Daniel Dream Team

     Avant de vous parler du protégé d’Albert Fleming, il convient de souligner un fait d’histoire locale. 

Depuis 30 années, un conseil suprême de six hommes a conduit la destinée du Confetti.Trois autochtones : Albert Fleming et son ami le Dr Gibbs, l’héritier dynastique de la famille Beauperthuis Fleming, et trois Blancs-France Jean-Paul Fisher Vosgien de culture germanique, qui a serré la main du Cdt Massoud en Afghanistan. Yves Pivetta géomètre rital, Gérald Mouial notaire sépharade, tous deux Bordelais qui ont serré la main et fumer le cigare avec  Fidel Castro.

 

     

Sur l’échiquier politique ce blog est devenu « Le fou du Roi » depuis que le Roi de Tintamarre est parti sur un siège éjectable doré au Sénat. J’ai annoncé sa chute lors de son meeting à la CCI , devant le premier cercle de ses partisans. Précis et concis devant un auditoire politiquement hostile, j’ai précisé au micro que j’avais en 2007 voté pour sa liste au second tour et qu’à défaut de Bilan du programme de ses politiques publiques dans le magazine Point.Com, le Quitus était impossible. »

Puis j’ai précisé que je n’étais pas le seul à penser ainsi, en constatant avec courtoisie que « sa politique de la méthode Coué avait conduit le groupe restreint de ses partisans dans la réduction collective de leurs dissonances cognitives individuelles. »  et pronostiquant « qu’au mieux il arriverait en 3° position« . Qu’a répondu le Sénateur ?  – » Mon ami Jabiru se trompe (sic) nous arriverons en tête au 1er Tour ». Le Roi de la Jungle me prendrait-il pour un éléphant ? C’est pas une trompe, mais un long bec.

       

 Dans les coulisses du journalisme local, nous avons le privilège de   connaitre le dessous des cartes. Peu sont retournées , les silences de la presse papier me sont pesants. Alors j’ouvre mon bec pour mettre les points sur les i. avec mes coups de Jab. Direct du gauche. Le Jabruti d’un confetti insulaire tropical est devenu le fou du Roi.  C’est bien connu dans le genre humain on distingue toujours quatre têtes de types de People : les nuls, les médiocres, les connards et les fous. Cherchez bien, il sont autour de vous, cachés un peu partout!  Un Jabruti pour mettre les points sur le i , car informé, intrépide, indépendant, investigateur, incorruptible, instruit, et ironique … ta mère.

 Mireille Loubet rédactrice du Pélican, possède deux i dans son prénom (et un troisième par mariage) .   Recevant un communiqué de 2° tour, rédigé par Jean Yves Duthel  avec des formules pour alimenter la zizanie épidermique que fait-elle ?  Les internautes le connaissent sous le double pseudo de  Thierry Jacob dit l’Iguane.  Mireille la pélicane a raison de calmer le jeu. Elle a refusé de publier un communiqué  soufflant la Zizanie épidermique entre les communautés autochtones et les Blancs-France.  Ça c’est de la déontologie! Bravo Mireille Anquetil,  maillot jaune de la déontologie journalistique.  Alain Richardson a conclu son appel ainsi : « Nous avons besoin d’une UNITE forte et vraie afin de construire un Saint-Martin qui demain sera l’affaire de toutes les communautés ».

 

    LA SUPERCHERIE DU GROUPE JUTRAS AU SOLEIL Jean-Yves Duthel a un grand défaut et des qualités que j’apprécie. Il m’a été présenté par Roger Moreau le 31 Mai 2010. En Juin il débute ses chroniques sur mon Blog sous le Pseudo de Rosa Mirrador. J’ai donc connu l’ami du Dr Gibbs, dès son arrivée en mission sur l’île. J’ai mis fin à ses publications payantes ( 1.500 lecteurs 10.000 € pour six mois en trois mensualités) lorsque j’ai compris que le Cirque du Soleil était un leurre et que Mario Di Palma qui Jutras au soleil n’est que le montage audacieux d’une supercherie de lobbyste politique professionnel.

Consultez le site de Jutras Immobilier, c’est un décorateur de Loft devenu rénovateur de petits immeubles. Son Dossier de Presse, sur site nous révèle qu’il n’a aucune expérience de promoteur, et sa conférence à la presse locale le 22 Octobre 2010 annonce qu’il est prêt à débourser 49 millions de capitaux propres pour le port commercial.Pour la baie de Marigot, 1 milliard d’euros pour dix ans pour « cette entreprise herculéenne » (sic) avec 1.000 emplois par an dans la construction et 4.000 nouveaux emplois à terme.

