’épée dans l’eau ! Elle visait surtout à satisfaire aux récriminations corporatistes de la gendarmerie et à la surenchère fortement médiatisée de Mme Clin et de son conseil. Bien que conforté dans sa démarche par les déclarations et injonctions de M. Sarkozy, le docile parquet aux ordres pouvait-il réellement obtenir satisfaction ?

Peu probable affirmèrent d’emblée certains spécialistes…simplement du fait de « raisons techniques ».

Sur le plan juridique d’abord, la transformation d’un contrôle judiciaire en détention provisoire se doit de rester une mesure d’exception. En plus de la qualification de l’infraction commise, le juge des libertés n’ignore pas que cette décision dépend aussi d’autres conjonctures bien précises ; or ces éventualités apparaissent bien vite comme non congruentes à celles de l’affaire.

Sur le plan pratique ensuite, Cédric Annicette ayant lui-même été grièvement blessé, la fragilité de son état de santé constitue à elle seule une garantie amplement suffisante au bon fonctionnement du contrôle judiciaire. En outre, une mesure de détention provisoire qui n’apporte pas une meilleure conservation des preuves ou des indices matériels (depuis longtemps aux mains des enquêteurs) s’avère tout aussi inutile.

Enfin aucun fait nouveau ne venant troubler l’ordre public, l’intérêt de tous était bien de conserver ce statu quo. Dés lors toute velléité de mise en détention provisoire ne pouvait qu’être écartée, car non justifiable. Les juges ont ainsi certainement évité des manifestations qui n’auraient pas manqué d’éclore au sein d’une population prompte à rejeter une décision qui aurait été pour le cas perçue comme une provocation à caractère « raciste ».

Quant à M. Sarkozy et son art de flatter les plus bas instincts, il a « bidonné » tous ceux qui pensaient un instant que cette histoire pouvait seulement l’intéresser, autrement qu’à des fins de propagande électorale. En bon démagogue, il lui a suffit de promettre tout et son contraire, en sachant très bien qu’après son passage, les magistrats n’avaient plus qu’à se débrouiller avec des consignes, difficilement applicables dans le contexte local. Ainsi notre Fouché au petit pied gagnait lui aussi sur tous les tableaux, laissant à une justice aux abois le soin de porter le chapeau…

Bien sûr, pour ce qui est des pyromanes proches de certaines officines, leur silence en dit long et ils ne tarderont pas à réagir d’ici peu. D’ailleurs ne l’ont-ils pas déjà fait d’une certaine façon ?

Au travers d’une sorte de réquisitoire rétrospectif apparu récemment sur votre blog, un gendarme en poste il y a six ans à St Martin, n’a-t-il pas éructé une véritable anthologie du racisme le plus primaire ?  Intitulée « un gendarme témoigne », ce maître-chien  consigne toute une tralé (= un grand nombre) de « faits » (1) présentée comme l’ultime mise en garde destinée à ses collègues pandores qui auraient encore l’idée saugrenue de postuler pour une affectation à St Martin … Il est cependant probable que les menus avantages pécuniaires continueront sans doute à convaincre tout autrement ces candidats potentiels à l’exil tropical !

TOU SA KI MAKYÉ PA LÉVANJIL (= tout ce qui est écrit n’est pas parole d’évangile).

Bien sûr, nous ne sommes pas des hommes de loi devant juger ce qui n’est finalement vécu par des natifs saint-martinois, résignés, que comme un stupide et triste fait-divers. Pour autant il nous semble légitime de dénoncer sans limites les propos dangereusement xénophobes et les comportements inutilement provocateurs qui ont émaillé l’affaire Clin. Cette vigilance ne doit pas plus faire de nous les aficionados ni les caisses de résonance de quelques coteries syndicales… qui ne se manifestent que fort discrètement lors de conflits professionnels locaux – plus facile à passer par pertes et profits – surtout lorsqu’ils opposent des travailleurs d’origines diverses à certains de ces acteurs économiques provisoirement établis dans la lointaine « Friendly Island ».

Il n’est donc pas question de vouloir taire les responsabilités des uns et des autres ; cela ne ferait que desservir encore davantage ce qui subsiste de citoyenneté dans ce pays. Si le déroulement et l’issue de cette affaire à forte connotation émotionnelle nous concernent naturellement, il n’est pas hors de propos de formuler une  analyse plus approfondie (2) d’une réalité  saint-martinoise volontairement tronquée, où une population confrontée à un devenir lourd d’antagonismes similaires, se retrouve pour partie gravement déconcertée !

Car les incompréhensions des forces de l’ordre, la mort du gendarme Clin, l’inconséquence du jeune Annicette, les inutiles incantations de Dariah Romanus et certainement de plusieurs autres, les propos inadmissibles de tous ceux qui pour des raisons diverses ont cru bon de « charger la mule », ne constituent malheureusement que des épiphénomènes propres à une société singulièrement déstructurée par une politique inconséquente, mise en place il y a vingt ans et pérennisée depuis lors grâce à des apprentis sorciers sans vergogne qui ne seront évidemment jamais inquiétés pour tous ces dégâts « collatéraux ».

OU PÉ KOUYONNÉ DOKTÈ, MALADI TOUJOU LA (= il ne sert à rien de cacher sa maladie au médecin)

Mais rassurons-nous, ce n’est pas fini !

Hâtons-nous, dans cette fin de règne des copains et des coquins, d’appliquer enfin ce nouveau statut sensé devoir guérir ce petit pays de tous ses maux. La voyoucratie de tout bord, après avoir mystifié son monde, piaffe d’impatience. Ainsi, à la plus grande satisfaction de ces  politiciens corrompus et de ces affairistes impatients, la désorganisation nouvelle favoriserait un essor économique à nul autre pareil ! Il est à craindre en tous cas que cette loi organique permette surtout à St Martin de se hisser beaucoup plus rapidement encore à la hauteur de ce que fut le cloaque cubain… celui de l’époque de Batista.

Lorsqu’une société en déficit de loi ne laisse aux plus démunis que la foi et le festif comme succédanés de l’espoir, l’incivilité conjuguée aux abus de pouvoir des nostalgiques d’un état colonial défunt ne saurait en aucun cas la rendre subitement plus vertueuse.

L’histoire de cet homicide involontaire aura-t-elle seulement le mérite de nous rappeler qu’un paradis fiscal et son appellation de « Friendly Island » n’ont pas réussit à faire de St Martin –malgré les apparences – l’exception qui confirmerait cette règle ?

NOTES

(1) Un autre fait en rapport avec St Martin …En 1975, la gendarmerie nationale étrennait sa nouvelle dotation, la vedette KARUKERA, en faisant la visite de toutes les dépendances de la Guadeloupe. Ce magnifique bâtiment commandé par un lieutenant secondé de 4 sous-officiers, allait en outre pouvoir donner toute sa mesure dans la lutte contre les divers trafics (à l’époque alcool, tabac et un peu de marijuana), dans la protection des côtes (interception de dominiquais, immigrés irréguliers) et dans le contrôle des marins pêcheurs pris sur leur lieu de pêche en flagrant délit d’absence d’inscription au rôle.

Lors du retour de sa première croisière dans les Iles du Nord, la vedette n’accomplissant pas les formalités réglementaires de relâche au port de Pointe-à-Pitre, accosta directement le soir à l’Anse à la barque, où l’attendait déjà quelques fourgons de gendarmerie, vides…Le transbordement de divers matériels non détaxés (téléviseurs, appareils photos, caméra, lave-linge, lave-vaiselle, et puis bien sûr alcools et tabac) fut interrompu par un contrôle « inopiné » de la douane.

Le lieutenant expliqua que l’escale fortuite était due à la fatigue de son équipage. Il était donc normal de prolonger la navigation le long de la côte sous le vent, plutôt que d’arriver directement sur Pointe-à-Pitre !!! Des sanctions furent prises : rapatriement des moins gradés en métropole tandis que le lieutenant était muté disciplinairement …en Guyane, afin tout de même de pouvoir finir son séjour ! Quant aux produits non dédouanés, il ne s’agissait pas d’un trafic illicite mais seulement de menus cadeaux, destinés aux épouses de quelques amis pandores…

(2) voir LE SCANDALE STATUTAIRE SUR L’ÎLE DE SAINT-MARTIN – Par Daniella Jeffry
La loi de défiscalisation de 1986 a engendré un bouleversement sans précédent sur la moitié de l’île Saint-Martin. D’une vie rurale paisible, on est passé à une urbanisation sauvage, à une démographie galopante, à un chômage chronique touchant la population native… Vingt ans après, c’est la loi organique définissant le nouveau statut de cette commune qui pointe à l’horizon. Une loi décidée dans le seul intérêt des dirigeants politiciens et la flagrante duplicité de quelques acteurs économiques et professionnels "unis".

Homicide involontaire d’un Bouc émissaire

Cédric Annicette avait été présenté sous escorte au juge d’instruction  en Guadeloupe, le 13 avril 2006.  ( Nous reprenons ici le compte rendu d’un site guadeloupéen Nos très civilisés gendarmes)

"… Des gendarmes de la brigade de Saint-Martin ont accompagné le frêle jeune homme de 24 ans, pesant 54 Kg. Au vu du déploiement des forces de l’ordre (une bonne quinzaine d’agents en uniforme et en civil, de la gendarmerie mais aussi de la police nationale), ceux qui ne connaissaient pas Cédric avaient imaginé un gaillard de taille et de corpulence imposante.

Convoyé depuis Saint-Martin le matin même, après une journée de garde-à-vue, Cédric Annicette une fois arrivé au palais de justice de Basse-Terre, a été maintenu durant trois quarts d’heures, sous le soleil, dans la fourgonnette qui l’a récupéré à l’aéroport de Pointe- à-Pitre. Non seulement le véhicule n’était pas climatisé, mais encore les gendarmes de la brigade de Saint-Martin (qui avait la responsabilité de Cédric) ont jugé nécessaire d’en fermer la plupart des volets (d’à peine vingt centimètres de large).

Le public présent manifeste visuellement sa solidarité au jeune homme. Lorsque les gendarmes ont fini par faire sortir Cédric pour l’introduire dans les bureaux du juge d’instruction, les menottes à ses poignets déjà équipés de broches (par suite des interventions chirurgicales), nombreux sont ceux qui sont restés hébétés, consternés ou qui ont éclaté en sanglots. La scène avait quelque chose de macabre : un moineau groggy par les médicaments qu’il prenait, mais aussi et surtout par la chaleur étouffante dans la fourgonnette…amené par « des vautours repus qui donnaient jusque là, le sentiment d’être sous la menace permanente d’un caïd de deux mètres de taille et devant peser au moins cent kilos. » Un éleveur qui aurait transporté ses animaux ce serait précipité pour les sortir du véhicule exposé au soleil et les aurait stationnés de préférence à l’ombre ; il leur aurait proposé de l’eau fraîche… Nos très civilisés gendarmes qui ne trouvent que barbarie chez les populations de Saint-Martin et de la Guadeloupe n’ont pas eu ce réflexe élémentaire… "

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Au terme de cette audition par le juge d’instruction, Cédric, assisté de Me Alain Manville et M° Roland Ezelin,  avait été mis en examen pour :

1) "Homicide involontaire par manquement délibéré à une obligation de prudence ou de sûreté, excès de vitesse, dépassement dangereux, défaut de maîtrise, défaut de permis de conduire, défaut d’assurance, défaut de certificat d’immatriculation, mise en circulation d’un véhicule non réceptionné ou non conforme à un type réceptionné" 

2) "Mise en danger d’autrui et organisation de course de véhicules à moteur sur la voie publique sans autorisation"

Le juge des libertés et de la détention, au vu du dossier a décidé, sans avoir jugé nécessaire le débat contradictoire avec les deux avocats : de "placer sous contrôle judiciaire la personne mise en examen (Cédric Annicette) qui sera astreinte à se soumettre aux obligations suivantes : Ne pas se rendre à Saint-Martin . Se présenter 2 fois par semaine à la Brigade de gendarmerie.

M° Olivier Morice, avocat de la veuve du gendarme déclare « Mme Clin prend très mal cette décision. Nous avons le sentiment que le placement en détention aurait été décidé si les mêmes faits s’étaient déroulés en Métropole. La gravité de l’infraction et le trouble à l’ordre public qu’elle représente n’ont pas été pris en compte. Il y a, sur place, une volonté de banaliser ce qui s’est passé. Je pense qu’une forte mobilisation des gendarmes sera nécessaire quand le procès se tiendra. »

MAINTIEN DE LA MISE EN LIBERTÉ

Le 24 Mai 06,  la cour d’appel de Basse Terre en Guadeloupe a confirmé la décision de première Instance du juge des libertés et de la détention, au terme de l’audition de Cédric Annicette par la chambre d’instruction, il est maintenu en liberté sous contrôle judiciaire.

S’il avait été écroué, l’ Association de DEFense des DROits des MILitaires  qui attise la haine épidermique, se serait réjoui, préférant manipuler les médias qui privilégient la réactivité et l’émotion à la vérification et à l’analyse.

Bien évidemment, ils resteront silencieux face à leur tentative de recherche d’un  bouc émissaire et l’échec de leur point de vue fallacieux.

Il en est de même de L’Essor de la Gendarmerie nationale  et des organisations d’extrême droite dans l’Hexagone, qui ont monté de toutes pièces « la Rumeur de St Martin » .

Le 12 février, le Modus Operandi du Gendarme Raphaël Clin (son placement au centre de la chaussée) était téméraire et dangereux. Hélas, il en est mort. Il n’a pas vu venir la moto, précise l’enquête. La réciproque est vraie. Cédric Annicette, à 130  km/h n’a  pu apercevoir le gendarme caché par les deux voitures qu’il doublait. Le jeune motard venait de Philipsburg et ne participait à aucun Run sauvage. Il a été gravement blessé : poumon perforé, 11 cotes cassées et broche à la main gauche. Il souffre toujours des séquelles de cet accident.  Il serait mort, si comme l’écrit Yves Bordenave ( Le Monde du 24 Mars) il ne portait pas de casque !  Titulaire du permis de conduire voiture, il avait échoué à deux reprises au permis moto et la Yamaha dont il n’était pas propriétaire n’était pas assurée.

Ce n’était pas la première fois à St Martin que le gendarme Clin ( par ailleurs apprécié par les jeunes du Quartier pauvre de Sandy Ground) se comportait dangereusement, comme un cow boy sur le bitume, mettant sa vie en danger.  Un maître nageur lui a porté assistance sur la chaussée avant l’arrivée rapide des secours.

Dans cette tragique affaire, restons lucides. Les forces gendarmiques ( et la veuve elle –même) ont considérablement travesti la réalité des faits, dès lors qu’une faute professionnelle aurait été commise par le gendarme dans les modalités de son contrôle routier. Une décision d’emprisonnement du motard n’aurait-elle pas signifié – compte tenu des faits réels – qu’on lui faisait porter le poids de l’erreur grave et fatale commise par la victime ?

Un renvoi sur le fond devant le Tribunal correctionnel peut intervenir dans les 3 prochains mois.

Place à vos commentaires …

Un gendarme témoigne

Je m’étais promis de ne plus reparler de St-Martin. Cela me fait revivre inutilement des mauvais moments, et pourtant… à bien y réfléchir.  Cela peut concerner n’importe quel gendarme de métropole qui va faire une demande pour l’outre-mer. 

Quand je lis les événements qui s’y passent en ce début 2006, il me revient en pleine face certains événements dont j’ai été témoin ou que j’ai vécu pendant mon séjour.   
Dans la vie, il y a un temps pour se plaindre, un temps pour cicatriser et un temps pour réagir. Je pense avoir fait tout ce parcours mais il reste que tout cela est relié à DES FAITS. 

Ce que je retiens de St-Martin il y a 5 ans ce sont les faits suivants : 

  1. Un employé du greffe qui se fait la valise à l’étranger en volant 200 kg de cocaïne saisis. (relaté brièvement dans la presse locale). 

  2. – Un substitut du procureur qui est obligé de chercher des coffres bancaires sous des identités fournies par le Ministère pour stocker la came saisie. (Il nous l’a dit au téléphone car "on le dérangeait" pour 1 malheureux kg). 

  3. – Un Maire Albert F. qui ne vient sur les contrôles routiers stups avec sa police municipale que pour "voir" qui se fait épingler et téléphoner devant les gendarmes pour dire que "la route est libre" dès la fin du contrôle. (Vu et entendu) 

  4. – Albert F. et son frère Louis, même combat même façon de s’enrichir, si les gendarmes l’ont appris tous les st-martinois le savent… 

  5. – L’escorte des enfants de la brigade de Quartier d’Orléans qui sont conduits au collège de Grand Case en trafic Gendarmerie pour préserver leur sécurité sur le trajet quand l’ambiance "est trop chaude". 

  6. – Le fils d’un Gendarme qui va au collège "debout à côté du chauffeur du bus et sous sa protection car c’est le seul blanc du bus et si le chauffeur ne le protège pas il prend des gifles dans le dos et est jeté au fond du bus. (c’est le chauffeur du bus qui me l’a dit, c’était mon fils qui subissait sans rien dire car il savait que je réagirais). 

  7. – Le ramassage rapide des femmes et des enfants de la brigade de Quartier Orléans, conduits dans un hôtel de l’Anse Marcel pour les mettre à l’abri dans l’attente de l’attaque de la brigade. (Attaque qui n’a jamais eu lieu et heureusement car dans le plan de défense j’étais à la lucarne au dessus du bureau, le MAS 36 était prêt et une fois de plus je n’aurais pas hésité). 