 Sachant qu’il est persona non grata à Montréal dans l’arrondissement de Ville-Marie, à cause des zizanies qu’il a provoqué dans cette collectivité publique, sachant que ce mythomane a gaiement promis le poste de Secrétaire Général de la CCI de St Martin à un jeune ami montréalais, sachant que des promesses comme celle-là , Jean-Yves Duthel en a distribué et rêvé par paquets.
    Jean-Yves Duthel a bien mené la montée en puissance politique de son protégé . Le fils timide du Dr Gibbs, le protégé d’Albert Fleming sait dorénavant tenir sa place en tribune. Il n’a plus peur, lui qui est épouvanté par une simple goutte  de sang. Ses discours ont moins de panache que ceux du Dr Jeffry, Chirurgien et gynécologue, né aussi un 8 Janvier de six ans son cadet, leader du groupuscule Génération Solidaire, obtenant le score dérisoire de 300 voix , bien que porteur des concepts de l’économie solidaire ,de la monnaie locale, et du tissage des liens sociaux.. 

Avec 2.900 voix , Daniel Gibbs est l’artisan de la défaite du Roi de Tintamarre. Le sénateur, est  soutenu par un noyau dur électoral de 1.200 fidèles saint-martinois.  Il m’avait pourtant confié disposer d’une cagnotte de 1.500 électeurs de Sint-Maarten, également inscrits au Nord de l’île. Ce n’est pas la première fois qu’il  raconte des bobards.  Le député Victorin Lurel, possible Ministre de l’Outre-mer du Gvt Hollande a lui-même traité son collègue parlementaire de menteur…

  Le jeune vassal récalcitrant protégé par l’ancien maire, n’aura connu qu’une moitié de victoire, celle d’avoir fait chuter le Sénateur  KO debout à la fin du 1er Round. Toutefois, les commanditaires canadiens sont coup fourré. Jean-Yves Duthel leur a vendu un One shot. Il n’obtiendra que sept ou six sièges sur 23 au Conseil Territorial.  Souriez Gibbs ne montera pas sur le trône présidentiel . La gang  Daniel Dream team,  a frôlé la victoire tant espérée. Daniel Gifts tu ne Jutras pas au Soleil ! 

 Au delà du Dream « herculéen » du projet de Mario Di Palma qui aide financièrement son ami personnel, le programme de la Daniel Team propose de façon positive  le renforcement de la démocratie participative dans les quartiers,  le développement du Port de Commerce, et une animation de la culture en la personne d’un ami proche directeur du Musée, dont je me réjouis dès maintenant  de l’entrée au nouveau Conseil Territorial.

Clin Deuil du Destin

La vie est un Contrat à Durée Déterminée

Nul ne peut être indifférent aux jeunes vies brisées devant ses yeux. Dans le rétroviseur de ces dernières années, deux crimes et un accident mortel, trois signes du Destin ont interpellé mon éthique citoyenne. Élucider la vérité.  En quête  ni de sensationnel ni de scoop,  mais simplement comprendre pourquoi  la Camarde a fauché. Ces malheurs pour les familles et les amis sont des signes du destin que ma conscience n’a pu contourner. L’œil du Jabiru n’est pas celui de l’autruche.

Fedior Dostoïevski pointait en connaisseur, tant sa vie avait été mouvementée, que « la vérité vraie est toujours invraisemblable ».
Ce qui était invraisemblable dans le meurtre de Cédric Dat (27 ans), à Pâques 2003 ( pour un scooter à 900 € ) c’était son destin dans la paume de la main écrit. Sa ligne de vie lui avait été  prédite avec une  mort jeune et violente. Ce qui était également invraisemblable, fut le comportement de censure conforme aux pratiques du Journalisme local .

Du côté de Marigot, les familles St Martinoises de souche et leurs élus, n’ont pas de penchants actifs pour les outils de communication . Le vide a été comblé par les Blancs-France, tant pour les magazines touristiques que pour la presse quotidienne. Le traitement de l’information locale influence la conscience collective. Les silences et les complicités  journalistiques sont lourds de conséquences pour la santé de la démocratie.

L’invraisemblable  dans les propos de douleurs de Stéphanie Clin, c’était «  la réjouissance du personnel hospitalier ».

La rumeur de St Martin propagée sur le Oueb a tout simplement travesti une erreur professionnelle fatale, en soit-disant conflit racial. La caisse de résonance médiatique est parvenue à créer le fantasme d’un climat de haine raciale sur la Friendly Island. 

Un effet du choc psychologique de la veuve du gendarme ( sa cauchemardesque invention relative au comportement des urgenciers)  a  été diffusé avec ardeur  par les commentateurs dans l’Hexagone, puis exploité idéologiquement (  Finkel Croute des Rosiers a lui-même grappillé cet exemple en surenchérissant sur des faits  non-vérifiés). Mais surtout les manipulations de l’extrême droite pour attiser la haine, étaient au rendez-vous du délire médiatique.

Les propos du Maire affirmant  « nous allons porter plainte contre X », l’espérance des citoyens à dire  «  la justice tranchera », sont restés sans suite immédiate. La passion collective est éteinte, la douleur des familles reste intacte. La justice des hommes et celle de Dieu …  Raphaël Clin  (31 ans). Le clin deuil  du destin.

Il y a un an pour lutter contre la désinformation, j’ai ouvert ce blog qui est devenu  la source la plus complète et la plus objective sur Internet concernant les circonstances  de la mort de ce gendarme.

En métropole, la police n’est plus  seulement en charge du maintien de l’ordre public et de la lutte contre la criminalité. Elle doit juguler les désordres nés de la dégradation sociale et économique des milieux populaires, laminés par vingt cinq ans de chômage massif, de précarité professionnelle et d’insécurité existentielle. Cette fonction de régulation des surnuméraires pour l’ordre libéral se reflète dans les statistiques policières.

Alors que les faits constatés par les services de police et de gendarmerie doublaient entre 1974 et 2004, le nombre de personnes interpellées pour infraction à la législation sur les stupéfiants  était multiplié par 39 et pour infractions à la législation sur les étrangers par 8,5… Dans le même temps, les taux d’élucidation (affaires résolues/faits constatés) régressaient fortement, passant de 43,3% à 31,8%.
Autrement dit l’activité policière se concentre sur des petits délits dont la constatation résulte de la présence policière dans la rue, ainsi que de l’intensification du contrôle de certains groupes sociaux. La police opère un profilage social quasi systématique, dont les « jeunes » des quartiers populaires et les migrants sont les principales cibles.

Pour mener à bien ces nouvelles missions, la priorité a été donnée à une police d’intervention plutôt qu’à une police d’investigation . Le développement des brigades anti-criminalité est significatif de ce mouvement, que certains policiers n’hésitent pas à dénoncer comme une « militarisation » de leur métier. Fortement dotées en matériels offensifs et défensifs (flash-ball et tasers), ces unités musclées préfèrent le « saute-dessus » à l’enquête.

Au delà de certains cas avérés de racisme, la brutalité des forces d’intervention a des raisons plus structurelles, au premier rang desquelles leur jeunesse. Celle-ci s’explique, outre les sélections physiques nécessaires pour y entrer, par le fort turn-over qu’elles connaissent.

Le directeur général de la gendarmerie, Guy Parayre, en déplacement sur l’île

Guy Parayre directeur général de la gendarmerie,
Guy Parayre directeur général de la gendarmerie,

a annoncé que les effectifs actuellement composés de 68 gendarmes seraient renforcés par 13 gendarmes supplémentaires, en raison « de résultats insuffisants en matière d’insécurité ».

Les policiers expérimentés les désertent, faisant jouer leur ancienneté pour demander leur mutation dans des services plus « tranquilles » ou des rapprochements géographiques de leur région d’origine. Ces unités restent donc dépourvues « d’anciens » qui pourraient inculquer des savoir-faire opératoires et donner quelques clés de décryptage de situations incompréhensibles à beaucoup.
Ces jeunes policiers, souvent issus de petites villes de province, sont socialement très éloignés des cités et de leurs habitants, qu’ils soient ou non d’origine immigrée. D’où leur malaise à intervenir dans des grands ensembles dont ils ne connaissent ni les codes ni le fonctionnement, ce qui se traduit à la fois par la peur d’intervenir et surtout par l’absence de distance au rôle qui caractérise des policiers de proximité plus expérimentés et en affinité avec leur terrain.

Dans un contexte politique appelant à la « reconquête des cités », ou plus simplement à « faire du chiffre », leurs interventions se résument le plus souvent à une répression sans délits, à des contrôles sans infraction qui sapent l’autorité de la police. Les interactions quotidiennes avec les groupes de jeunes prennent la forme de confrontations ritualisées dans lesquelles toute défaite, symbolique ou physique, de l’un ne peut être perçue que comme une victoire de l’autre.