  8. – Après un usage des armes "y avait plus de PA dispo" alors je suis allé voir l’armurier St-Martinois qui m’a prêté une arme de son magasin pour que je sois protégé au moins chez moi. Pendant que je me trouvais chez l’armurier ce matin là, se sont présentés les inspecteurs du SRPJ avec des douilles d’arme de poing ; pour demander à l’armurier s’il connaissait quelqu’un sur l’île avec ce calibre. La veille moi ils m’avaient loupé car j’avais été le plus rapide, ils n’avaient pas eu le temps de tirer mais les douilles que j’avais devant moi étaient le résultat du tir sur le policier de la PAF. Ce Policier a eu moins de chance que moi, il est mort, d’où l’enquête du SRPJ et de la BR.

  9. – Quarante grenades OF tirées de l’intérieur de la brigade de Marigot pour empêcher les manifestants de pénétrer dans l’enceinte et qui criaient l’halali sur "les blancs". Les hommes des familles venus de métropole en vacances ont été embauchés pour monter les armes et assembler les grenades. 

  10. – Un tir tendu à la grenade dans la gueule du conducteur du tracto-pelle qui avait entrepris d’enfoncer la gendarmerie pour "manger du gendarme". (Il a perdu un oeil et il n’est pas venu se plaindre). 
    L’E.L.I. de l’escadron déplacé qui intervient dans la cour du lycée de Marigot pour désarmer les lycéens dealers qui avaient entrepris de régler leurs comptes à coups de flingues dans la cour de l’établissement. 

  11. – Un commandant de groupement ; (je précise, c’est celui qui est parti de la Guadeloupe en 2000 pour être affecté au centre de Prospective de la Gendarmerie) ; qui venait en week-end à St-Martin faire ses achats hors taxe, et qui osait nous dire que nous avions de la chance d’être en vacances. je ne regrette pas de l’avoir arrosé avec le tuyau du chenil (Je venais d’entendre ce monsieur dire à mon CB qu’il ne voulait pas m’entendre). Quand je serai en retraite si je le croise je lui dirai en face qu’il est un con. 

  12. – Un article élogieux de Gend’Info sur les "excellents gendarmes du Kossovo". Chiffres donnés par Gend’Info ils étaient formidables ; ils constataient en gros, 80 crimes et délits chacun par an. Je ne fais pas de concours mais nous avions tous le sentiment d’être abandonnés car nous en constations plus de 150 chacun par an à la brigade à l’époque et nos peines n’intéressaient personne. 
    Dans ces cas là on a un peu l’impression d’être abandonnés.

  13. – Quand on va en ville, que l’on croise des St-Martinois et pas spécialement que des jeunes et qu’on entend à longueur de temps " Fuck’in White". A la fin on ne l’entend même plus mais ils l’ont appris de leurs parents, de leurs frères et soeurs aînés et le racisme du blanc est bien ancré dans leur tête. 

Repfr

Tout ça c’était 1998/2001. Je serais étonné que cela se soit arrangé vu qu’il y avait une criminalité galopante avec plus 18% sur la BT  de Quartier d’Orléans en 2002. Après je n’ai plus suivi l’évolution. 
Alors messieurs de métropole si vous faîtes une demande pour l’outre-mer, vous au moins, vous savez ce qui s’y passe et vous saurez si vous êtes prêts à affronter tout cela. Je ne connais plus de gendarme à St-Martin. J’espère que mon message leur parviendra afin que loin de nous ils se sentent soutenus. 

Je persiste et je signe 

Gendarme Jean-Marc R, maître de chien. 

La Rumeur de St Martin

BLUES DES BLEUS CHEZ LES BLACKS

bouquinjauneL’île de Ste Lucie, près de Guadeloupe et Martinique. Les engagés pour la France Libre répondant à l’Appel du Général De Gaulle y passaient pour rejoindre les Etats Unis avant de s’embarquer vers l’Afrique du Nord.

Après la capitulation, les forces régaliennes de Vichy sont confiées à l’amiral Robert pour mettre  l’or de la Banque de France au chaud caché en rade de Guadeloupe. A Curaçao les allemands bombardaient les raffineries des îles néerlandaises et les immigrés St Martinois qui y travaillaient.

A Castries la capitale de Ste Lucie , le monument aux morts c’est une croix de Lorraine ! Deux prix Nobel : l’économiste Arthur Lewis et l’écrivain Derek Walcott sont la fierté de cette île anglophone indépendante et membre du Commonwealth.

 

VICTIME EXPIATOIRE

Dariah Romanus y est né en 1963 dans une famille chrétienne. A l’âge de 16 ans, prenant conscience du choix entre Dieu et le Diable ( le bien et le mal)reality2_4 il dit opter pour « living for real and truth » – la vérité vraie – et comme tous les rastas il confirme cette métamorphose spirituelle et cette nouvelle règle de conduite sur le chemin de sa vie en devenant « Reality ».

Il est connu et très apprécié à St Martin, où il habite depuis vingt ans. Il y compte de nombreux amis blancs. Plus d’une trentaine on attesté de sa moralité au Tribunal, qui l’a relâché. C’est un excellent artisan.« Reality », père de treize enfants, s’occupe aussi de ceux des autres dans un projet d’activités extra-scolaire.

 

Un citoyen exemplaire que l’ Office du Tourisme apprécie. Construire le podium des Musiciens locaux. Go Local, les touristes peuvent danser pendant leur repas dans les restaurants locaux.

Idem en saison chaque mardi dans le Village de Grand Case.. Brassage local et touristes. Pas un pet de travers depuis quatre ans. Police municipale, bénévoles de la prévention civile. Harmony’s Night sur la Friendly Island.

Reality a été désigné comme victime expiatoire. Le Bouc émissaire au centre du lynchage collectif. C’est lui  la proie des forces régaliennes. Un Rasta mis derrière les barreaux avant l’arrivée de Sarkozy en Guadeloupe. Monsieur le Ministre d’Etat reçoit la veuve du Gendarme, lui dit de ne pas s’inquiéter pour sa situation financière. Le préjudice sera comblé par l’Etat. Avec ce geste, il encaisse les dividendes, obtenant le soutien de la base gendarmique. Puis n’a pas le temps de recevoir le Maire Albert Fleming (UMP) de St Martin qui  demande audience attendant depuis 3 ans une promesse constitutionnelle pour plus d’autonomie. La gestion locale du développement durable.

golocal_4Le tour de passe-passe du magicien Sarko Cirque. Car c’est  lui l’ordonnateur de la surchauffe statistique du rythme gendarmique. Les deux morts de la brigade de Marigot, c’est un peu  lui le Parrain. L’argumentation du Procureur qui veut retourner au Quincy natal sera insuffisante et le rasta immigré de Ste Lucie retrouvera immédiatement sa famille son  travail et sa liberté à St Martin.

Qu’avait-il fait ?  Il revenait de l’Aéroport Juliana où il avait accompagné son épouse. Il a vu les Pompiers et les ambulances. Il s’est garé plus loin pour ne pas gêner, puis s’est approché des deux attroupements. Dix témoins, dix versions … Fauché au milieu de la route. Pistolet, pas pistolet …  il se murmure qu’ils sont morts tous les deux. Le gendarme nu tête et le motard casqué 35 mètres plus loin.

Reality n’aime pas la mort. Il est du signe du poisson, comme son dernier fils prénommé Israël. Il a déjà sauvé trois personnes de la noyade. Alors il entonne un chant qui accompagne la montée des âmes: celles du gendarme et du motard:

« I hear the angel with the seven seals says:  Babylon throne gone down, One bright morning when my work is over, man will fly away home to zion ” Des vers de Bob Marley dont la traduction française signifie :

 »  J’entends un ange avec les sept sceaux dire : le trône de  Babylone est tombé, L’homme s’envolera vers Zion , un matin lumineux quand son travail sera terminé »

Les gendarmes qui  connaissent peut l’anglais et encore moins la culture Rasta, ont compris ceci : « Outrage à fonctionnaire, menaces de mort, actes d’intimidation et propos racistes accompagnés d’une incitation à la haine raciale. »  Voilà le Bouc émissaire idéal pour la didactique communicationnelle du Sirpa. En plus il n’est pas né à St Martin, mais a Ste Lucie. Les frontières sont dans nos têtes…

La mort accidentelle du Gendarme Clin m’a poussé à créer un Blog, rapidement désigné comme le meilleur localement pour dévoiler « au monde entier » les Trésors cachés de l’île de St Martin . J’aime  enquêter sur les crimes. Sueurs froides, Ice cream. Ici sous les Tropiques, y’a pas de glace. C’est l’été même en hiver. Il fait jour à 7 heures et l’eau de la mer et du lagon est à 28° degrés. Après le Jump Up du Carnaval de Marigot, dans la nuit de samedi, sur la route de Bellevue, de nombreux jeunes sont restés dans le champ au pied du Baobab.


POISSON D’AVRIL

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Mangez local, pensez Global. L’excellent Cabri, les fruits tropicaux , le Vivaneau et le Mahi mahi . On a aussi les Langoustes de chez Gary. Le nouveau motard gendarmique s’y approvisionne mais refuse de parler de l’affaire Clin. Double bind, autiste avec les civils mais outrage si on leur parle franchement.