Cette forme de rivalité mimétique explique les attroupements systématiques lors des contrôles et les « caillassages » des policiers par les jeunes, auxquels répondent d’inutiles vérifications d’identité à répétition, des intimidations, des humiliations, des coups, et l’usage de plus en plus fréquent des catégories « outrage » et « rébellion ». Cette situation induit une spirale de violence qui ne résoud rien en matière de désordres.

Le 24 Février 2oo6 je réfléchissais à voix haute  sur le contexte entourant l’accident mortel.Le Gendarme et le vieux Baobab de St Martin

Verba volent, scripta manent.  J’écrivais ceci :  » Si les mots DEVELOPPEMENT DURABLE ont un sens, que la République crée des tuteurs sociaux, pas seulement des militaires. Des emplois d’éducateurs de rue, moniteurs sportifs et artistiques… Ici l’horizon insulaire n’est pas le gris des cités de banlieues de l’Hexogone, mais le ciel bleu des Tropiques et la douce caresse des alizés. « 

La République a répondu à cette attente. Deux gendarmes et une gendarmette spécialisés dans la Prévention de la Délinquance Juvénile sont arrivés. Cette Brigade est dirigée par l’adjudant Jean Marie Thevenet. Il dit :  » Nous sommes une unité spéciale dans la gendarmerie nationale. 240 spécialistes, quarante brigades en France, plus une pour St Martin. Nous portons l’uniforme, mais pas d’armes. Nous ne faisons pas d’enquête judiciaire. Notre formation est psychologique. Mon travail c’est la compréhension des futurs adultes en difficulté, sans distinction de couleurs de peau ni de religion. »

L’adjudant a déjà servi en Corse, au Pays-Basque, en Russie et au Tchad avant de se retrouver aux Antilles. De ce qu’il m’a expliqué, j’ai compris que sa devise pour l’action, c’est le genre  « Restons groupés, l’union fait la force ».  Sa didactique est fondée sur l’application de la méthode du travail en réseau, à la base de la société civile. Fédérer les énergies, casser les cloisons bureaucratico-administratives, tisser les liens sociaux, repérer les besoins de résilience des « Los olvidados ». L’homme a de réelles qualités d’empathie.

Cette présence gendarmique pour la prévention des conneries juvéniles, sera utile pour dynamiser le peu d’éducateurs de rue dont nous disposons actuellement. L’incompétence notoire de Daniel Gumbs en qualite de 2° ajoint au maire, censé piloter les six années du Contrat Ville, plus la totale inertie de trois adjointes au Maire ayant délégation pour la jeunesse, pour les associations et la condition féminine, sont autant de symptômes révélateurs de l’urgence du tri sélectif des ordures payées à ne rien faire d’autre que trahir le mandat des électeurs. L’or dur de certains élus à ne s’occuper de rien d’autre que la gestion de leurs intérêts personnels . In goLd we trust,tandis que le peuple souffre !

L’adjudant  Thevenet et ses deux collègues  montent au filet,  en organisant un  tournoi de Street-Basket le 28 février. Bel hommage à leur collègue Raphaël Clin, car lui aussi se voulait  gendarme de proximité. Clin deuil du destin, le logo pour ce tournoi du fair-play de la BPDJ de St  Martin est réalisé par un Jacobin noir :Lucien Guillaume. Les frontières sont dans nos têtes

Lettre ouverte à la veuve du gendarme Clin

12 Février 2006 – Deux familles heureuses et harmonieuses. Soudain, l’accident grave. Raphaël et Cédric, 31 et 25 ans. Un mort, un blessé grave. Stéphanie une épouse, Justin un père. Deux familles françaises, les Clin et les Annicette bons catholiques, ayant servis le drapeau français, l’un sous les Tropiques, l’autre en Algérie.

ja2Dimanche 12 févier 2006. Service des urgences au nouvel hôpital de St Martin. Stéphanie s’est effondrée apprenant la mort de son mari. Justin silencieux attend le verdict pour son fils. Ils ne se sont pas parlés. 

Cédric est un exemple dans la jeunesse St Martinoise.  Actif à la JEC ( Jeunesse Etidiant Chrétienne) . Au lycée professionnel, mécanique bateau puis s’oriente en mécanique moto.

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Fils d’un gendarme du Nord de l’hexagone, Raphaël est né en Île de France. Élève au Prytanée militaire de la Flèche (Sarthe), c’est dans cette région qu’il rencontre Stéphanie. À la sortie de l’école de la gendarmerie, en 1997, il exerce à Grenoble.

« C’était un collègue d’une droiture et d’un calme remarquables. Il analysait très vite les situations sans jamais perdre son sang-froid. Passionné par son métier, il avait brillamment passé le concours d’officier de police judiciaire, pour accéder au grade supérieur. Il se réjouissait d’avoir été désigné pour un séjour outre-mer de trois ans. C’était un antiraciste convaincu  » dit son ami le gendarme Salvatore Insera, de la brigade de Goncelin (Isère), qui fut l’un de ses mentors à Grenoble.

Quelques jours avant Noël, il lui confiait que le travail devenait de plus en plus difficile en raison de l’hostilité affichée des autochtones vis à vis des militaires. En outre, la mort d’un gendarme-adjoint ( David  Gouard) dans un accident de la circulation avait endeuillé la brigade de Marigot. Un climat empoisonné.

Pour Noël, la famille Annicette avait mis les guirlandes électriques aux balcons. Ça fait deux années qu’ils gagnent le Concours de décorations de l’Office du Tourisme de St Martin. Tous leurs amis viennent les visiter. Justin, avec son camion citerne est porteur d’eau.

Justin anicette

 

 

 

A St Martin il y a « l’eau du gouvernement » et l’eau de pluie stockée dans les citernes. Il est au Rotary Club et porte drapeaux des anciens combattants, il est de toutes les cérémonies officielles. Il déclare à la presse locale, « pour tous ceux qui m’estiment, pas de manifestations de haine ou de violence ».

LA RUMEUR SUR INTERNET

Ce fait divers – un regrettable homicide involontaire – va faire diversion. Une rumeur haineuse va s’amplifier, sans aucun rapport avec la réalité des faits. Hélas, Raphaël a commis une erreur dans son mode opératoire. « Quel con, ah quel con » dit son collègue qui a tout vu.

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La famille Annicette est bouleversée par les commentaires qui circulent en France. Assassinat raciste d’un gendarme disent les amis du Vicomte de Villiers qui ont tout vu à 8 000 km .

On a tué un blanc, réjouissances aux Antilles titre ceux du Front National.  MEURTRE RACISTE D’UN GENDARME A ST MARTIN – Aux urgences, ça criait dans tous les sens « on a tué un blanc ». L’île de St Martin fait parler d’elle : St Martin est bien connue pour son racisme ambiant …

essorChasse aux blancs à St Martin … Un gendarme s’est fait shooter à St Martin… Une nouvelle victime du racisme anti-blanc ordinaire .. Les Saint Martinois n’en croient pas leurs oreilles. Dans ce climat de rumeur nauséabonde, Stéphanie ne contrôle plus rien.

 GÉRER LA  SOLITUDE , SURMONTER LE DRAME

Dans la caserne aux funérailles, Stéphanie spontanément prend le micro après les discours officiels et déclare : « Ne tremblez pas, je ne dirais pas maintenant les fautes que vous avez commises ». En attendant d’être rapatriée avec sa fille  née à Grenoble il y a 4 ans, Stéphanie a repris son travail d’assistante maternelle dans une école de l’île .

Pour elle c’est le meilleur moyen de faire face au terrible  choc qu’elle vient de traverser. Car, si elle ne croit plus à l’acte volontaire du motard, elle est sous le choc du comportement, pas seulement des jeunes, mais, pire, des personnels de santé.

Stéphanie, vous déclarez ceci au journaliste du Dauphiné Libéré : « Mon mari et son collègue se sont retrouvés bien isolés en arrivant sur ce « run » qui rassemblait cent ou deux cents personnes. Sur place c’était terrible, sans doute. Mais pour moi il y a eu pire : quand je suis arrivé à l’hôpital, le personnel se réjouissait de la mort d’un blanc ! C’était atroce de voir ainsi exulter des gens dont la mission est pourtant de secourir. « 

Stéphanie, la mort de Raphaël peut devenir le symbole d’une Concorde. Ce chemin tu pourrais bientôt le parcourir, car les bras de Justin te sont ouverts. Auprès de lui tu trouverais le réconfort de la vérité. Comme tu le sais enfin, son fils ne participait pas à un Run organisé, il arrive de Philipsburg et rentre chez lui à Agrément essayant une Yamaha 1000 sur laquelle il avait travaillé . La route est large et droite il la connaît parfaitement. La plus longue de l’île,  1 300 mètres à 170 km /H. 5 à 6 secondes de montée d’adrénaline pour tous les motards de chez Martin / Martine. Il n’y a pas de panneau de limitation de vitesse.

Cédric  Annicette ne pouvait ni voir ni éviter l’obstacle sur sa trajectoire. Aucun acte volontaire. Toujours hospitalisé, après trois semaines. Côtes et poignet cassés, poumon perforé. Il ne se souvient de rien. Le Daily Herald ( quotidien anglophone) explique dès le lendemain ce qui s’est réellement passé. Il est évident que le mode opératoire était inadapté et dangereux.