Donc ici nos enfants peuvent rêver la nuit sous les étoiles. On a 8 000 Km d’alizés qui traversent l’Océan et le ciel est bleu. C’est pas les cités de Banlieues et la caserne est  très agréable avec la surprime d’éloignement. Bunker résidentiel trois étoiles. Mais Sarkozy demande des chiffres. Parfois des nuages de gaz lacrymogènes sont vaporisés sur nos enfants par les militaires. Il y a Dog Man, la didactique de ce gendarme maître-chien a dégénéré. Simple contrôle de scooter, le passager n’ayant pas de casque. Les citoyens osent porter plainte. Le militaire est condamné en correctionnel  pour « Violence aggravée ». La bavure sanguinolente des crocs du chien militaire dans la cuisse du sans casque, transféré menottes aux poignets jusqu’ aux urgences de l’hôpital. De familles en villages, la morsure s’est encastrée dans la Conscience Collective.

Jusqu’à preuve du contraire, le Sous-préfet  avait déclaré « Ce ne sont pas les gendarmes qui font l’événement… »

Mahi Mahi, Poisson d’Avril….

RUMEUR EN HAUSSE SUR INTERNET

troupeau_5A St Martin, les gendarmes de proximité ne connaissent pas le nom du curé. Les Bleus font tâche et le boulot est dense. En 2005 , six braves pandores, sont morts en faisant leur devoir en métropole, plus deux autres en six mois  sur l’île de St Martin. Le dernier crime concerne une bamboula de blacks carnivores. Un lynchage verbal collectif. Mort aux vaches disaient-ils en anglais !!!

Cependant le Week End, les militaires font bombance en familles à deux tables de la Jet Set sur la plage d’ Orient Bay le « St Tropez des Caraïbes. »

Dans l’Hexagone le « contexte » semble lourd et la rumeur du lynchage verbal collectif de St Martin, transmise par les militaires sur le Web arrive sur le bureau de M.A.M. qui promet du Renfort et sa visite prochaîne.  Elle viendra probablement cet été avec une équipe supplémentaire, une douzaine de bleus et un nouveau Capitaine. Faudrait changer la Didactique du Gendarme. Allez les bleus !! Come back dans les tournois de foot. Chez les Rastas ils ont une super-Team. Y’a même Raphael Gelin un haïtien de St Martin qui est joueur pro aux States. C’est lui qu’il faudrait pour diriger l’école de football.

caserne_5« Blues des bleus chez les Blacks » dans la brigade en berne pendant cinq jours. Les gendarmes forment une communauté qui sait se montrer solidaire lorsque le malheur frappe la famille de l’un des leurs. Sous le pseudo de Christian des collègues anonymes sont à l’origine de la rumeur qui va porté outrage aux citoyens de St Martin. Certains militaires étant proches des milieux d’extrême droite l’ont amplifié. Les spécialistes des hoax sur le Net l’avaient annoncé aux internautes.

Sur place début Mars, les reporters qui enquêtent savent les mensonges. Rodolphe Geiser dans le Parisien, Marianne Payot dans l’Express, Didier Hassoux dans le Grand Angle de Libération. Et Canal + qui a envoyé ses cameramen pour le journal de Karl Zéro.

NE LAISSONS PAS LES TROPIQUES DEPOUILLÉS DE LEUR PEAU , SE MAQUILLER DE BRONZAGE …Avec Harry Durimel l’avocat Guadeloupéen des grandes causes St Martinoises, aucun doute: les Tropiques dépouillés de leur peau, ne se maquilleront pas de bronzage. La peste brune n’a pas sa place sous le manteau de St Martin.

Il n’y a pas plus de haine raciale à Babel St Martin, que de pédophiles à Outreau.

Si on écoute bien l’ Interview de la veuve de Raphaël Clin le 21 Fev sur R.M.C. elle dit « Quand ils ont su qu’il était mort ils ont crié de joie etc. … »

Elle fût la première aux urgences dans le lourd silence de l’attente angoissée, a recevoir l’information de la bouche de l’urgentiste. Justin Annicette l’a vu s’effondrer. Puis elle est restée trente minutes alitée sous l’effet d’une piqûre calmante. C’est à ce moment là qu’un cauchemar c’est gravé dans sa mémoire troublée par la douleur et l’angoisse. Puis elle a précisé dans le Dauphiné Libéré, « Même le personnel hospitalier se réjouissait et n’a rien fait pour aider mon mari. »

C’est un auto-conditionnement qui a alimenté la rumeur de St Martin en passant sur les câbles sous marin de notre village planétaire.
Le destin nous y a fait un signe. LE CLIN DEUIL

Sachons en être digne !

L’île aux peintres – Les Pionniers

Au début des années 1980, les premières toiles des peintres de l’île s’exposaient à la galerie du Poisson d’Or, sur le front de mer à Marigot.

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de gauche à droite Roland Richardson (1) Romare Bearden (2) Mounette Radot (3) Alexandre Minguet (4) Gloria et Martin Lynn (5 & 6).

Romare Bearden, peintre new yorkais de Harlem ( 1911-1988) venait en villégiature dans la maison de famille de son épouse, née à Quartier d’Orléans. Spécialiste du collage, et de l’aquarelle sa renommée internationale et la valeur de son œuvre est acquise.

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Son influence est visible dans les œuvres de Mosera et Joe Dominique.

Alexandre Minguet ( 1937 – 1982) peintre français. Il repose dans le petit cimetière St Georges, à Quartier d’Orléans. Sa fille gère l’héritage pictural de ce grand coloriste dans galerie de Rambaud Hill

Roland Richardson, est une figure de proue de la peinture locale. Enfant du pays, ce peintre impressionniste, excellent dessinateur , travail sur le vif avec son chevalet ou ses cahiers de croquis. Fondateur de la revue Discover, et rédacteur en Chef de 1986 à 1999, il s’attache à la promotion de la Culture et de l’histoire de son île natale.

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Mounette Radot, dont de nombreux tableaux illustrent les présentoires des cartes postales, comme Gloria Lynn, a pris les femmes du marché pour sujet. L’acclimatation des artistes ne passent pas que par la lumière tropicale. Elle s’imprègne et s’inspire de la présence humaine.

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Site internet de Mounette Radot

Martin Lynn ( 1944- 2005) était sculpteur. Grâce à la générosité du mécénat de Gerald Carrus – également disparu – l’une de ses sculptures a pris une dimension monumentale au centre de Marigot, sur la nouvelle place du marché. Théo Bonnev en  a réalisé le moulage à grande échelle.

Statue

Cette statue est un hommage à la place centrale de la femme noire, mère nourricière et travailleuse, poteau mitan de la société antillaise.

L’EXPRESSION CONTEMPORAINE

Aujourd’hui, la Friendly Island se caractérise par une production picturale foisonnante, car les artistes peintres sont nombreux. A l’image de cette Babel insulaire, les origines géographiques de cette communauté artistique sont variées.
Des groupements de peintres témoignent de la variété des styles et des talents. De 1999 à 2002, le « Mois de la Peinture » a permis de larges rencontres avec le Grand public, puis le Centre culturel de Philipsburg, l’association Art Lovers éditrice d’une carte des Galeries et ateliers , et le « Coin de la Mairie de Marigot » donnent aux créateurs amateurs ou professionnels, la possibilité d’exposer et se faire connaître. Il existe une visite des galeries principales pour les croisiéristes amateurs d’Art.
Last but not least, le magazine Soualig’Art, présente mensuellement l’essentiel des Arts et de la culture locale.
Les années à venir devraient relever le défi de la peinture murale, offrant aux visiteurs et aux habitants le supplément d’âme décoratif au cœur de cette île confetti, bordée d’une trentaine de plages.
Les visiteurs de la Friendly Island désireux d’approfondir leur connaissance de l’île aux peintres ne manquent donc pas de ressources pour acquérir soit des reproductions, soit des œuvres originales. Plus qu’un souvenirs de voyage, les œuvres d’art sont une fenêtre permanente sur le charme des Tropiques

Les frontières sont dans nos têtes

Jabi_3 Les paroles passent, les écrits restent.

Depuis  un mois j’ai parcouru les forums Internet, jouissant d’un point de vue unique. Mais Mais où va le Monde ?!!!

L’œil du Jabiru est perché au sommet d’un vieux Baobab sur l’île de St Martin. Sa quiétude tropicale fût troublée par un fait divers. Pierre Bourdieu disait : « Le fait divers fait diversion ».

Voici trois hommes excellents. Des cœurs purs.

Rapha, 31 ans, bon gendarme de proximité, exemplaire pour ses collègues,  apprend à parler  créole. Un anti-raciste convaincu dit son mentor  du Dauphiné.

Cédric , 25 ans,  bon mécanicien, fait ses classes à la Jeunesse Étudiante Chrétienne . Les actions menées s’appuient sur un système de valeurs chrétiennes et humanistes telles que la fraternité, la justice, la paix, le refus de l’intolérance.

Reality ,43 ans. Bon artisan et artiste. Rasta sa philosophie est anti-raciste et pacifique. Sur l’île, il est connu pour sa spiritualité, son respect du prochain et son engagement dans la cité pour aider la jeunesse.

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Celles et ceux qui se reconnaissent  dans l’éthique de ces trois hommes là, porteront intérêts aux propos qui vont suivre.

Tout le reste c’est racaille…

Rapha, ( Stéphanie sa veuve l’appelle comme ça)  est enterré dans la Sarthe.. Le destin c’est abattu sur lui, sa mémoire doit être honorée, sachons en être digne.

Cédric, est gravement blessé, mais toujours vivant. Le  12  février 2006 un gendarme se trouvant au milieu de la route a soudainement croisé son destin. Il ne t’a pas vu , toi non plus.

Au terme de l’enquête, un bouc émissaire est  désigné, mais le Rasta  ne sera pas immolé. Le juge l’a remis en liberté. L’intelligence du barreau guadeloupéen a  plaidé sa cause. La place de la Reality n’est pas derrière les barreaux.

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La place de la République à St Martin reste à construire.  Le haut fonctionnaire qui a compris cette île c’est François Seners.

Qu’il revienne représenter la France dans le cadre de l’article 74 de la Constitution et que cessent ces missions préfectorales de trois ans, après moi le déluge. Les projets de développement durable se gèrent au moins sur sept ans.

La conscience collective ça se travaille. Mais pas avec xénophobie chez ceux qui resteront fidèles à la morale de Rapha. Son frère Rasta le voyant partir lui a chanté un chant d’amour, un chant d’adieu. Une prière : Rastaman chant de Bob Marley .

Le vieux Baobab le sait mieux que nous tous, ses racines viennent d’Afrique. Des pauvres africains, échanges de pacotilles, déportés par de riches européens.  Avec la bénédiction de l’apostolique et romaine église estampillant Le code noir.  Commerce maritime du Bois d’ébène

( un bien meuble). 20% ne sont pas arrivés au bout du voyage. Chair à poisson. Leurs âmes seraient retournées en Afrique.

Le vieux Baobab sait le peuple noir fidèle au Seigneur.  Marine La Paine, le Vicomte du Puy du Fou , et vous Mam Clemenceau, venez faire un tour dimanche matin dans l’une des douze églises de Quartier d’Orléans. Demandez de familles en villages ce que pensent les gens de la police de proximité. Il y a des morsures de chiens policiers, qui plus qu’une  bavure,  se répandent largement dans les consciences. Les brigades volantes trimestrielles répandent du gaz lacrymogène au milieu des alizés. Pour encadrer la jeunesse, il faut des éducateurs, pas des militaires.

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Les paroles passent, les écrits restent et sur internet ceux de L’adefdromil de Michel Bavoil. Celui ci a transmis une rumeur boomerang à son Ministre de tutelle.

Les médias à sensation à 8 000 km des faits, ont titrer black & white la Bamboula sur le corps de notre armée. Le maire (UMP) de St Martin se plaint contre X . Tu rêves  Vicomte. Clin ce n’est pas comme Halimi. Voilà comment un fait divers fait diversion.  Viens écouter tes frères noirs de French Quarter à l’heure du Gospel. Juste au dessus à 424 mètres les chœurs montent, c’est le Pic Paradis. Ecce Homo, on les entend chanter.

Les cris de la douleur de Stéphanie apprenant la mort de son mari à l’hôpital, un homme en est le témoin immédiat. Sur le banc du couloir des urgences, dans l’attente pesante et silencieuse , apprenant la mort de Raphaël, il l’a vu s’effondrer. Sans entendre les cris qui ont alors pénétré le cauchemar intérieur de cette femme meurtrie.

Ce témoin là, n’a pas été entendu par la gendarmerie ! C’est le père de Cédric. Excellent homme lui aussi. Justin Annicette ( et pas anisette) est porteur d’eau et de drapeaux. Un notable du Rotary ayant combattu en Algérie. Une vraie famille française, noire, catholique et parfaitement bilingue.

Qu’une femme de gendarme insulte les agents hospitaliers ( déclaration au Dauphiné Libéré ) c’est bien la preuve qu’elle a rêvé. Pas besoin d’être Procureur de la République pour comprendre ça.

Y’a pas plus de haine raciale à Babel St Martin, que de pédophiles à Outreau. Ici sous le manteau de St Martin il y a un vieux Traité de Concorde pour ne rien déchirer…Une Friendly Island.

Comme disait Voltaire dont je fus lycéen en Mai 68. « Ne sommes-nous pas tous enfants du même père, et créatures du même Dieu ? »

Terrepatrie_2

Sur notre Terre Patrie, les frontières sont dans nos têtes.

Point de vue citoyen


jabiru_1La présence de la gendarmerie nationale dans l’Outre-mer, et plus spécifiquement sur l’île confetti de St Martin – «  La friendly Island » soulève la question des liens de proximité et de compréhensions réciproques avec la population autochtone. 103 gendarmes sont en service à St Martin dont 1/3 en rotation trimestrielle.

Le souci principal exprimé par le commandant Meuriot ( chef des gendarmes de St Martin) est la délinquance juvénile. En 2005, 199 mineurs, souvent âgés de quinze ans, voir moins, ont été impliqués dans des faits de délinquance ( vols). Ce sont des laissés pour compte sans lien familial. La PAF a expulsé 289 étrangers en situation irrégulière.

La sécurité routière a connu un essor dans les contrôles avec l’arrivée d’une brigade motorisée. Les contraventions portent sur le non-port de la ceinture (628), non port du casque en deux roues (387), défaut de permis de conduire (344), dépassement dangereux (206), 193 alcoolémies, 149 défaut d’assurance, 98 usages du téléphone, 44 excès de vitesse et 6 surcharges de poids lourds.

 Ce bilan statistique démontre une activité soutenue, et le Sous-préfet (responsable du maintien de l’ordre)  a déclaré  le 8 février 2006 en présentant ce bilan statistique « jusqu’à preuve du contraire, ce ne sont pas les gendarmes qui créent l’événement ».

rc 2Quatre jours plus tard, la mort accidentelle de Raphaël Clin  pendant son service, modifie ce point de vue. Sa mort a pris une dimension nationale. Sur RMC le 21 février, Stéphanie son épouse livre sa version des faits. Sa douleur l’entraîne à transformer la réalité. Elle est la seule à avoir entendu des cris, des injures et des réjouissances à l’hôpital.

Le mode opératoire du contrôle routier à l’origine de « L’affaire du gendarme Clin » a été très peu commenté. Hélas il s’est mis en danger en se plaçant au milieu de la chaussée.

ligne droite de bellevueRte de Bellevue ( X emplacement du gendarme P place du véhicule des deux gendarmes)

général Parayre ( Directeur général de la gendarmerie nationale)
Général Parayre  ~Directeur général de la gendarmerie nationale.

Le 8 Mars 2006 , au terme de l’enquête , le général Parayre ( Directeur général de la gendarmerie nationale) accompagné du lieutenant-colonel Gin (Svce. relation publique des armées) déclare sans confirmer l’organisation d’un « run » que « s’il avait vu la moto, il se serait mis sur le bas côté, il a vraisemblablement été surpris par l’arrivée de la moto »(sic) Il propose « le renforcement de la coordination entre les unités, afin de réaliser une meilleure prévention sur le terrain, on est sur une île, il faut que les gendarmes qui viennent du continent connaissent le contexte. Nos personnels y compris les gendarmes mobiles sont formés avec une didactique sur laquelle nous sommes intransigeants. » Il reconnaît qu’il ne faut pas « faire d’amalgame, ce n’est pas parce que quelques personnes ont eu un comportement déplacé que l’ensemble des habitants doit être stigmatisé »

 L’éloignement de 8 000 km entre la commune de St Martin et l’Hexagone, est réduit par l’Internet. Jean Yves Fontaine professeur à l’université de Caen dans une contribution (lessor.org)  argumente sur l’utilisation par la base gendarmique des Nouvelles Techniques d’Information de Communication ( NITC).

Cette démocratie électronique a cependant été entachée par de nombreuses contre-vérités dans le message initial des collègues du gendarme endeuillés par ce drame. Elles ont alimenté les préjugés épidermiques, entraîné des fautes déontologiques  dans les médias, provoqué des délires idéologiques dans une France déchirée par la xénophobie.

Jim LucasNous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères,   sinon   nous allons mourir tous ensemble comme des idiots » 

Martin Luther King

Lettre ouverte à la veuve du gendarme Clin

12 Février 2006 – Deux familles heureuses et harmonieuses. Soudain, l’accident grave. Raphaël et Cédric, 31 et 25 ans. Un mort, un blessé grave. Stéphanie une épouse, Justin un père. Deux familles françaises, les Clin et les Annicette bons catholiques, ayant servis le drapeau français, l’un sous les Tropiques, l’autre en Algérie.

ja2Dimanche 12 févier 2006. Service des urgences au nouvel hôpital de St Martin. Stéphanie s’est effondrée apprenant la mort de son mari. Justin silencieux attend le verdict pour son fils. Ils ne se sont pas parlés. 

Cédric est un exemple dans la jeunesse St Martinoise.  Actif à la JEC ( Jeunesse Etidiant Chrétienne) . Au lycée professionnel, mécanique bateau puis s’oriente en mécanique moto.