Depuis Noël, la tension est forte à l’intérieur de la Brigade. Sarkozy veut des chiffres pour se faire élire. Le sous-préfet transmet les ordres du gouvernement et les collègues se soutiennent « faisant bloc contre l’hostilité affichée des autochtones vis à vis des militaires ».

Raphaël, avait commencé à raccourcir les distances malgré l’obstacle du microcosme de la vie en caserne: apprendre à parler créole. Jean Louis Hamlet, éducateur à Sandy Ground dit que tous les jeunes le respectaient. Devenir, comme dans les Alpes, un gendarme de proximité. Ici la distance culturelle est forte. Pour les Blancs France qui ne parlent pas l’anglais, aucune intégration possible. L’espagnol est un plus.

VERS LA FIN DU CAUCHEMAR.

Reste ton cauchemar fou Stéphanie. Tous ligués contre la gendarmerie. Car tu t’es persuadée que le personnel se réjouissait de la mort d’un blanc ! C’était atroce de voir ainsi exulter des gens dont la mission est pourtant de secourir.

Aux urgences, Justin a vu ton effondrement, apprenant qu’il était mort. Mais il n’a pas partagé ton choc psychologique intérieur, une illusion. Une déflagration mentale : le climat est empoisonné, Raphaël a succombé, même les hospitaliers sont contents.

Les trois urgentistes de garde le disent. C’était calme pendant que tu étais allongée sur un lit, avec une piqûre de soutien. Nul médecin se réjouit de la mort.  Dans une transfusion sanguine c’est le groupe rhésus et pas le taux de mélanine qui sauve une vie. Comment guérir de la haine, quand soufflent des politiciens qui l’attise ?

« On m’a encore tué un gendarme » dit le représentant local de la République au père du motard. A white man get killed. Parmi les gendarmes, une collègue accuse les amis de Cédric à haute voix. Ils ne répondent pas.

 

 

UNE CONFIDENCE

Stéphanie, voici une confidence. Comme toi, comme d’autres, j’ai connu la douleur de la perte mortelle. Un crime pas médiatisé, ni en France, ni même ici à St Martin. Il s’appelait Cédric Dat, il avait un scooter. Un piaggo à 900 €. Lapidé à midi sur le belvédère de la Route de Coralita. Il y a 3 ans à Pâques.  Six jours avant ses vingt sept ans. Le cadeau d’anniversaire un corps congelé recousu après autopsie. Sa mère – éducatrice de rue – l’a reçu à Toulouse. Depuis, elle a raté toutes ses tentatives de suicide.

Il était jeune capitaine de la Marine Marchande, skipper pour la plaisance chez Sunsail.  Caïn, le jeune assassin de dix ans son cadet est pour quinze ans à la prison de Basse Terre. La gendarmerie de French Quarter a eu de la chance. Caïn se baladait le lendemain matin sur le scooter dans le village. Confondu par les tâches de sang sur un vêtement. Adn / Adonaï..

Sa mère me dit que  « le scooter n’était pas dans le jardin cette nuit. Votre ami est au Paradis, Dieu conseillera mon fils.  » Sa mère le Dimanche c’est l’église . A la morgue , le croque mort explique que la visite de l’assassin n’est pas prévue dans la Procédure. Autrement dit le meurtrier n’a pas la possibilité de voir le mort qui lui appartient. Il part le soir en avion en Guadeloupe. 15 années de camisole chimique.

cedric-datA la morgue, en touchant l’épaule musclée et froide de Cédric Dat , j’avais fait un vœux. Ouvrir des emplois-jeunes là où il est mort. Pour que cette mort ne soit pas inutile. Les touristes s’arrêtent au point de vue panoramique de la Réserve naturelle maritime. L’hiver s’y reproduisent les baleines à bosse, descendues droit du Labrador. Des jeunes pourraient y vendre des jus de fruits de la Dominique. Le parking n’est pas surveillé, les voitures de locations des touristes y sont parfois fracturées lorsqu’ils s’éloignent pieds nus dans la mer.

Que nos élus réagissent immédiatement et symboliquement me suis-je dit. Le plus simple est d’appeler d’abord le père Charles. « Dieu conseillera mon fils », m’avait dit la pieuse maman. » Sosso » le mari, était mort jeune. Il se plaignait de migraines. Téléphoner au Père Charles et lui dire : « C’est pour accompagner Caïn à la morgue.. Y’a que vous qui puissiez faire ça.. L’œil était dans la tombe et regardait Caïn. Le remord. Tu ne tueras point.. . C’est pas prévu dans la procédure mais ça peut être utile à la rédemption du meurtrier. Faite vite, il est transféré ce soir en Guadeloupe. Je vous passe un gendarme ».

Mon plan a foiré. Quand j’ai demandé au brigadier le n° de téléphone du curé, avec son accent gascon rocailleux , il m’a demandé vous savez quoi ? « Le père Charles, il travaille à la brigade de Marigot ? »

J’étais épuisé par l’enquête le jour et le reportage à ciseler chaque nuit. 48 heures sans dormir. Dans un ultime espoir je demande à voir le sous-préfet. Je suis monté dans la fourgonnette des gendarmes, direction Marigot. Ils m’ont menotté ! On s’est arrêté en dessous de la sous-préfecture, à l’ancien hôpital, là ou Cornelius aujourd’hui ouvre son manteau aux plus déshérités. Depuis, le sous-préfet est parti, disant qu’il n’y avait pas de conscience collective à St Martin. Poignets menottés, une seringue pour m’ accueillir à l’hosto.

Trois jours plus tard , quand je suis rentré chez moi, l’ordinateur était en veilleuse. J’ai terminé le reportage. Je l’ai envoyé par Mail avec photo au Rédacteur en Chef du Week’s. Il dit gêner.-« C’est trop long. Quoi 1 500 mots, pour un crime au village, c’est trop long ? Ok j’ai compris passe-moi le patron. Et celui-ci m’a dit non. »

Raoul le facteur de Quartier d’Orléans passe tous les jours sur la route de Coralita . Il m’a dit qu’il ne savait rien, qu’il était en vacances à Santo Domingo. Le gendarme ne connaît pas le nom du Curé, le journal francophone refuse d’informer ses lecteurs, et le facteur ne sait rien … des spécificités locales !!! Cédric Dat, l’âge de mon fils. C’était mon voisin, un jeune copain. Faire son deuil … Trois ans c’était hier.

Aujourd’hui, Stéphanie , ton deuil commence. Une Concorde est possible. Que la mort de ton Raphaël qui cherchait tout sauf la division, soit utile. Voici une proposition : des écoles primaires jusqu’au lycée, sur chaque fronton, que nos enfants puissent lire trois mots révolutionnaires nés après le Bastille Day comme on dit ici.  Les symboles ne coûtent pas chers, mais peuvent rapporter gros. Ici pour souder la conscience collective locale et répondre là bas dans l’Hexagone à tous ceux qui diffusent la haine.

Le Gendarme et le vieux Baobab de St Martin

Un poème de Karmilla, lycéenne de 16 ans.«  Autour de lui, les gens devinrent fous, Lorsque agonisant sous leurs yeux, Au lieu de l’aider, ils vinrent l’insulter. Le seul crime de ce malheureux était d’être gendarme » …

le-plus-bel-homme-du-monde Il est 8 heures c’est  Dimanche matin. Sur la ligne droite de Bellevue, aucun rodéo sauvage à moto comme le déclarent à 8 000 Km, Marine Le Pen et Philippe de Villiers. Cédric Anicette  (24 ans) revient de Philipsburg, il heurte de plein fouet et à grande vitesse un gendarme qui s’est placé dangereusement au milieu de la route.

Des voitures  circulent , les gens s’arrêtent. Le second gendarme  prévient les secours.  Attroupement.  Un homme en uniforme  touché à terre, certains  en étaient réjouis selon les dires d’autres gendarmes Le motard est blessé.

Aux funérailles, le représentant de la République,  un préfet péremptoire  a déclaré :                 « Cette mort n’est pas le fait d’un accident mais le fait de délinquants qui ne respectent pas plus la loi que la vie humaine… Une jeunesse irresponsable au comportement meurtrier et suicidaire ».

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Justin Annicette père du motard et membre du Rotary réfute cet amalgame. Il fait confiance à la justice, aussi bien celle des hommes que celle de Dieu.

Il demande à tous ceux qui ont de l’estime pour lui de ne participer à aucune manifestation de haine ou de violence. La presse locale le félicite pour son comportement citoyen. Il dit qu’à l’hôpital , sa famille et les gendarmes étaient unis dans le silence et l’inquiétude.

 Raphaël Clin était un bon gendarme Républicain, un type pacifique, c’est certain. Sa veuve, est effondrée à la cérémonie, cependant prenant le micro spontanément après les discours officiels de la hiérarchie elle dit « Ne tremblez pas, ce n’est pas maintenant que je vais dire toutes les fautes que vous avez commises » (sic)

Un collègue de Raphaël reconnaît que :  » Certains gendarmes font mal, voir très mal leur métier et ils ne devraient pas l’exercer « . Le stress dans la gendarmerie est très fort.