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Fils d’un gendarme du Nord de l’hexagone, Raphaël est né en Île de France. Élève au Prytanée militaire de la Flèche (Sarthe), c’est dans cette région qu’il rencontre Stéphanie. À la sortie de l’école de la gendarmerie, en 1997, il exerce à Grenoble.

« C’était un collègue d’une droiture et d’un calme remarquables. Il analysait très vite les situations sans jamais perdre son sang-froid. Passionné par son métier, il avait brillamment passé le concours d’officier de police judiciaire, pour accéder au grade supérieur. Il se réjouissait d’avoir été désigné pour un séjour outre-mer de trois ans. C’était un antiraciste convaincu  » dit son ami le gendarme Salvatore Insera, de la brigade de Goncelin (Isère), qui fut l’un de ses mentors à Grenoble.

Quelques jours avant Noël, il lui confiait que le travail devenait de plus en plus difficile en raison de l’hostilité affichée des autochtones vis à vis des militaires. En outre, la mort d’un gendarme-adjoint ( David  Gouard) dans un accident de la circulation avait endeuillé la brigade de Marigot. Un climat empoisonné.

Pour Noël, la famille Annicette avait mis les guirlandes électriques aux balcons. Ça fait deux années qu’ils gagnent le Concours de décorations de l’Office du Tourisme de St Martin. Tous leurs amis viennent les visiter. Justin, avec son camion citerne est porteur d’eau.

Justin anicette

 

 

 

A St Martin il y a « l’eau du gouvernement » et l’eau de pluie stockée dans les citernes. Il est au Rotary Club et porte drapeaux des anciens combattants, il est de toutes les cérémonies officielles. Il déclare à la presse locale, « pour tous ceux qui m’estiment, pas de manifestations de haine ou de violence ».

LA RUMEUR SUR INTERNET

Ce fait divers – un regrettable homicide involontaire – va faire diversion. Une rumeur haineuse va s’amplifier, sans aucun rapport avec la réalité des faits. Hélas, Raphaël a commis une erreur dans son mode opératoire. « Quel con, ah quel con » dit son collègue qui a tout vu.

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La famille Annicette est bouleversée par les commentaires qui circulent en France. Assassinat raciste d’un gendarme disent les amis du Vicomte de Villiers qui ont tout vu à 8 000 km .

On a tué un blanc, réjouissances aux Antilles titre ceux du Front National.  MEURTRE RACISTE D’UN GENDARME A ST MARTIN – Aux urgences, ça criait dans tous les sens « on a tué un blanc ». L’île de St Martin fait parler d’elle : St Martin est bien connue pour son racisme ambiant …

essorChasse aux blancs à St Martin … Un gendarme s’est fait shooter à St Martin… Une nouvelle victime du racisme anti-blanc ordinaire .. Les Saint Martinois n’en croient pas leurs oreilles. Dans ce climat de rumeur nauséabonde, Stéphanie ne contrôle plus rien.

 GÉRER LA  SOLITUDE , SURMONTER LE DRAME

Dans la caserne aux funérailles, Stéphanie spontanément prend le micro après les discours officiels et déclare : « Ne tremblez pas, je ne dirais pas maintenant les fautes que vous avez commises ». En attendant d’être rapatriée avec sa fille  née à Grenoble il y a 4 ans, Stéphanie a repris son travail d’assistante maternelle dans une école de l’île .

Pour elle c’est le meilleur moyen de faire face au terrible  choc qu’elle vient de traverser. Car, si elle ne croit plus à l’acte volontaire du motard, elle est sous le choc du comportement, pas seulement des jeunes, mais, pire, des personnels de santé.

Stéphanie, vous déclarez ceci au journaliste du Dauphiné Libéré : « Mon mari et son collègue se sont retrouvés bien isolés en arrivant sur ce « run » qui rassemblait cent ou deux cents personnes. Sur place c’était terrible, sans doute. Mais pour moi il y a eu pire : quand je suis arrivé à l’hôpital, le personnel se réjouissait de la mort d’un blanc ! C’était atroce de voir ainsi exulter des gens dont la mission est pourtant de secourir. « 

Stéphanie, la mort de Raphaël peut devenir le symbole d’une Concorde. Ce chemin tu pourrais bientôt le parcourir, car les bras de Justin te sont ouverts. Auprès de lui tu trouverais le réconfort de la vérité. Comme tu le sais enfin, son fils ne participait pas à un Run organisé, il arrive de Philipsburg et rentre chez lui à Agrément essayant une Yamaha 1000 sur laquelle il avait travaillé . La route est large et droite il la connaît parfaitement. La plus longue de l’île,  1 300 mètres à 170 km /H. 5 à 6 secondes de montée d’adrénaline pour tous les motards de chez Martin / Martine. Il n’y a pas de panneau de limitation de vitesse.

Cédric  Annicette ne pouvait ni voir ni éviter l’obstacle sur sa trajectoire. Aucun acte volontaire. Toujours hospitalisé, après trois semaines. Côtes et poignet cassés, poumon perforé. Il ne se souvient de rien. Le Daily Herald ( quotidien anglophone) explique dès le lendemain ce qui s’est réellement passé. Il est évident que le mode opératoire était inadapté et dangereux.

Depuis Noël, la tension est forte à l’intérieur de la Brigade. Sarkozy veut des chiffres pour se faire élire. Le sous-préfet transmet les ordres du gouvernement et les collègues se soutiennent « faisant bloc contre l’hostilité affichée des autochtones vis à vis des militaires ».

Raphaël, avait commencé à raccourcir les distances malgré l’obstacle du microcosme de la vie en caserne: apprendre à parler créole. Jean Louis Hamlet, éducateur à Sandy Ground dit que tous les jeunes le respectaient. Devenir, comme dans les Alpes, un gendarme de proximité. Ici la distance culturelle est forte. Pour les Blancs France qui ne parlent pas l’anglais, aucune intégration possible. L’espagnol est un plus.

VERS LA FIN DU CAUCHEMAR.

Reste ton cauchemar fou Stéphanie. Tous ligués contre la gendarmerie. Car tu t’es persuadée que le personnel se réjouissait de la mort d’un blanc ! C’était atroce de voir ainsi exulter des gens dont la mission est pourtant de secourir.

Aux urgences, Justin a vu ton effondrement, apprenant qu’il était mort. Mais il n’a pas partagé ton choc psychologique intérieur, une illusion. Une déflagration mentale : le climat est empoisonné, Raphaël a succombé, même les hospitaliers sont contents.

Les trois urgentistes de garde le disent. C’était calme pendant que tu étais allongée sur un lit, avec une piqûre de soutien. Nul médecin se réjouit de la mort.  Dans une transfusion sanguine c’est le groupe rhésus et pas le taux de mélanine qui sauve une vie. Comment guérir de la haine, quand soufflent des politiciens qui l’attise ?

« On m’a encore tué un gendarme » dit le représentant local de la République au père du motard. A white man get killed. Parmi les gendarmes, une collègue accuse les amis de Cédric à haute voix. Ils ne répondent pas.

 

 

UNE CONFIDENCE

Stéphanie, voici une confidence. Comme toi, comme d’autres, j’ai connu la douleur de la perte mortelle. Un crime pas médiatisé, ni en France, ni même ici à St Martin. Il s’appelait Cédric Dat, il avait un scooter. Un piaggo à 900 €. Lapidé à midi sur le belvédère de la Route de Coralita. Il y a 3 ans à Pâques.  Six jours avant ses vingt sept ans. Le cadeau d’anniversaire un corps congelé recousu après autopsie. Sa mère – éducatrice de rue – l’a reçu à Toulouse. Depuis, elle a raté toutes ses tentatives de suicide.

Il était jeune capitaine de la Marine Marchande, skipper pour la plaisance chez Sunsail.  Caïn, le jeune assassin de dix ans son cadet est pour quinze ans à la prison de Basse Terre. La gendarmerie de French Quarter a eu de la chance. Caïn se baladait le lendemain matin sur le scooter dans le village. Confondu par les tâches de sang sur un vêtement. Adn / Adonaï..

Sa mère me dit que  « le scooter n’était pas dans le jardin cette nuit. Votre ami est au Paradis, Dieu conseillera mon fils.  » Sa mère le Dimanche c’est l’église . A la morgue , le croque mort explique que la visite de l’assassin n’est pas prévue dans la Procédure. Autrement dit le meurtrier n’a pas la possibilité de voir le mort qui lui appartient. Il part le soir en avion en Guadeloupe. 15 années de camisole chimique.

cedric-datA la morgue, en touchant l’épaule musclée et froide de Cédric Dat , j’avais fait un vœux. Ouvrir des emplois-jeunes là où il est mort. Pour que cette mort ne soit pas inutile. Les touristes s’arrêtent au point de vue panoramique de la Réserve naturelle maritime. L’hiver s’y reproduisent les baleines à bosse, descendues droit du Labrador. Des jeunes pourraient y vendre des jus de fruits de la Dominique. Le parking n’est pas surveillé, les voitures de locations des touristes y sont parfois fracturées lorsqu’ils s’éloignent pieds nus dans la mer.