Les citoyens de St Martin ont été sondés à domicile sur leur sentiment de sécurité. Contrairement à la police municipale, la gendarmerie nationale est mal notée pour l’écoute et l’aide à la population.  Gestion de la rotation trimestrielle des bataillons militaires : du parachutage !

Le drapeau tricolore flotte au Fort St Louis à Marigot , mais au commissariat de Quartier d’Orléans, ils ne connaissent  pas le nom du curé, le Père Charles, sous le manteau de St Martin. Les Militaires, ne sont pas d’ici. Ils viennent de l’espace Schengen en Europe.

 Raphaël Clin n’était pas de passage, et ne broyait pas du noir, cette culture du créole l’attirait jusqu’à vouloir le parler, pour mieux causer avec les gens d’ici . Raphaël  avait probablement compris que pour les descendants d’esclaves, un gars de Grand Case mordu par un chien policier dans un contrôle de scooter  musclé, ça te fait largement vibrer la conscience collective de familles en villages.

Cette bavure vient d’être condamné en correctionnel. Des citoyens ne se laissent pas intimidés et portent plainte contre les gendarmes qui pètent les plombs. Dans un coin de la conscience collective locale, restent les crocs d’un chien dans la chair d’un frère de couleur. Une solidarité, une rancune. Martin Luther King est un héros pour le peuple noir aux Antilles … Il a son jour férié aux Etats Unis.

Et puis une autre arrestation loupée, un gendarme tire. la balle entraîne la mort d’un autre gars du village excité mais pas armé.

Ces faits récents ont alimenté ce lynchage verbal minoritaire et spontané auquel je n’ai pas assisté. Je ne cherche pas à justifier; Juste comprendre les causes d’une tension sociale sur une île confetti.

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La surchauffe Sarkozy aux Tropiques :   les bleus face à des jeunes. Ils lâchent le gaz lacrymogène à Chevrise et à Quartier d’Orléans. Depuis Mai 68 où je lançais sous les pavés la plage, j’en avais plus pleurer. C’était au Quartier Latin. Preuve de la montée des tensions avec une partie de la génération montante, certains répondent avec des pierres contre le commissariat du village. Année 2005. Mise en fiche de 200 jeunes mineurs ayant fait des conneries, des vols. La plupart, des isolés sans famille.

Si les mots DÉVELOPPEMENT DURABLE ont un sens, que la République crée des tuteurs sociaux, pas seulement des militaires. Des emplois d’éducateurs de rue, moniteurs sportifs et artistiques… Ici l’horizon insulaire n’est pas le gris des cités de banlieues de l’Hexagone, mais le ciel bleu des Tropiques et la douce caresse des alizés.

 A la mémoire de la mort accidentelle d’un bon gendarme, une médaille posthume de la Patrie.  Alors, je fais un vœux citoyen et Républicain, pour que cette mort ne soit pas inutile. Que sur le fronton des écoles, des collèges et du lycée on peigne simplement le Triptyque : Liberté Egalité Fraternité. Avec le bonnet jacobin au sommet du palmier tropical, inventé par les haïtiens sur les armoiries de leur drapeau national. . Les bras de la diaspora  de notre ancienne « Perle des Antilles » travaillent sur les chantiers de constructions  de Babel St Martin, comme jadis les Corréziens sur les chantiers du Paris d’Haussmann.

Les bleus sont payés pour contrôler des papiers. Si ton propriétaire ne donne pas quittance et que tu es payé de la main à la main, avant d’être un Homme tu seras clandestin mon frère. Alors tu évites les bleus, il te font peur : pif PAF ! Tu alimenteras la cagnotte des bulletins de vote du candidat à la Présidence, dont Aimé Césaire a refusé de serrer la main. Un geste Républicain dont les programmes scolaires aux Antilles ne favorisent pas spécifiquement la compréhension.

 Raphaël Clin apprenait le Créole.

Un Dimanche matin fatidique percuté par une moto qui ne participait à aucun « Run ».

Un  bon gendarme mort pour qui, pour quoi ?

Et son collègue David Gouard, qui n’avait pas attaché sa ceinture de sécurité pendant une poursuite inutile et fatale… deux gendarmes morts sur cette ligne droite en six mois. Nobody here  » Shoot the sheriff  » .

 Le vieux Baobab  qui domine la route de Bellevue n’avait jamais vu ça.

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