Que nos élus réagissent immédiatement et symboliquement me suis-je dit. Le plus simple est d’appeler d’abord le père Charles. « Dieu conseillera mon fils », m’avait dit la pieuse maman. » Sosso » le mari, était mort jeune. Il se plaignait de migraines. Téléphoner au Père Charles et lui dire : « C’est pour accompagner Caïn à la morgue.. Y’a que vous qui puissiez faire ça.. L’œil était dans la tombe et regardait Caïn. Le remord. Tu ne tueras point.. . C’est pas prévu dans la procédure mais ça peut être utile à la rédemption du meurtrier. Faite vite, il est transféré ce soir en Guadeloupe. Je vous passe un gendarme ».

Mon plan a foiré. Quand j’ai demandé au brigadier le n° de téléphone du curé, avec son accent gascon rocailleux , il m’a demandé vous savez quoi ? « Le père Charles, il travaille à la brigade de Marigot ? »

J’étais épuisé par l’enquête le jour et le reportage à ciseler chaque nuit. 48 heures sans dormir. Dans un ultime espoir je demande à voir le sous-préfet. Je suis monté dans la fourgonnette des gendarmes, direction Marigot. Ils m’ont menotté ! On s’est arrêté en dessous de la sous-préfecture, à l’ancien hôpital, là ou Cornelius aujourd’hui ouvre son manteau aux plus déshérités. Depuis, le sous-préfet est parti, disant qu’il n’y avait pas de conscience collective à St Martin. Poignets menottés, une seringue pour m’ accueillir à l’hosto.

Trois jours plus tard , quand je suis rentré chez moi, l’ordinateur était en veilleuse. J’ai terminé le reportage. Je l’ai envoyé par Mail avec photo au Rédacteur en Chef du Week’s. Il dit gêner.-« C’est trop long. Quoi 1 500 mots, pour un crime au village, c’est trop long ? Ok j’ai compris passe-moi le patron. Et celui-ci m’a dit non. »

Raoul le facteur de Quartier d’Orléans passe tous les jours sur la route de Coralita . Il m’a dit qu’il ne savait rien, qu’il était en vacances à Santo Domingo. Le gendarme ne connaît pas le nom du Curé, le journal francophone refuse d’informer ses lecteurs, et le facteur ne sait rien … des spécificités locales !!! Cédric Dat, l’âge de mon fils. C’était mon voisin, un jeune copain. Faire son deuil … Trois ans c’était hier.

Aujourd’hui, Stéphanie , ton deuil commence. Une Concorde est possible. Que la mort de ton Raphaël qui cherchait tout sauf la division, soit utile. Voici une proposition : des écoles primaires jusqu’au lycée, sur chaque fronton, que nos enfants puissent lire trois mots révolutionnaires nés après le Bastille Day comme on dit ici.  Les symboles ne coûtent pas chers, mais peuvent rapporter gros. Ici pour souder la conscience collective locale et répondre là bas dans l’Hexagone à tous ceux qui diffusent la haine.

Premières conclusions d’enquête

Voici le texte qui a circulé sur le net, à l’origine d’une désinformation sur les faits :

Bonjour, Je suis la femme du gendarme qui a été tué, Raphaël CLIN. Mon mari a été tué par un chauffard qui se livrait à un run (course moto à Bellevue). Pendant que mon mari agonisait il y avait plus de 40 personnes autour de lui à l’injurier, à lui dire : crève. Le collègue qui était avec lui leur demandait d’aller chercher du secours mais pas un n’a bougé. Quand je suis arrivée à l’hôpital il y avait plein de monde, des gens de la famille de ce chauffard. Ils injuriaient les gendarmes et quand on nous a dit que mon mari était mort, ils avaient tous le sourire et ont crié victoire d’avoir tué un gendarme et de surcroît BLANC. Vous rendez-vous compte de la mentalité des gens d’ici (une minorité, mais une grosse minorité).

Comment voulez-vous que l’île ne coule pas ? Ces gens font tout pour détruire votre belle île. LES VRAIS SAINT MARTINOIS BATTEZ VOUS POUR VOTRE ILE SINON BIENTOT ELLE SERA PERDUE.

Mon mari était un modèle d’intégration, un des rares gendarmes blancs à parler le créole. Même à Sandy Ground les jeunes lui disaient t’es bien le blanc . C’était le mari le plus attentionné, le plus merveilleux et le papa le plus chouette au monde (et oui, il avait une belle petite fille de 4 ans).

Et croyez moi, je ne le dis pas parce qu’il est mort, je lui disais tous les jours : UNE PERSONNE EN OR. VOILA DANS QUELLE SOUFFRANCE EST PARTI MON MARI. BRAVO LE RACISME !

LA FEMME MEURTRIE DU GENDARME RAPHAÊL LE PLUS BEL HOMME DU MONDE. Rc2_2

Sissi-Femme de gendarme et antillaise s’interroge à voix haute sur le Web : « Je voudrais réagir sur toute cette histoire à propos du gendarme Raphael Clin. Perdre son mari est très difficile, mais en service ce doit être encore plus pénible. Je le comprend très bien. Mais sur cette affaire je n’ai pu lire que les témoignages de Mme Clin et de l’ami de son mari. Aucun témoignage des autres partis ne sont parus, ni dans les médias, ni sur internet. Comment voulez-vous alors être crédible, Madame ? Avez-vous bien compris ce que vous avez entendu sur les lieux? Comprenez-vous, vous même le créole et le sens des mots créolisés ? Pourquoi n’avons nous pas eu de témoignages du personnel des urgences pour corroborer la votre; témoins sûrs de ces propos soi-disant racistes. Je conseille à tous ceux qui souhaitent s’informer sur ce drame de faire attention à ce qu’ils vont dire et penser. Et justement réfléchissez avant de croire tout ce que vous voyez dans les médias et sur internet. Mme Clin, qui sont vos témoins Vous n’étiez pas sur lieux, n’est-ce pas? Où est le témoignage du collègue en doublure ? Je connais le milieu sectaire de la gendarmerie et je sais que malgré toutes les histoires internes ils peuvent être très solidaires quand il le faut. Je n’insinue rien, mais bon… Malheureusement c’est un seul qui paye, et pas le moindre, le plus généreux et apparemment un des rares métropolitain blanc installé aux Antilles qui voulait s’intégrer complètement ! Beaucoup d’antillais emploient le terme de « blanc » pour désigner un métro ou autre mais ou est le racisme dans cela tout comme on désignerait un noir ! Je connais le peuple antillais, et je connais la façon dont il s’exprime et cela peut être très mal interprété quand on ne connaît pas le français créolisé des îles. Le peuple antillais raciste? Oui comme partout, mais une minorité. La plupart adule la race blanche, les gens clair de peau etc… Peut-on parler de xénophobie? Oui Peut-être! Mais racisme, je ne pense pas. Le gendarme ce jour du 12 septembre a été victime de la haine de gens pour les forces de l’ordre malheureusement, comme partout, en France; mais pas contre un blanc; je veux le croire, je connais ce peuple. J’aimerais vous croire, car il est vrai que la vie est injuste et dure … Ca                                                                                             

Les interrogations de Sissi sont pertinentes.  Babel St Martin et la confusion des langues. Ici c’est l’anglais « A white man was killed » ce n’est pas « on a tué un blanc »

Dimanche 12 Fevrier au matin. Aucun run moto ou rodéo sauvage organisé sur la route de Bellevue. Le Daily Herald le précise immédiatement. La nuit c’était Jump Up du Carnaval. Ceux qui sont restés couchés dans le pré sous le vieux Baobab ont tout vu en revenant à pied vers Marigot. Ce sont une partie des « 250 jeunes » dont Stéphanie parle sur RMC à la radio.

Cédric Anicette quand à lui arrivait de Philipsburg, seul. Il allait vite, pour le plaisir de pousser le moteur à fond. Il avait travaillé toute la nuit sur la bécane non assurée, ni immatriculée dans l’atelier d’un copain. Homocide involontaire.Toujours hospitalisé problèmes pulmonaires, ne se souvient de rien. Le choc fût rapide et brutal, projeté à 35 m . Le collègue appel les secours. Ce n’était pas aux témoins d’agir, sauf secouristes ou médecins qui sont vite arrivés. Stéphanie Clin n’était pas sur les lieux de travail de son mari.

Le vieux Baobab a tout vu, mais nulle foule excitée. Les éventuels propos déplacés furent minoritaires. L’atsmosphère générale était à la consternation.

Justin Anicette père de Cédric arrive à 8 h 20 à l’hôpital de Concordia, il habite à côté. Il dit que lui-même, sa famille et les gendarmes partagent en silence l’angoisse et l’inquiétude. Il n’a pas parlé avec Stéphanie. C’est un bon citoyen estimé, membre du Rotary. Le personnel hospitalier confirme qu’il n’y avait pas d’altercations.

On est loin des articles incitant à la haine qui parcourent complaisemment le Web, tel que « meurtre raciste à St Martin ».

Le Maire (UMP) a porté plainte contre X .

Le Gendarme et le vieux Baobab de St Martin

Un poème de Karmilla, lycéenne de 16 ans.«  Autour de lui, les gens devinrent fous, Lorsque agonisant sous leurs yeux, Au lieu de l’aider, ils vinrent l’insulter. Le seul crime de ce malheureux était d’être gendarme » …

le-plus-bel-homme-du-monde Il est 8 heures c’est  Dimanche matin. Sur la ligne droite de Bellevue, aucun rodéo sauvage à moto comme le déclarent à 8 000 Km, Marine Le Pen et Philippe de Villiers. Cédric Anicette  (24 ans) revient de Philipsburg, il heurte de plein fouet et à grande vitesse un gendarme qui s’est placé dangereusement au milieu de la route.

Des voitures  circulent , les gens s’arrêtent. Le second gendarme  prévient les secours.  Attroupement.  Un homme en uniforme  touché à terre, certains  en étaient réjouis selon les dires d’autres gendarmes Le motard est blessé.

Aux funérailles, le représentant de la République,  un préfet péremptoire  a déclaré :                 « Cette mort n’est pas le fait d’un accident mais le fait de délinquants qui ne respectent pas plus la loi que la vie humaine… Une jeunesse irresponsable au comportement meurtrier et suicidaire ».

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Justin Annicette père du motard et membre du Rotary réfute cet amalgame. Il fait confiance à la justice, aussi bien celle des hommes que celle de Dieu.

Il demande à tous ceux qui ont de l’estime pour lui de ne participer à aucune manifestation de haine ou de violence. La presse locale le félicite pour son comportement citoyen. Il dit qu’à l’hôpital , sa famille et les gendarmes étaient unis dans le silence et l’inquiétude.

 Raphaël Clin était un bon gendarme Républicain, un type pacifique, c’est certain. Sa veuve, est effondrée à la cérémonie, cependant prenant le micro spontanément après les discours officiels de la hiérarchie elle dit « Ne tremblez pas, ce n’est pas maintenant que je vais dire toutes les fautes que vous avez commises » (sic)

Un collègue de Raphaël reconnaît que :  » Certains gendarmes font mal, voir très mal leur métier et ils ne devraient pas l’exercer « . Le stress dans la gendarmerie est très fort.

Les citoyens de St Martin ont été sondés à domicile sur leur sentiment de sécurité. Contrairement à la police municipale, la gendarmerie nationale est mal notée pour l’écoute et l’aide à la population.  Gestion de la rotation trimestrielle des bataillons militaires : du parachutage !

Le drapeau tricolore flotte au Fort St Louis à Marigot , mais au commissariat de Quartier d’Orléans, ils ne connaissent  pas le nom du curé, le Père Charles, sous le manteau de St Martin. Les Militaires, ne sont pas d’ici. Ils viennent de l’espace Schengen en Europe.

 Raphaël Clin n’était pas de passage, et ne broyait pas du noir, cette culture du créole l’attirait jusqu’à vouloir le parler, pour mieux causer avec les gens d’ici . Raphaël  avait probablement compris que pour les descendants d’esclaves, un gars de Grand Case mordu par un chien policier dans un contrôle de scooter  musclé, ça te fait largement vibrer la conscience collective de familles en villages.

Cette bavure vient d’être condamné en correctionnel. Des citoyens ne se laissent pas intimidés et portent plainte contre les gendarmes qui pètent les plombs. Dans un coin de la conscience collective locale, restent les crocs d’un chien dans la chair d’un frère de couleur. Une solidarité, une rancune. Martin Luther King est un héros pour le peuple noir aux Antilles … Il a son jour férié aux Etats Unis.

Et puis une autre arrestation loupée, un gendarme tire. la balle entraîne la mort d’un autre gars du village excité mais pas armé.

Ces faits récents ont alimenté ce lynchage verbal minoritaire et spontané auquel je n’ai pas assisté. Je ne cherche pas à justifier; Juste comprendre les causes d’une tension sociale sur une île confetti.

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La surchauffe Sarkozy aux Tropiques :   les bleus face à des jeunes. Ils lâchent le gaz lacrymogène à Chevrise et à Quartier d’Orléans. Depuis Mai 68 où je lançais sous les pavés la plage, j’en avais plus pleurer. C’était au Quartier Latin. Preuve de la montée des tensions avec une partie de la génération montante, certains répondent avec des pierres contre le commissariat du village. Année 2005. Mise en fiche de 200 jeunes mineurs ayant fait des conneries, des vols. La plupart, des isolés sans famille.

Si les mots DÉVELOPPEMENT DURABLE ont un sens, que la République crée des tuteurs sociaux, pas seulement des militaires. Des emplois d’éducateurs de rue, moniteurs sportifs et artistiques… Ici l’horizon insulaire n’est pas le gris des cités de banlieues de l’Hexagone, mais le ciel bleu des Tropiques et la douce caresse des alizés.

 A la mémoire de la mort accidentelle d’un bon gendarme, une médaille posthume de la Patrie.  Alors, je fais un vœux citoyen et Républicain, pour que cette mort ne soit pas inutile. Que sur le fronton des écoles, des collèges et du lycée on peigne simplement le Triptyque : Liberté Egalité Fraternité. Avec le bonnet jacobin au sommet du palmier tropical, inventé par les haïtiens sur les armoiries de leur drapeau national. . Les bras de la diaspora  de notre ancienne « Perle des Antilles » travaillent sur les chantiers de constructions  de Babel St Martin, comme jadis les Corréziens sur les chantiers du Paris d’Haussmann.

Les bleus sont payés pour contrôler des papiers. Si ton propriétaire ne donne pas quittance et que tu es payé de la main à la main, avant d’être un Homme tu seras clandestin mon frère. Alors tu évites les bleus, il te font peur : pif PAF ! Tu alimenteras la cagnotte des bulletins de vote du candidat à la Présidence, dont Aimé Césaire a refusé de serrer la main. Un geste Républicain dont les programmes scolaires aux Antilles ne favorisent pas spécifiquement la compréhension.

 Raphaël Clin apprenait le Créole.

Un Dimanche matin fatidique percuté par une moto qui ne participait à aucun « Run ».

Un  bon gendarme mort pour qui, pour quoi ?

Et son collègue David Gouard, qui n’avait pas attaché sa ceinture de sécurité pendant une poursuite inutile et fatale… deux gendarmes morts sur cette ligne droite en six mois. Nobody here  » Shoot the sheriff  » .

 Le vieux Baobab  qui domine la route de Bellevue n’avait jamais vu ça.

Sur le même sujet  Lettre ouverte à la veuve du Gendarme Clin
 et
  Clin deuil du destin

Lucia Trifan

Lucia Trifan est une excellente illustration du Cosmopolisme de l’île.

Plus de 100 nationalités différentes se sont données R.V. sur cette Babel Insulaire de 85 km². Elle est roumaine . Son atelier est situé dans la Belle Plaine de French Quarter, au pied du pic Paradis.

On peut la visiter sur R.V.   au 05 90 87 39 80

Lt Elle est sensible au cosmos, aux infinis sidéraux, à la mer, au végétal. Bref, elle est imprégnée par la présence des forces de la nature.

Sa technique pour couvrir la  toile blanche est une sorte de dripping qui joue sur l’écoulement de la matière.

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Une peinture libre, une création authentique, un style et la signature précieuse d’un Art dont les liens sont tissés avec l’Univers. Sur une  île Tropicale, les vibrations des éléments naturels sont perceptibles. La sensibilité paradisiaque quand c’est toujours l’été même en hiver, quand les forces telluriques parfois se déchaînent. 

Les pieds sur Terre, la tête dans les étoiles, l’imagination s’exprime en prenant forme visuelle sur la toile. Ce qui jaillit, c’est l’infiniment grand du télescope et l’infiniment petit du microscope.

Ces deux niveaux d’échelles se chevauchent dans les molécules de matière des tableaux de Lucia Trifan. Entrer dans ces toiles, se projeter dans l’observation de la fenêtre ouverte par l’artiste.  Que voyons-nous dans cette semi-abstraction ?

Cela tient du Test de Rorchach. Une facile et surprenante ballade pour notre imagination. Se laisser porter par les volutes des couleurs, les contours des écoulements, la fécondité des formes, la fluidité du décor.

Les sujets mis en scène dans l’œuvre moderne de Trifan et la maturité de l’artiste dans sa recherche, rejoint cette pensée du  Père Theillard de Chardin : 

« Puisque, prise dans sa totalité…. l’Histoire Naturelle des vivants dessine extérieurement  l’établissement graduel d’un vaste système nerveux, c’est donc qu’elle correspond intérieurement à l’installation d’un état psychique aux dimensions mêmes de la Terre. »

Trifan peint aussi des petites fantaisies rectangulaires, des petits formats, représentant des marchandes traditionnelles de fruits et  poissons, des danseurs, des musiciens, des savanes peuplées d’animaux, des petits tableaux parfaits  pour animer les murs des chambres où rêvent les petits enfants…